article coup de coeur

[Test] Nioh Collection : on y replonge avec délectation

Caractéristiques

    • PlayStation 5
  • Développeur : Team Ninja
  • Editeur : Sony Interactive Entertainment
  • Date de sortie : 5 février 2021
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Les Nioh s’épanouissent sur PlayStation 5

image test nioh collection

On traverse tout de même une drôle d’époque. Qui aurait pu prédire que nous allions tous vivre sous couvre-feu, voire subir des confinement ? Et qui a vu venir le succès de Nioh ? La réponse est la même : personne. Ah, Nioh, une véritable légende pour les amateurs d’histoires hors du commun, du genre de celles qui provoquent l’écriture d’articles de fond, de livres, et qui démontrent que le jeu vidéo est un domaine passionnant. Imaginez donc que l’annonce du premier opus remonte à 2004, et qu’il ne paru qu’en 2017. L’expression « development hell » semble avoir été pensée pour ce titre (et pour Duke Nukem Forever, mais évitons la digression), et pour cause : Koei Tecmo a vécu un véritable calvaire. Tout d’abord décrit comme un JRPG se basant sur l’univers d’une œuvre non-finalisée du légendaire Akira Kurosawa, le soft fut ensuite porté disparu avant de réapparaître… et confié chez Omega Force, le roi du Musô. Et paf, encore une période de disparition des radars, un nouveau reboot interne mais, cette fois-ci, porté par Team Ninja. C’est leur vision qui s’est donc imposée, et nous la redécouvrons à l’aune de la PlayStation 5, sur laquelle Nioh Collection sort en exclusivité.

Entre nous, on ne donnait pas trop cher de la peau de Nioh (dont nous vous proposons un test complet, pour qui veut retrouver de plus amples détails), lors de sa sortie en 2017. Même si quelques previews prévenaient quant à une bonne surprise, on était loin d’imaginer que l’on tiendrait là le principal concurrent des jeux parus chez FromSoftware. Si le domaine indépendant a clairement plongé dans le mouvement du Souls-like, peu de gros éditeurs avait tenté leur chance au moment de la parution du premier épisode. La réussite fut si marquante que le suivisme s’est installé (The Surge, Code Vein, Star Wars : Fallen Order, etc), c’est dire si l’on tient là une licence intéressante.

Nioh a su imposer son propre style, et ce grâce à une intelligente approche du genre dans lequel il s’inscrit. En effet, les développeurs ont cherché à sauvegarder l’exigence du Souls-like, mais en apportant des idées, de la nouveauté. Tout d’abord, l’histoire se fait moins cryptique, en accord avec un cheminement plus linéaire que dans un Demon’s Souls. On y trouve un découpage par niveaux, mais aussi une grosse emphase sur le loot, parfois un peu trop prononcé d’ailleurs. Bien entendu, la gestion de l’endurance, la prudence indispensable, les boss aux patterns diaboliques, tout cela est au rendez-vous. Non, vous n’échapperez pas aux crises de nerfs nocturnes, préparez les balles anti-stress.

Trois ans plus tard, Team Ninja lança une suite, sobrement intitulé Nioh 2 (là encore, nous vous proposons un test complet dans un article dédié). Délestée de cette odeur de souffre liée au développement, cette fois-ci hyper rapide, cette suite est parvenu tout autant à satisfaire qu’à surprendre. C’est avec une un peu de regret que l’on quittait William Adams, mais bien vite cette séparation laissait la place à un univers d’une richesse étonnante. Si vous appréciez les Yokai, vous êtes à la bonne adresse ! La narration se fait aussi un peu plus fluide, et bien aidée par des cinématiques qui ont clairement passé un cap. Certes, la formule a évolué vers une forme un peu plus classique du récit, mais le charme opère sans souci sur qui apprécie les ambiances sombres, finement horrifiques.

Une expérience complète, et techniquement adaptée à la console

image jeu nioh collection

Côté gameplay, on retrouvait le socle installé précédemment, sans énormes révolutions mais avec quelques améliorations qui solidifient encore le résultat. Nioh 2 propose des sensations encore plus nerveuses, l’avatar (que l’on aura préalablement personnalisé de A à Z) se fait tranchant au possible quel que soit les spécialisations sélectionnées. Surtout, on peut compter sur le tout nouveau Pouvoir de Yokai, qui change tout de même pas mal la donne. Il n’est pas seulement question d’une nouvelle transformation ultra puissante (qui rend invincible et multiplie les dégâts), mais aussi de noyaux d’âmes visant à nous faire chiper des offensives à certains opposants. Mais le plus gros twist, ce sont ces contres à placer en observant les patterns des ennemis les plus puissants. Les combats deviennent donc plus tactiques, plus tendus aussi, et le skill du joueur se propulse encore plus haut.

Voilà donc pour les jeux : un duo de belle qualité, et qui s’avère très, très chaudement recommandé si vous ne les avez pas encore découverts. Nioh Collection regroupe deux versions revus spécifiquement pour la PlayStation 5, Nioh Remastered : Édition Complète et Nioh 2 Remastered : Édition Complète. Que faut-il en attendre ? Tout d’abord, un contenu complet de chez complet. Comprendre par là que les deux titres embarquent tous leurs DLC, trois par soft. Une opération très intéressante, tant ces ajouts ne sont pas à prendre à la légère, provoquent une durée de vie hyper solide. Pour le prix d’un seul jeu, vous aurez donc de quoi faire, ça dépasse largement la centaine d’heure de pratique. Ajoutons aussi quelques ajustements, comme un accès plus aisé aux tutoriels (cette fois-ci grâce aux autels, une véritable bénédiction) mais aussi un tout nouveau mode Photo qui ravira le poseur qui sommeille en vous.

Nioh Collection était aussi attendu pour son lifting des deux jeux, et là encore c’est convaincant, même si l’on aurait aimé encore plus de perfectionnements. Pour faire simple, les développeurs se sont attelés principalement à proposer un trip toujours aussi fluide, et ce en 4K. C’est un réel plaisir que de jouer, avec cet affichage, en soixante images par seconde, on ressent réellement un apport. Notez aussi que, si vous possédez un écran compatible avec cette technologie, le framerate peut monter jusqu’à 120fps, en 1080p. Ce n’est pas un bonus qui ne plaira qu’aux tech-addicts : cette fluidité apporte un gain parfois considérable en terme de compréhension des patterns, facilitant la bonne prise de décision. Les textures ont un peu gagné en précision, et un petit travail a été effectué sur les effets de lumière, on pourra surtout s’en rendre compte en optant pour le mode Performance (avec quelques petits toussotements, c’est à signaler). Cela ne devient pas une version next gen comme par magie, mais ça reste plutôt mignon. Bien entendu, le SSD de la bête a un impact sur les temps de chargement, largement réduits, ce qui se savoure particulièrement dans un jeu où l’on échoue fréquemment. Aussi satisfaisant : les vibrations haptiques de la DualSense sont bien mises en valeur, surtout au niveau des gâchettes. Un bon point. Enfin, sachez qu’il est possible de transférer les données sauvegardées de votre partie sur PlayStation 4 jusqu’à la PlayStation 5.

Note : 17/20

Si vous n’avez jamais approché la licence Nioh, c’est le moment ou jamais ! Nioh Collection se veut complet dans son contenu, avec les six DLC embarqués, mais aussi assez bien adapté à la PlayStation 5. On peut dire adieu aux interminables temps de chargement, la fluidité est constante même en 4K, et l’on remarque assez de petites modifications sur les textures et effets pour que l’on sente tout de même une très légère différence. Les deux jeux, eux, ne bougent pas : ils restent de très, très bons titres qui plairont non seulement aux amateurs de challenge, mais aussi à ceux qui recherchent de la nervosité dans les sensations.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

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