article coup de coeur

[Test] Star Wars Fallen Order : le meilleur depuis KOTOR

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Respawn Entertainment
  • Editeur : Electronic Arts
  • Date de sortie : 15 novembre 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Bonne nouvelle, Star Wars : Fallen Order est une réussite

image ps4 star wars fallen order
Cal et BD-1 sont les stars de Star Wars : Fallen Order.

On le tient enfin, ce Star Wars : Fallen Order ! On pourrait croire que la sortie d’un jeu issu de cette licence est un long fleuve tranquille, que la barque du marketing ferait du développement une sorte de formalité, mais que nenni. Il suffit de jeter un regard sur ce qu’il s’est passé, depuis la parution très mouvementée de Star Wars Battlefront 2, et l’on comprend qu’Electronic Arts s’est lancé dans une mission bien galère. Entre projets annulés et passif pas très encourageant (le dernier bon Star Wars totalement solo remonte, à nos yeux, à 2003 et le sublime KOTOR, sa suite étant intéressante mais moins définitive), on pouvait craindre le pire. Heureusement, EA a eu la bonne idée de confier le développement à Respawn Entertainment, dont le Titanfall 2 figure parmi les excellentes surprises de cette génération de consoles. Du coup, on se disait tout de même que le soft était sur de bons rails, et le résultat nous donne raison.

On sent bien que Respawn Entertainment a dû composer avec un univers qui, s’il peut briller par sa richesse (entre nous, la trilogie Disney a tout de même bien entamé ce fait), ne laisse pas non plus énormément de place pour la totale création. Mais on pouvait tout de même être rassuré par le nom attaché au scénario. Chris Avellone, ce n’est pas n’importe qui : il a, à son actif, de grands hits comme Fallout 2, Baldur’s Gate, Planescape : Torment, Divinity : Original Sin 2 ou encore Prey. Que du très, très lourd. Et pourtant,nous n’avons pas été spécialement convaincu par le récit, en tout cas pas au point de vouloir le revivre à tout prix. Que l’on s’entende bien : il utilise idéalement codes de la licence, et n’hésite pas à faire sien ses grands thèmes. On est dans un véritable parcours initiatique, calqué sur la construction traditionnelle des personnages de Star Wars.

Dans Star Wars : Fallen Order, le joueur incarne Cal Kestis, un jeune Jedi rescapé du fameux Ordre 66 (souvenez-vous, le massacre des enfants à la fin de l’Episode 3). Alors qu’il s’est trouvé une situation apte à lui permettre de cacher ses pouvoirs, un malheureux événement va le forcer à « sortir du bois ». Ce qui a pour effet d’attirer sur lui l’attention de la Seconde Soeur, une inquisitrice de l’Empire. C’est ce qui va le pousser à reprendre sa marche vers l’avant, et à découvrir que d’autres survivants existent, disséminés à travers la galaxie. N’allons pas plus en avant, afin de ne rien dévoiler de trop important. Comme vous pouvez le constater, Chris Avellone et son équipe ont placé l’action quelques années avant l’Episode 4, et ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Par contre, on ne peut s’empêcher que ce respect très soigné de l’univers, et même du lore, ne forme que peu de surprises au final. Ceci tout autant pour les évènements importants que concernant l’écriture des personnages secondaires : tous ou presque ont cette saveur de déjà-vu. Et du genre très récent, donc pas des meilleurs Star Wars. Par contre, on se doit de souligner que le rythme reste particulièrement réussit, et l’histoire agréable à suivre. Le tout est sous-titré en français, et la traduction se veut nickelle d’un bout à l’autre.

Un gameplay qui ne Cal presque jamais

image jeu star wars fallen order
Les niveaux proposent un leve design intelligent.

Star Wars : Fallen Order, c’est surtout la volonté de s’inscrire dans une aventure à vivre intégralement en solitaire, à la troisième personne. Le dernier trip de ce genre remonte au calamiteux Star Wars : The Force Unleashed 2, dont le système de combat atroce nous reste encore en mémoire. Mais autant vous rassurer de suite : ici, on ne joue pas du tout dans la même catégorie. Respawn Entertainment est un studio bourré de talent, et parmi ceux-ci on trouve une propension à soigner les sensations liées à la prise en mains. Rapidement, on se sent comme à la maison : si le tout début nous a fichu la frousse avec une sorte de saveur très Uncharted (dont on souligne que le game design s’avère aujourd’hui totalement dépassé), la suite prend plutôt des atours d’un Dark Souls à la sauce Tomb Raider. On retrouve les mécaniques qui ont forgé la réputation du classique de FromSoftware : le gain d’expérience issu de l’Action-RPG, l’importance des postes de repos afin de dépenser les points de compétences dans un arbre d’une clarté exemplaire, une difficulté au rendez-vous et un level design qui, en bonus, tire vers le Metroidvania. Tout cela non sans l’apport de phases d’exploration qui fait fortement penser à celles vécues par Lara Croft dans ses récentes pérégrinations.

Sur le papier, la tambouille est prometteuse. Manette en mains, Star Wars : Fallen Order transforme l’essai et devient rapidement très plaisant. Afin de vivre au mieux cette aventure, nous vous conseillons fortement d’opter pour un niveau de difficulté au moins Normal (il en existe quatre, de suite disponibles). C’est à cette condition que l’on aura un peu de ce frisson typique des Souls-like : « vais-je tenter ce combat, alors que ma barre d’expérience est quasiment pleine ? ». Car l’échec est punitif dans ce jeu : si un ennemi vous zigouille, vous perdrez toute l’XP qui remplit la jauge à ce moment. Rassurez-vous, et comme dans un Dark Sous donc, il est possible de la récupérer en retrouvant l’adversaire, avant de lui asséner un bon coup de sabre laser. Notez aussi que si la mécanique place le titre dans la mouvance « darksoulisation du jeu vidéo », il n’en reste pas moins que le challenge reste à portée d’un gamer certes acharné mais pas surdoué, qualité que demande un certain Sekiro.

Les combats de Star Wars : Fallen Order s’articulent donc autour d’une philosophie actuellement populaire, et Respawn Entertainment tente de bien tout verrouiller dans une prise en mains éminemment agréable. Le sabre laser sort des combos, on a aussi droit à un coup fort et une forte emphase sur la défense : la garde (qui, déclenché au bon moment, renvoie un tir laser à son tireur) et l’esquive. À cela, on ajoute l’utilisation de la Force, notamment afin de ralentir des éléments du décor, mais aussi des opposants. Pratique, par exemple, si l’on veut viser une parti précise du corps d’un monstre, comme sa langue. Par contre, ce pouvoir est rattaché à une jauge, donc on ne peut pas non plus le balancer n’importe comment. Pour la remplir, il faudra asséner des coups. Tout cela fonctionne bien, malgré deux retenues. La première, c’est l’allonge de notre avatar : elle est limitée, et cela nous handicape beaucoup face à certains ennemis, mais aussi quand les troupes se font nombreuses. L’acquisition d’un certain élément (pas de spoilers !) change la donne, mais trop peu à notre goût. Aussi, l’impact du sabre laser manque un peu d’énergie, de patate, du coup on a parfois un doute quand aux effets de nos offensives. Heureusement, l’information nous parvient tout de même par le bien de la jauge d’énergie des adversaires.

Un grand spectacle au niveau des attentes

image test star wars fallen order
Choisissez bien votre niveau de difficulté…

Globalement, le système de combat est donc bien plaisant. Bonne nouvelle : c’est aussi le cas pour tout ce qui est de l’ordre de l’exploration. Nous tairons ici les noms de planètes que le cheminement de Star Wars : Fallen Order vous réserve, pour d’évidents risques de révélations cruelles. Mais il faut tout de même préciser que chacune d’elles proposent un level design là encore très darksoulien. Comprendre par là qu’on pourra foncer vers l’objectif, non sans activer des raccourcis, mais aussi faire attention aux différentes routes annexes. Ici, Respawn Entrtainment a ajouté une pincée de Metroidvania, avec des passages uniquement pratiquables après avoir débloqué certaines capacités. On prend donc plaisir à revenir sur les planètes déjà parcourues, avec à la clé des éléments cosmétiques à débloquer. Oui, gratuitement, sans la moindre trace de micros-transactions, voilà qui ne peut que nous réjouir. Vous pourrez aussi rencontrer des boss annexes, et compléter le codex grâce à la fonction de scan embarqué par BD-1, robot tout mignon qui nous a vaguement fait penser au R.O.B. de Nintendo, mais en plus mobile bien évidemment. Celui-ci vos propose aussi une carte des lieux. Elle ne figure pas dans les bons points : la volonté de la proposer en accord avec la charte graphique de Star Wars implique une lisibilité défaillante.

Tomb Raider est aussi invité à la fête, avec ce qu’il faut d’observation des environnements, et quelques petites énigmes jamais trop corsées. Ces phases sont certes peu nombreuses, mais elles brillent tout de même par le fun qu’elles distillent. Comme par hasard, ce sont les moments un peu plus « unchartediens » qui nos posent problème. Cal est parfois victime de phases que l’on qualifiera de « oh non non non non ». Mais si, vous savez, ces moments prétendument spectaculaires, mais surtout scriptés jusqu’à la moelle. Cela devenait très indigent chez Naughty Dog, ça l’est aussi avec Star Wars : Fallen Order. Aussi, notons des séquences de glisse assez ratées, que ce soit dans les collisions ou la gestion de la caméra. Rassurez-vous, tout cela n’est qu’au troisième, voire quatrième plan du soft. Celui-ci vous proposera une durée de vie conséquente. L’histoire principale vous demandera une quinzaine d’heures (en mode de difficulté Normal). Mais ce serait blasphémer que de s’en contenter. La recherche de tous les éléments cosmétiques du sabre, des différents costumes, et la complétion du codex, fera que l’on peut plutôt tabler sur une trentaine d’heures. Aussi, sachez que l’on peut continuer à arpenter les planètes après la fin, avec une sauvegarde qui reprend juste avant la dernière partie.

Reste à aborder l’ambiance visuelle de Star Wars : Fallen Order. Ici, c’est plus mitigé. Signalons, tout d’abord, que les développeurs ont utilisé l’UE 4, et non le Frostbite. Un changement de paradigme qui peut expliquer quelques imperfection. Techniquement, ce n’est pas une catastrophe, loin de là, par contre on ne peut que relever des bugs principalement liés aux collisions. L’avatar traverse les éléments du décor quand il utilise le sabre laser, ce genre de choses. Aussi, certaines textures mettent du temps à s’afficher et, étrangement, le temps de chargement après la mort s’étire beaucoup. Enfin, la fluidité est parfois un peu chancelante quand les ennemis se multiplient à l’écran, sans que cela ne soit handicapant. Notons que Respawn Entertainment et Electronic Arts sont conscients de ces imperfections, et travaillent d’arrache-pied à des patchs. Le dernier a, d’ailleurs, drastiquement améliorer les collisions sur Bogano, et c’est une très bonne chose. La direction artistique, elle, figure au rayon des points forts de cette expérience. On a bien un ou deux ratés, comme le character design des Wookies, et même d’un Cal dont on ne raffole pas. Tout le reste est au niveau d’une grosse production, avec des ambiances parfois assez sombres dans la colorimétrie. Le HDR est particulièrement mis à contribution, et le grand soin apporté aux environnements, parfois grandioses, ne fait qu’ajouter à l’impression de grand spectacle. Enfin, les amateurs d’ambiances sonores soignées seront aux anges, avec une grosse dose d’effets tout droit issus des films. Quant aux musiques, signés Gordy Haab (Halo Wars 2) et Stephen Barton (Call Of Duty 4 : Modern Warfare), elles se fondent dans le moule « starwarsien » sans aucun souci.

Note : 16/20

Décidément, Respawn Entertanment est un studio que l’on se doit de surveiller de près. Il livre un Star Wars : Fallen Order aux qualités étonnantes. Il redonne aussi ses lettres de noblesse à une licence terriblement malmenée au cinéma, et peu gâtée par les récentes itérations vidéoludiques. Si l’on ne peut que regretter une histoire certes prenante mais trop prudente, ainsi qu’une technique imparfaite, on a savouré un gameplay qui se place intelligemment entre Dark Souls, Tomb Raider, et le Metroidvania. Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas pris autant de plaisir avec une oeuvre certifiée Star Wars, et c’est un exploit que ‘on doit bel et bien à Electronic Arts.

8/10

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