[Test] Monster Truck Championship : original mais encore trop timoré

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • Nintendo Switch
    • PC
  • Développeur : Teyon
  • Editeur : Nacon
  • Date de sortie : 14 octobre 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Monster Truck Championship se dirige vers le fun

image gameplay monster truck championship
Monster Truck Championship mise tout sur le fun.

Doucement mais sûrement, l’éditeur Nacon est entrain de devenir l’une des valeurs sûres pour les amateurs de concepts qui sortent de l’ordinaire. Ou, plus précisément, de genres de jeux désormais sous-représentés, on pense notamment aux simulations de tennis (voir notre test de Tennis World Tour 2) ou de chasse (découvrez notre chronique de Hunting Simulator 2). En bonne place dans nos belles petites surprises de ces dernières années, on a notamment un certain FIA European Truck Racing Championship, simulation de course de camion au gameplay séduisant. On espérait que Monster Truck Championship, développé chez Teyon, emprunte la même voie, et c’est en partie vrai.

Monster Truck Championship aborde un sport mécanique extravagant, en s’attachant à l’adapter aux codes ergonomiques du jeu de course actuel. On s’en rend rapidement compte, dès l’écran des menus : ces carrés et rectangles procurent une impression de déjà-vu, ce qui n’est pas forcément négatif d’ailleurs. On prend vite nos marques, c’est plutôt encourageant. On vous recommande chaudement de passer par le mode Entrainement, le temps de prendre contact avec le monstre aux roues surréalistes. Clairement, la prise en mains a de quoi surprendre : on trouve le moteur physique plutôt bon mais extravagant, le travail sur les suspensions vise tout autant le fun que la conséquence de décisions mal jugées. Surtout, le véhicule paraît étrangement léger. Les virages se prennent presque comme si l’on dirigeait une Austin Mini. Dans les premiers temps, on se pose des questions quant à l’aspect réaliste de la chose, puis l’intention plus arcade qu’autre chose nous saute aux yeux. Cela peut aussi dénoter une certaine prudence, un caractère timoré plutôt normal pour un premier opus, et l’on espère qu’une suite ira plus loin en proposant notamment un meilleur transfert du poids.

On comprend surtout que Monster Truck Championship fait le choix de privilégier le spectaculaire, ce qui se veut en totale adéquation avec l’esprit de ce sport. Le but n’est donc pas de faire dans le rageant, mais plutôt dans l’effet « waouh ». Et de ce côté Teyon réussit son coup : la gestion des trains de roue se fait assez naturellement, et l’on en ressent de suite les effets lors des figures. Du coup, on fonce vers la moindre bosse, même si celle-ci s’avère dangereuse pour notre positionnement dans la course, car c’est synonyme d’un probable exploit toujours délicieux pour l’égo (et pour le score). On regrettera tout de même quelques pertes de contrôle parfois difficilement compréhensibles, surtout après réception de saut, ce qui peut parfois résulter sur un demi-retournement de l’engin, les quatre roues en l’air étant proscrites. Un choix qui s’accompagne d’une gestion des dégâts pour ainsi dire absente, sauf évidemment dans les épreuves de destruction.

Techniquement à parfaire

image test monster truck championship
On sent une certaine puissance de l’engin.

Monster Truck Championship propose un contenu classique mais efficace. Après le passage par le contenu Entrainement, on fonce vers le mode Carrière, et l’on est plutôt agréablement surpris par sa solidité. Il se divise en trois ligues, et tous les circuits sont concentrés sur les États-Unis, ce qui n’étonne guère. On enchaine les épreuves (freestyle, contre la montre, course de drag, course simple et destruction), dont il faut payer les droits d’inscription grâce à de l’argent ingame récolté en fin de course. On opte pour des sponsors qui accordent des récompenses selon des objectifs définis, bien entendu de plus en plus difficiles. Au fil des victoires, on débloque aussi des pièces (freins, pneus, moteur etc) afin d’améliorer le monstre mécanique, puis l’argent sert à les acheter. On a donc une vraie courbe de progression, et les amateurs de customisations purement cosmétiques pourront aussi s’en donner à coeur joie. Certes, rien ne nous sort de ce qu’on a déjà vu ailleurs, mais on peut féliciter Teyon pour avoir tout de même livré un travail appliqué.

Le mode Carrière est complété par deux autre contenus : Jeu rapide et Multijoueur. Le premier permet de se lancer dans des épreuves de course, contre la montre, drag race, freestyle et destruction, en réglant tout du lieu à la classe de performance, en passant par la limite de temps ou le nombre d’adversaires. C’est aussi, et malheureusement, l’occasion de se rendre compte que les environnements se font peu nombreux : Kilgore, Las Vegas, Foxborough, Salt Lake City, Kansas City, Orlando et Charleston. Ajoutons Minneapolis pour le Freestyle. Ajoutons, donc, le multijoueur, un peu désert en ce moment. Et des modes de difficulté qui font gonfler le challenge assez drastiquement. Heureusement, car le Facile mérite bien son nom. En tout cas, Monster Truck Championship assure une durée de vie de l’ordre de la quinzaine d’heures.

Techniquement, Monster Truck Championship manque de punch. Ce n’est pas moche entendons-nous bien, et la direction artistique assure un bon spectacle à l’écran. Les circuits ne manquent pas de vie, et on apprécie les quelques animations, comme des personnages gonflables gigantesques en bord de route. Par contre, on note des textures pas toujours hyper fines, c’est le moins que l’on puisse écrire. Surtout sur les sols, d’une certaine pauvreté, alors que l’on attendait un gros impact des roues. Surtout, on remarque une fluidité pas optimale, quelques baisses de régime quand l’écran se remplit d’adversaires. Pas de quoi éliminer les qualités précédemment décrites, mais des pistes pour améliorer tout cela si suite il y a.

Note : 13/20

Monster Truck Championship n’est certes pas un grand hit, mais il propose tout de même assez de fun pour que les amateurs de sports mécaniques originaux s’y penchent à l’occasion. On regrette surtout une technique à améliorer, et un gameplay encore timoré. Cependant, on note aussi pas mal de qualités, notamment dans ce mode Carrière certes sans grandes originalités mais très efficace. L’ensemble reste donc fun, et l’on espère que Teyon reviendra à la charge.

6/10

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