[Test] Nexomon Extinction : Pokémon tient un sérieux rival

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : VEWO Interactive
  • Editeur : PQube
  • Date de sortie : 28 août 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Nexomon : Extinction est une vraie alternative à Pokémon

image test nexomon extinction
Nexomon Extinction rappelle furieusement son modèle.

C’est un phénomène inaliénable de la culture du divertissement : quand une œuvre a du succès, elle se retrouve bien souvent copiée, mais peu égalée. Et pour cause, la raison de ces longues traines est avant tout financière. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a jamais découvert de très bons travaux bis, ce n’est certainement dans notre webzine que vous trouverez un gramme de mépris pour ce genre de proposition. Il faut se rapporter, par exemple, à tout ce que l’Italie a pu produire comme duplicatas éhontés, on se souvient des échos des Dents de la Mer ou de Mad Max. Le jeu vidéo n’échappe pas à la règle : Mario a vite été imité, The Legend of Zelda aussi, et les exemples se multiplient. Aujourd’hui, c’est Pokémon qui sert de base à un outsider intitulé Nexomon : Extinction. Et vous savez quoi ? Vous devriez prendre cette sortie au sérieux.

Pas que le ton du titre soit solennel, loin de là, mais on ne l’attendait pas à un tel niveau de qualité. D’ailleurs, le simple fait que Nexomon : Extinction soit une suite (rassurez-vous, avoir fait le premier épisode n’est absolument pas nécessaire) signifie que la licence n’avait pas vraiment imprimé jusqu’ici. Le soft ici traité rattrape le coup dans tous les domaines, comme celui du scénario. On sait que les derniers opus de Pokémon ont laissé quelques fans sur le carreau (pas nous en tout cas, vous êtes durs les loulous !), mais ils devraient ici trouver leur compte. L’introduction nous dévoile habilement l’univers, plus riche qu’il n’y paraissait au premier coup d’œil. Le monde que vous vous apprêtez à découvrir présente une humanité qui vit en harmonie avec les Nexomon, des animaux qui, auparavant, étaient pourtant à la solde du cruel Omnicron. Seulement voilà, cette paix de façade risque de voler en éclat à cause des Tyrans, des monstres titanesques dont les conflits intra-communautaires pourraient bien mener la planète à sa perte.

Si l’ambiance de Nexomon : Extinction reste tout de même assez guillerette pour ne pas effrayer les plus jeunes, il faut constater que le scénario vous réserve des moments plus sombres que ce qu’on peut trouver dans un Pokémon. On a l’impression que les développeurs de chez VEWO Interactive (ici édité par PQube et distribué par Just For Games) a tenu compte des regrets émis par les fans de la licence de Game Freak, et s’attachent à éviter certains poncifs tout en gardant les codes intacts. Après des premiers pas assez classiques, on aura droit à pas mal de rebondissements, parfois assez téléphonés mais toujours captivants. La narration se fait certes très classique, et l’on aurait aimé une écriture plus poussée pour les personnages secondaires (on apprécie tout de même le caustique Coco, notre compagnon félin), mais en l’état on va oser l’écrire : oui, le jeu se suit mieux qu’un Pokémon de ces dernières générations. Sachez, de plus, que les sous-titres français sont de la partie. Malheureusement, ils ne sont pas de bonne qualité, on note pas mal de coquilles et d’approximations. Mais tout de même, le jeune public pas encore anglophone trouvera son bonheur.

Après avoir choisi le sexe, le nom et l’apparence de l’avatar, on se lance dans l’aventure et là… Oui, Nexomon : Extinction rappelle furieusement les premières générations de Pokémon. Pas spécialement dans la technique, on y reviendra plus bas, mais aussi bien dans la prise en mains que dans la représentation du monde. Notre personnage se déplace un peu lourdement, ne peut se mouvoir en biais, cela rappelle immédiatement la Game Boy. Aussi, cette caméra en vue de haut, ces herbes hautes, ces dresseurs au bord de la route, ces infirmeries où l’on peut guérir les Nexomon ou les stocker : n’en jetez plus, tous les classiques sont là. Même le premier combat va vite vous faire penser qu’on est à la limite du plagiat. C’est sans doute le plus grand danger qui guette sur cette expérience : le joueur pourrait tout de même se sentir en terrain trop connu. À ceux-là, nous conseillons de laisser sa chance à ce trip.

Plus difficile et plus axé sur l’exploration

image gameplay nexomon extinction
Les mécaniques de combat fonctionnent très bien.

Nexomon : Extinction ose tout de même quelques nouveautés, voire des modifications. Tout le game design repose sur celui de Pokémon : combats, captures, duels avec d’autres dresseurs, et même quêtes pour des badges vous poussant à rejoindre d’autres villes. Mais on remarque par exemple que les Nexotrap, les Pokéball de cet univers, ne se gèrent pas vraiment comme on en a l’habitude. S’il faut bel et bien affaiblir le Nexomon que vous désirez attraper, la méthode diffère dans le champ des possibles. Tout d’abord, vous avez droit à des jauges qui vous informent de la probabilité pour la capture. C’est une très bonne idée, elle fait entrer le calcul dans la mécanique, et non une forme de hasard. Ainsi, on voit vraiment les effets, par exemple, des malus appliqués à l’adversaire. On pourra aussi lui filer de la nourriture pour qu’il s’affaiblisse encore un peu, sachant que chaque espèce a son plat préféré. Ensuite, on lance le Nexotrap, et une suite de touches à reproduire s’inscrit à l’écran. On comprend qu’il vaut mieux la mener à son terme, mais signalons tout de même que l’utilité de la chose est mal expliquée pendant le tutoriel.

Vous pourrez trimballer six Nexomon avec vous, les autres vous attendront sagement dans le stock. Cela, c’est convenu, mais d’autres choses viennent encore apporter une nuance à ce Nexomon : Extinction. La difficulté du tire nous a paru assez élevée pour le genre, surtout au tout début. Faire passer des niveaux ne se fait pas aussi facilement que prévu, et il va souvent falloir courir se réfugier dans une infirmerie. C’est, d’ailleurs, un petit reproche que l’on peut formuler : on doit souvent effectuer des allers-retours, et ce n’est pas des plus agréables. Surtout que les prix des objets, en magasin, sont étonnamment importants. Alors autant vous dire que les potions, on les garde précieusement. Les ennemis vous mèneront donc la vie dure, et pour cause : leur niveau s’adapte à celui de votre leader. Et ça, mine de rien, ça apporte un gros challenge, et ça demande au joueur de vraiment s’atteler au dressage d’une équipe entière, ne pas la mettre de côté au profit d’un seul Nexomon surdoué.

Les attaques, les types, les faiblesses élémentaires, les évolutions, Nexomon : Extinction s’approprie tout ça sans trop toucher à la recette. Le côté RPG de l’expérience se trouve tout de même être assez soigné, avec ce qu’il faut d’exploration (et des objets à découvrir, des points d’intérêt à miner grâce à la pioche etc) et de quêtes annexes. C’est sans doute là l’une des grosses différences incarnées par le titre de VEWO Interactive : on a des tas de quêtes annexes, pour la plupart Fedex certes mais dont l’utilité est surtout de nous signaler que cet univers se fait moins linéaire que chez Pokémon. Oui, on peut réellement se désintéresser quelques temps du récit, et aller farfouiller un peu partout dès les premières heures. Une liberté vraiment plaisante, qui prouve définitivement que le classique de Game Freak devrait vraiment s’attaquer à cette donnée pour ses prochaines itérations. Pour le moment, c’est son concurrent qui fait fort dans ce domaine, et pourtant ses moyens sont bien moindres.

La durée de vie de Nexomon Extinction se fait solide, et pour cause : ce sont pas moins de 381 espèces à capturer qui vous attendent. Les gaga de codex complets seront donc aux anges, surtout qu’il faut ajouter à cela une aventure assez longue, et un grand nombre de quêtes annexes. Par contre, le jeu fera moins l’unanimité en termes techniques. Les 2D est propre. Très propre. Trop propre pour nous. Vraiment, on insiste : la 2D ne s’exprime jamais mieux que quand elle se fait un peu imprécise, peut-être même grossière. Là, on a l’impression d’éléments trop lisses pour convaincre, et ce malgré de vrais efforts pour apporter de la personnalité à la direction artistique. On apprécie bien les artworks de personnages, et l’on compte pas mal de Nexomon charismatiques, mais aussi d’autres très oubliables. Le constat est aussi en dents de scie pour la musique, avec quelques thèmes qui font mouche, d’autres que l’on n’a pas apprécié (surtout en début de récit, étrangement).

Note : 15/20

On s’attendait à une copie bête et disciplinée, mais Nexomon Extinction est plus que ça : c’est une alternative crédible à Pokémon. La recette reste encore améliorable, et l’on se prend à rêver d’un moteur plus élaboré, mais globalement on a été séduit par cette proposition qui mise, pour se démarquer, sur une difficulté plus élevée, et une exploration plus poussée. Résultat : on adhère !

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

7/10

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