[Test] Langrisser I & II: deux classiques du T-RPG encore d’actualité ?

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Chara-Ani
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 13 mars 2020
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Langrisser désormais accessible à tous

image test langrisser
Les batailles de Langrisser ont droit à de nouvelles animations.

Avec Langrisser I & II, on va fatalement parler d’un temps que les moins de vingt ans (voire de trente ans) ne peuvent pas connaître. En effet, c’est une véritable pièce archéologique que le toujours aussi précieux éditeur NIS America vient d’exhumer, tant les deux premiers opus de la licence Langrisser font office de quasi-précurseurs en terme de RPG tactique à la japonaise. Sorti en 1991 sur Mega Drive, l’épisode fondateur a rencontré un tel succès sur l’archipel nipponne qu’il engendra six suites canoniques, une courte série parallèle (Langrisser Millennium), et pas mal de compilations. C’est donc une nouvelle itération de celles-ci qui débarque aujourd’hui, permettant ainsi aux fans du genre de sortir un peu du triptyque Fire EmblemValkyria Chronicles – Disgaea.

Que les nouveaux venus se rassurent, ils vont pouvoir débuter Langrisser I & II dans l’ordre chronologique, et sans aucun mal. On verra, plus bas, que ce n’est pas forcément bon signe en terme de gameplay, par contre l’histoire et l’univers en sont les premiers ravis. Oui, certains pourront qualifier les récits et personnages de clichés, tant tout ce beau monde rassemble ce qu’on a vu et revu jusqu’à la fin des années 1990. Mais en nos temps troublés, où le moindre scénario se doit de contenir une originalité sous peine de faire fulminer une partie de la critique, cela fait aussi du bien de se re-confronter à une relative légèreté de ton. Relative, car l’ambiance très mythologie nordique nous sort de nos actuels sentiers battus. On incarne un personnage par jeu, respectivement Ledin et Elwin, tous les deux motivés par des objectifs certes simples et concis, mais tout de même prenants. Surtout, on se rendra compte que le cheminement nous fait vivre des épreuves loin d’être aussi aisés à arbitrer que ce qu’on pouvait redouter. Langrisser II, lui, brille par de multiples fins, atteignables selon quelques choix à effectuer, et toutes ne sont pas du genre heureuses. Signalons ici que les deux softs sont sous-titré en anglais, et les dialogues s’avèrent nombreux.

Côté gameplay, Langrisser I & II vous propose un véritable voyage spatio-temporel. En effet, si vous étiez habitué à la complexité d’un Disgaea 1 Complete, vous allez ici vous retrouver face à un concept beaucoup plus épuré. Ne vous attendez pas au moindre moment laissé pour l’exploration, quand vous ne combattrez pas ce sera pour lire les dialogues. Voilà qui pourra un peu chagriner les fans du genre, ceux qui se régalent des innovations apportés par chacun des opus de leurs licences favorites. Qu’on se le dise : cette compilation s’attache à nous faire découvrir le trip d’origine, bien que celui-ci soit rehaussé de quelques bonus formels que l’on décrira plus bas. Après avoir découvert un pan de l’histoire, on va donc devoir se lancer dans des batailles, gagner des niveaux pour chaque unité (en fonction des adversaires battus par celle-ci), compléter des arbres de compétences (la plupart du temps passives) etc. Du grand classique, parfois un peu redondant si l’on y reste un grand nombre d’heures d’affilées.

Un trip old school et rendu plus abordable en terme de difficulté

image gameplay langrisser
Cela reste assez sec dans l’aspect tactique.

Heureusement, et c’est une agréable surprise, Langrisser I & II nous sort de notre zone de confort dans un domaine : la gestion des troupes. Autour d’un héros, il sera possible d’aligner plusieurs sortes d’unités, lesquelles formeront donc un groupe de défense très important pour la victoire. Et comme c’est exactement le même principe pour les ennemis, vous allez vite comprendre qu’il faut nécessairement se concentrer sur le général ennemi car, si celui-ci est défait, c’est l’entièreté de son groupe qui tombe. C’est une très bonne idée sur le papier, et cela fonctionne pendant bon nombre d’heures. Par contre, cette mécanique est un peu nivelée vers le bas par un déséquilibre criant entre les unités. En effets, ce sont les plus puissantes, en terme d’attaque, qui remportent vite l’adhésion, et ce jusqu’à la fin. Ce manque de profondeur tactique, évidemment dommageable pour un T-RPG, ne peut que se sentir, se regretter. Et ce même si Langrisser II va un peu plus loi que son ainé, dans tous les domaines.

Langrisser I & II apporte quelques petits bonus, tout en respectant le travail à la base… sauf pour ce qui est de la difficulté, très clairement allégée comparée aux softs de l’époque. D’ailleurs, les novices pourront compter sur un mode Easy Start, mais même sans ce contenu les batailles se font plus tranquilles, et plus rapides aussi. On n’a pas croisé de changements majeurs en terme de scénario, par contre NIS America a pris la décision de revoir une partie de la direction artistique, notamment en confiant le nouveau character design à Ryo Nagi. Nous apprécions sa patte, notamment à l’œuvre sur Ar Tonelico ou le Visual novel Yu-No. Mais, et heureusement, l’éditeur nous laisse le choix d’en rester aux sublimes travaux d’origine, signé par l’excellent Satoshi Ueushihara (dont vous connaissez peut-être pour l’animé Les Chroniques de la Guerre de Lodoss, ou pour ses dessins plus… coquins). De plus, les batailles sont agrémentées de nouvelles petites animations, au style résolument mignon, ce qui pourra diviser : on aurait pu espérer plus de « sérieux » dans la représentation des troupes, mais cet avis est subjectif. Aussi, les musiques de Noriyuki Iwadare, déjà grandioses à l’époque, sont ici retravaillées par le compositeur en personne. Enfin, dernière bonne nouvelle : les voix japonaises ont fait le voyage, et ce doublage se révèle hautement qualitatif.

Note : 13/20

Langrisser I & II fait le job, même si l’on regrette tout de même un gameplay trop prudent. Assez simple pour plaire à un public moins enclin à se prendre la tête des heures sur la même bataille, mais tout de même amusant grâce à de bonnes intentions en terme d’unités de combat, le jeu peut s’avérer une bonne porte d’entrée vers ce genre si particulier qu’est le T-RPG. Il faut aussi féliciter NIS America pour nous laisser le choix entre les nouvelles illustrations et les anciennes (ces dernières gardent notre totale adhésion). Pas de quoi oublier les actuels ténors du genre, mais ça fait du bien de découvrir l’une de ses racines.

6/10

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