[Test] Relicta : un bon puzzle game mais non sans défauts

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Mighty Polygon
  • Editeur : Ravenscourt
  • Date de sortie : 4 août 2020
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Relicta assure une bonne expérience

image gameplay relicta
Relicta propose une imagerie très SF.

Le Metroidvania, le Souls-like, le Roguelite, le monde ouvert : le jeu vidéo fonctionne par modes. Après la vague de FPS et de TPS, surtout sur la précédente génération de consoles, de nouveaux mouvement sont apparus, souvent portés par le jeu vidéo indépendant. Mélange des genres, volonté de les tordre entre eux afin de trouver de quoi renouveler la recette, les développeurs font preuve parfois d’une sacrée imagination. Relicta, c’est l’occasion pour le studio Mighty Polygon de se lancer dans le grand bain, avec un soft clairement inspiré par tous les Portal-like parus plus ou moins récemment. Là aussi, une mouvance usitée ces derniers temps. Avec réussite ? En partie, même si quelques regrets si les développeurs ont encore une marge de progression.

Relicta nous plonge dans la peau d’un personnage en vue à la première personne, et s’inscrit dans un univers de science fiction très propre. Oui, sans aucun doute, on sent l’apport de Portal, mais c’est fait plutôt avec finesse, sans chercher à trop en utiliser les particularités. On a donc droit à un récit plus précis que celui du jeu culte de Valve, et une narration sans doute plus intrusive mais tout de même agréable. Des mails dans un outil high tech, des communications radio, c’est très classique mais cela fonctionne. Le scénario est un peu cousu de fil blanc, mais on ne peut nier qu’il emporte notre adhésion : tout se passe dans un futur éloigné, alors que la Lune a été terraformée. On incarne la scientifique Angelina Patel, que la fille fraichement diplômée rejoint sur la base Chandra. Vous allez passer par différents environnements qui pourront vous réserver certains détails à propos du background, seulement si vous les recherchez. Bien entendu, une tension dramatique s’installe, avec une problématique forte autour du rapport entre la mère et la fille, mais aussi sur l’état de notre humanité. Ce n’est pas hyper original mais ça fait le boulot. Et le tout est sous-titré en français, une bonne chose.

Relicta va donc un peu plus loin que le simple puzzle game, en vous offrant la possibilité de parfois fureter dans des environnements parfois plus permissifs que d’autres. On apprécie grandement cette possibilité de souffler, entre deux énigmes bien vicieuses. Car les casses-têtes restent tout de même au centre de cette expérience, et ils vous poseront pas mal d’agréables problèmes. Il faut tout d’abord féliciter Mighty Polygon pour ne pas s’être embourbé dans des mécaniques trop compliquées, comme c’est parfois le cas dans ce genre d’expérience. Il est question ici de manipuler des cubes, lesquels activent des portails. Jusqu’ici, tout va bien. Bientôt vont se rajouter du magnétisme et de la gravité. Là, le concept gagne de suite en intensité. Si le tout début se fait plutôt simple, vous allez vite buter contre des phases qui utilisent ces notions de manière tarabiscotée. Les caisses peuvent même se téléporter d’un point à l’autre, selon le symbole inscrit non seulement sur l’objet, mais aussi sur le moyen de téléportation. Cela résulte sur des passages de plus en plus difficiles, où le timing sera aussi important que votre sens de la logique.

Un manque de renouvellement des mécaniques

image test relicta
Les puzzles gagnent en intensité, mais manquent de renouvellement au niveau des mécaniques.

Relicta peut parfois sembler répétitif dans certains environnements. Le décor glacé, par exemple, manque de renouvellement dans ses épreuves. C’est, d’ailleurs, notre principal reproche formulé au jeu de Mighty Polygon : on sent trop vite venir la phase de plateau, celle vous signifiant la maitrise de toutes les mécaniques, et de tous les schémas qui vous seront présentés par la suite. Certes, ce n’est pas uniquement un mal, mais on doit trop souvent utiliser les spécificités du magnétisme à notre goût. Attention, cela ne signifie pas que ce ne serait pas intelligent, ni même agréable à pratiquer. Profiter de l’attirance entre le négatif et le positif pour s’ouvrir une voie, par exemple, offre toujours une grande satisfaction. Et, globalement, le cheminement nous offre bien cette impression vivifiante que l’on accomplit des exploits. Autre retenue : on aurait apprécié plus d’aides en cas de blocage. La durée de vie n’est pas folle, cependant elle se trouve gonflée par de longs, trop longs instants à buter sur un puzzle. C’est surtout le cas quand, au tout début, on rencontre une mécanique pour la première fois. Apprêtez-vous, dans la première heure, à bien galérer. Alors que, par la suite, ça déroule plus facilement.

Relicta nous surprend agréablement dans la clarté de ses mécaniques une fois digérées, mais aussi dans sa technique. Sachez que la sortie sera accompagné d’un patch qui règle de suite les quelques bugs que nous avons pu croiser, nous ne tiendrons donc pas compte de ces petits désagréments. Reste que, pour un jeu d’une humble ampleur, aux moyens limités, on se trouve face à un résultat assez brillant. Les environnements sont certes classiques mais bourrés de charme, de détails, et la distance d’affichage va au-delà de nos espérances. Mighty Polygon sait bien qu’il s’agit là d’un des points forts de leur bébé, alors ils ont inclus un mode photo tout à fait à-propos. Côté musiques, le travail de Damien Sanchez se révèle tout à fait dans ce qu’on peut attendre d’une ambiance SF intimiste. On apprécie les quelques plages qui nous accompagne dans nos errements intellectuels, même si les boucles de mélodie sont peut-être un peu courtes.

Note : 14/20

Relicta est ce genre de puzzle game un peu sorti de nulle part, qui ne figurait pas sur nos radars, mais dont les qualités nous ont permis de passer un bon moment. Si l’on regrette un manque de renouvellement des mécaniques, on ne peut que s’incliner devant le beau mélange entre énigmes tordues et exploration apaisante, le tout en vivant un récit certes cousu de fil blanc mais tout de même prenant. Si vous aimez vous triturer les méninges, et si le genre de la science fiction vous botte, vous tenez là une sortie digne d’intérêt.

7/10

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