[Test] Ary and the Secret of Seasons : de l’idée, mais…

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Exiin
  • Editeur : Modus Games
  • Date de sortie : 1er septembre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Ary n’est pas le magicien Potter

image gameplay ary and the secret of seasons
Ary And The Secret Of Seasons a des problèmes techniques évidents.

Quand, voilà quelques temps, Ary and the Secret of Seasons fut dévoilé, on s’était dit qu’on tenait là un projet impressionnant pour un studio de la taille d’Exiin. L’humble structure, basée en Belgique, ne visait pas moins qu’un jeu d’aventure à l’univers très travaillé et habité par des mécaniques de gameplay ambitieuses. Tout cela fleurait bon, surtout que l’éditeur américain Modus Games, spécialisé dans les trouvailles indépendantes (Degrees of Separation, Trine 4, Skully, c’est eux), s’est rapidement rapproché du projet. Comment le résultat s’en sort-il, après une phase de Covid qui a chamboulé l’industrie vidéoludique ? Sans surprise, le jeu en a fait les frais.

On aurait tellement aimé vous chanter de belles et pleine louanges au sujet d’Ary and the Secret of Seasons ! Tout était là, à commencer par un univers certes assez générique dans le fond mais très accrocheur. Le joueur incarne donc l’Ary du titre, petite fille qui grandit dans un village baptisé Yule. Alors qu’elle divague dans sa maison, tombant notamment nez-à-nez avec un père visiblement dépressif et en fauteuil roulant, on apprend aussi que son petit frère, Flynn, a disparu depuis quelques temps. Il sera question de prendre son envol, non sans s’être coupé les cheveux à la garçonne (coucou Mulan), de partir dans un véritable récit initiatique au cours duquel notre héroïne va devoir maitriser les saisons, et leurs éléments associés. Tout cela pour éviter une catastrophe à grande échelle. Le scénario pourra faire penser à un dessin pour enfants rondement mené, et c’est la principale force de l’expérience. Signalons ici que les sous-titres sont disponibles en français.

On débute donc interloqué par cette joli ambiance, et l’on pourra même écrire que le tout début d’Ary and the Secret of Seasons a tout pour nous faire penser à une production certes humble mais tout de même agréable. La prise en mains est immédiate, on se déplace facilement, les sauts n’ont rien de sorciers. Puis l’on sort dans l’enneigée Yule et là, c’est le début d’une lente Bérézina. Pas que ce soit totalement catastrophique dans le gameplay, mais on sent bien que l’on fait face à un soft dont le développement n’a pas été terminé dans les règles de l’art. Notre première mission annexe, pour ne prendre que son exemple, nous demandait de jouer à cache-cache avec d’autres enfants. On vous assure, ceux-ci sont si faciles à trouver (à l’exception du dernier, un peu plus malin que les autres) qu’on se demande si les développeurs ont vraiment eu le temps de s’y pencher.

Une technique qui n’est pas à la hauteur

image test ary and the secret of seasons
Les combats manquent de peps.

Dans la plus pure tradition des jeux d’aventure en 3D, Ary and the Secret of Seasons propose de l’exploration et des combats. Le premier pilier reste sans doute le plus agréable, on y inclue aussi les phases de donjons. Certes, le monde est parfois désespérément vide, avec des environnements certes relativement vastes mais qui brillent surtout par leur manque d’animation et même de contenu. Au moins il n’est pas désagréable de s’y balader, c’est déjà ça de pris. Clairement, l’idée de s’inscrire dans un monde ouvert d’une telle ampleur n’était pas l’idée du siècle, et ça s’en ressent dans un level design particulièrement plat. Mais bon, comme il est convenu dans le genre on va chez le marchand pour s’offrir un meilleur équipement, on cherche de quoi les financer, on multiplie des quêtes annexes pas très bien écrites. Ce n’est pas foufou, mais on reste tout de même dans le domaine de l’acceptable.

Les donjons, eux, sont même parfois sympathiques, avec ces énigmes basées sur les saisons maitrisées par notre avatar. Voilà sans aucun doute la meilleure idée d’Ary and the Secret of Seasons, et c’est d’autant plus dommage qu’elle est réellement bonne. On applique un effet en lançant une sphère dans l’environnement, ce qui change la saison sur cet endroit précis. On utilisera l’une pour geler le sol et, par exemple, matérialisé un pont fait de glace, l’autre pour faire pousser les plantes, etc. La mécanique fonctionne dans les grandes lignes, on doit parfois combiner, les balancer sur certains ennemis pour se faciliter la tâche, et d’autres choses que nous vous laisserons découvrir. Vraiment, on sent que les développeurs ont de l’idée, mais bien vite on se heurte à des limites trop visibles.

La première de ces limites, c’est le système de combat. Là, Ary and the Secret of Seasons nous fait cruellement déchanter. La caméra, globalement passable dans les phases d’exploration et de puzzle, devient alors carrément indigente. On a du mal à suivre l’action, c’est difficile de s’y retrouver. Aussi, les coups manquent cruellement de patate, tant et si bien que l’on a l’impression de frapper dans le vent. Autre regret : malgré une mini carte les objectifs manquent de clarté, surtout à cause d’indicateurs qui ne se différencient pas assez les uns des autres. Mais la plus grosse des retenues implique sans conteste la technique. Alors là, ça faisait un moment qu’on n’avait pas croisé un tel résultat. C’est buggé de partout, le framerate trouve le moyen de chuter assez fréquemment. On ne va pas tirer sur l’ambulance, mais il est nécessaire que le jeu soit patché au plus vite. Pourtant, la direction artistique à tendance asiatique sait se faire sympathique, et les artistes jouent bien avec des textures certes simples mais bien utilisées. On décèle même un peu de poésie ici ou là, comme le témoignage de ce qu’aurait pu être l’expérience si elle avait été poussée jusqu’à son terme.

Note : 8/20

On aurait vraiment voulu apprécier cet Ary and the Secret of Seasons, dont l’univers avait tout pour être enchanteur, dans un style enfantin plaisant. Hélas, le jeu n’est clairement pas terminé, et la technique nous pousse à durement sanctionné l’expérience. N’allons pas plus en avant, il n’est pas utile de tirer sur l’ambulance, mais sachez tout de même que, si le studio de développement lance de futures mises à jour salvatrices, on pourra sans doute revoir la note à la hausse.

4/10

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