[Test] The Turing Test : un puzzle game efficace

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
    • Xbox One
    • PlayStation 4
    • PC
  • Développeur : Bulkhead Interactive
  • Editeur : Square Enix
  • Date de sortie : 7 février 2020
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The Turing Test va vous mener en bateau

image nintendo the turing test
The Turing Test nous plonge dans une base chamboulée…

Quelques années après sa sortie sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, The Turing Test se pose sur Nintendo Switch. « Un portage d’une petite production de plus », vous direz-vous peut-être, et vous auriez à moitié raison. Oui, le jeu est issu d’un humble développement, par le studio Bulkhead Interactive, qui a depuis livré un autre soft (Battalion 1944). Seulement voilà, pour bien appuyer l’intérêt de ce titre, sachez qu’il fut le fruit d’une collaboration avec le Square Enix Collective, une structure qui aide la publication d’oeuvres vidéoludiques indépendantes, tout en assurant le contrôle créatif des auteurs. Et si un acteur de l’industrie aussi important que Square Enix s’est intéressé au résultat, ce n’est pas pour rien.

The Turing Test, voilà un titre qui met la pression sur son contenu. Choisir un tel intitulé, c’est irrémédiablement s’attirer le regard de joueurs qui s’intéressent de près au concept d’intelligence artificielle. Rappelons succinctement que le test de Turing (créé en 1950 par Alan Turing) vise à répondre à une question qui, de nos jours, revêt une certaine importance : un ordinateur, ou tout autre appareil doté d’une IA, peut-il penser comme un être humain ? Le célèbre cryptologue et mathématicien imagine alors une série de questions à poser tour à tour à l’humain et à l’IA, avec comme volonté commune de se définir tel un Homme. Si l’on est incapable de définir, selon les réponses, l’identité des deux participants, alors on prouve que le circuit intégré est à l’image du cerveau, pour faire court. Bien des voix se sont élevées contre ce principe, en pointant des points d’ombre dans le concept (comme la Chambre Chinoise, on vous conseille de vous y intéresser, c’est passionnant), mais ce test a comme grande qualité qu’il a su ouvrir des perspectives, notamment chez des auteurs comme Arthur C. Clarke.

La science-fiction s’est approprié le test de Turing, quoi de plus normal que de voir le jeu vidéo s’y engouffrer à son tour. Le studio anglais Bulkhead Interactive en reprend le principe, mais se devait d’en extirper la substantifique moelle, puis de l’intégrer dans son gameplay. Bien entendu, cela accouche d’un puzzle game, c’était joué d’avance, et cette logique pure a du bon. Nous sommes plongés dans la peau d’Ava Turing, une scientifique en mission sur la lune Europe, afin de retrouver d’autres chercheurs disparus. Sur place, la femme va trouver une base totalement bouleversée, comme si l’on s’était amusé à créer, au sein des différentes salles, des tests grandeur nature afin de prouver que l’avatar (donc le joueur) est réellement humain. L’intelligence artificielle de l’endroit, Tom, vous accompagne tout du long de sa voix, et les dialogues qu’il engage font office de récit. Celui-ci réserve quelques petits rebondissements, jamais vraiment renversants mais tout de même assez bien préparés pour nous toucher. Certes, l’histoire de The Turing Test n’est pas au centre de l’expérience, mais elle a le mérite de se faire assez agréable. Surtout, on avait un peu peur de l’effet Portal, avec lequel on ne peut que remarquer quelques points communs. Heureusement, l’atmosphère s’en éloigne beaucoup, donc on oublie bien vite cette filiation. Signalons ici que les sous-titres français sont présents, et soignés.

Une courbe d’apprentissage maitrisée

image gameplay the turing test
Les énigmes sont de plus en plus difficiles.

Le gameplay reste au centre de The Turing Test, il se devait donc de nous accrocher à la Nintendo Switch. Ava trouve rapidement un flingue futuriste, mais ne pensez pas que le trip se transforme tout à coup en sorte d’Halo su pauvre. Non, ce pistolet sert à stocker des boules d’énergie vive, qu’il vous faut placer dans le mécanisme apte à vous ouvrir le chemin. Aussi, l’on peut déplacer des blocs d’alimentation, histoire d’activer d’autres routines. Un peu plus tard, il sera aussi possible de s’incarner dans des caméras ou des robots, ce qui relance bien l’expérience, évitant le sentiment de répétition. Simple, non ? Calmez vos ardeurs, le concept va se compliquer de plus en plus, on est bien dans un Puzzle game, et non un Walking simulator. Tout d’abord, ce sont les salles en elle-même qui vont vous poser problème, avec des énigmes qui utilisent habilement le level design. Puis, quand vous les aurez bien digérés, les mécaniques de gameplay vont se complexifier et des effets vont apparaître, comme un temps limité pour l’utilisation de l’énergie. Il nous faut vous prévenir : certains passages vont réellement vous mettre face à un mur de difficulté, et ce assez tôt dans l’aventure. Ne désespérez pas et tentez dans tous les sens : quand la solution est en cours, alors tout se fiat beaucoup plus clair.

Souvent point faible des Puzzle game, la durée de vie de The Turing Test se fait pourtant solide. Il nous a fallu un peu plus de six heures, en butant sur quelques énigmes, pour en voir le bout. Par contre, la rejouabilité n’est pas excellente, sauf si votre premier run fut consacré aux casses-têtes, en oubliant les petits à-côtés à dénicher. Ils sont d’importance : des documents qui approfondissent l’univers, alors il y a intérêt à tous les trouver. Côté technique, le résultat est plutôt bon, même si l’on a remarqué quelques bugs de collision, comme l’arme d’Ava qui traverse certains murs. Rien de bien grave. Nous conseillons tout de même de jouer en nomade, pour un meilleur rendu des panoramas. Car, en docké, le crénelage se fait bien plus prononcé. Les thèmes musicaux, composés par Yakobo et Sam Houghton, participent bien à cette ambiance presque éthérée qui domine, avec des notes fines, parfois plus spectaculaires, en tout cas toujours dans le bon ton. Idem pour le doublage, remarquable d’un bout à l’autre.

Note : 15/20

The Turing Test est l’exemple type d’un puzzle game efficace, qui plaira sans aucun doute aux amateurs du genre. On regrettera simplement un manque de rejouabilité, qui bride le soft à un premier run bien agréable, long de six heures. Malgré cette retenue, on retient le gameplay intelligent, qui distille finement de nouvelles mécaniques, ce qui évite au jeu de tourner en rond. Aussi, l’ambiance parvient à trouver son propre style, loin du grand frère Portal. Enfin, nous conseillons vivement d’y jouer en mode nomade, afin de s’éviter le crénelage de la version dockée.

7/10

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