[Test] Fallen Legion Revenants : un troisième opus satisfaisant

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : YummuYummyTummy
  • Editeur : NIS America
  • Date de sortie : 19 février 2021
  • Acheter : Cliquez ici

Fallen Legion Revenants tente d’allier la politique au JRPG

image gameplay fallen legion revenants

Quelle belle époque pour les amateurs de RPG japonais ! En l’espace de quelques semaines, on a pu découvrir Atelier Ryza 2, Ys IX : Monstrum Nox et Persona 5 Striker. Trois très bons jeux, et traduits en français s’il vous plaît (on ne soulignera jamais assez l’énorme travail du distributeur Koch Media) ! Le passionné qui sommeille en vous n’a qu’à peine le temps de reprendre son souffle, puisqu’un quatrième larron vient de pointer le bout de son nez : Fallen Legion Revenants. Certes, il s’agit d’une expérience plus « de niche », tant par l’univers qui y est décrit que par ses uniques sous-titres anglais. Mais tout de même, ce nouvel opus d’une licence débutée en 2017 (et dont vous pouvez retrouver les deux premiers épisodes dans une compilation intitulée Fallen Legion : Rise To Glory) a quelques atouts à faire valoir…

La question se pose si vous n’avez pas précédemment joué aux deux premiers épisodes : Fallen Legion Revenants peut-il être traversé sans connaissances poussées de cet univers ? La réponse est surprenante, car c’est le cas. Surprenante, car ce genre de série est d’habitude du genre à aller dans le sens du fan. Si celui-ci va pouvoir retrouver un monde en proie au miasme, tandis que ce qui reste d’humanité s’est réfugié sur Welkin, un château qui plane au-dessus des territoires. Ceci étant la dernière chance de survivre, tout du moins c’est ce que pousse fortement à croire le très despotique Ivor. Ce dernier va devoir faire face à ses actes honteux : une véritable révolution se prépare afin de redonner aux humains le droit de vivre librement. Et à la tête de cette mutinerie s’activent les deux personnages principaux de notre aventure : Lucien, un politicien dissident jeté au cachot, et Rowena, feu chancelière exécutée par Ivor pour haute trahison. Ce duo assez attachant va mener le combat sur deux plans différents, ce qui fait la spécificité du gameplay…

L’histoire de Fallen Legion Revenants introduit parfaitement les mécaniques du système de combat. Pour faire simple, ces phases se divisent sur deux plans : la bataille physique, très typée action, et la politique. Le premier étant incarné par Rowena, et le second par Lucien. Et la belle idée est de faire cohabiter ces deux piliers au sein d’un même socle. Pour ce faire, il fallait tout de même imaginer un twist permettant au joueur d’embarquer une véritable équipe sur le terrain, et c’est en ce sens que les Exemplars sont introduits : des guerriers qui rejoignent le groupe quand on a déniché l’arme correspondante. Tous ces éléments convergent vers des phases fondamentalement intelligentes : on a un combattant associé à une touche, un peu comme dans le très culte Walkyrie Profile. Cela fonctionne bien et, au cœur des batailles, on rejoindra Lucien dans des négociations politiques aux effets directs sur la lutte en cours.

Une belle personnalité artistique

image test fallen legion revenants

Ce système de combat est, sur le papier et au cours d’une partie des conflits, vraiment prenant, une réussite. Surtout qu’on a évidemment droit à tout ce qui est spécificités liées aux Exemplars, comme des sorts ou des compétence actives. On peut aussi utiliser différentes potions qui sont préalablement mises de côté par le politicien. Et cet apport de Lucien est une idée à développer tant, dans l’esprit, ça apporte de la surprise notamment contre les boss. Malheureusement, Fallen Legion Revenants doit tout de même composer avec certaines limites. Tout d’abord, le timer imposé lors des choix de Lucien n’est pas des plus pertinents. En effet, les décisions sont parfois cruciales, et les effets décisifs. Cela mérite bien plus de réflexion que les quelques secondes proposées, surtout que l’anglais des sous-titres se révèle assez soutenu (on est presque sur du Dragon Quest 1, avec des termes médiévaux parfois compliqués). On comprend l’utilité d’un chronomètre pour le rythme des combats, mais une option pour le régler n’aurait pas été de refus. Aussi, les types d’ennemis ne sont pas assez nombreux alors que, en parallèle, les batailles le sont. On peut donc noter une certaine impression de répétition à la longue.

Des regrets qui ne doivent pas faire oublier les étonnantes qualités de Fallen Legion Revenants. L’univers, le principe du gameplay, on en a parlé. Mais aussi les moments de grâce que le concept créé. Ceux-ci sont principalement accolés aux actions de Lucien, donc à la prise de décision politique. C’est ici que le jeu se trouve une véritable personnalité, car les possibilités diplomatiques sont nombreuses, tout comme les fins à découvrir. Il va falloir faire grimper l’influence du personnage, son image… ou même la salir si vous vous sentez l’âme d’un apprenti tyran. On vous conseille donc d’être très attentif, car on peut vite se retrouver coupable d’une famine, certes un bon moyen pour énerver le peuple mais via un stratagème peu reluisant. Aussi, ces phases au sein de Welkin permettent notamment de gérer les membre du groupe de combat (en faisant très attention au positionnement, c’est un conseil), de discuter avec les habitant, etc. C’est à la fois riche et plaisant, le côté RPG se voit donc bien mis en avant.

Fallen Legion Revenants propose un contenu dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Il faut donc s’attendre à une aventure principale d’une dizaine d’heures, mais ce chiffre sera à multiplier pour qui veut voir toutes les fins. Celles-ci sont à la fois nombreuses et assez différentes dans les événements décrits, il est donc question d’une véritable rejouabilité. Autre bon point : la direction artistique est un véritable plaisir pour les yeux. L’univers, très sombre, s’accompagne d’environnements très Castlevania dans l’esprit, et d’un character design que l’on pourrait penser fortement inspiré par les jeux de Vanillaware. Voilà des références pour le moins très solides, et effectivement le résultat l’est, sans pour autant atteindre la perfection des deux.  On a tout de même compté quelques bugs d’animation, mais rien de bien méchant. La musique, quant à elle, accompagne bien l’aspect parfois sinistre des situations, mais aurait sans doute gagné à proposer plus de thèmes. Sachez d’ailleurs que la version physique embarque un code à confirmer pour obtenir la bande son et un artbok, tous deux en numérique.

Note : 14/20

Fallen Legion Revenants a quelques belles qualités à faire valoir, comme un univers aussi sombre que prenant, et des phases politiques aux véritables impacts sur le déroulé du récit. Le système de combat a aussi de l’idée, mais on a parfois l’impression que le timer des décisions de Lucien nous presse trop, ce qui créé de la frustration. On ne peut aussi passer à côté d’une certaine répétitivité, mais ce n’est pas un véritable souci si l’on accroche à la boucle de gameplay. On pourra donc conseiller ce troisième opus aux fans de la licence, mais aussi aux anglophones qui se cherchent un petit trip entre RPG et stratégie.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 avant de lancer Jeux Vidéo Plus en 2021. Manque clairement de sommeil.

7/10

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