[Critique] The Dog Stars : quand les étoiles filent droit dans les clichés

Caractéristiques

  • Titre : The Dog Stars
  • Réalisateur(s) : Ridley Scott
  • Avec : Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley, Guy Pearce, Benedict Wong et Allison Janney.
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Genre : Aventure, Drame, Thriller
  • Pays : Etats-Unis
  • Durée : 119 minutes
  • Date de sortie : 26 aout 2026
  • Acheter ou réserver des places : Cliquez ici
  • Note du critique : 5/10

Nouveau long-métrage réalisé par Ridley Scott (Gladiator II, Napoléon), The Dog Stars se déroule dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu’une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé…

Un monde post-apocalyptique bien installé

Ridley Scott n’est clairement plus le réalisateur de ses débuts. S’il est encore capable de quelques fulgurances, force est de constater que sa filmographie de ces deux dernières décennies s’avère particulièrement inégale. Avec The Dog Stars, il s’attaque au film post-apocalyptique, mais malheureusement avec une histoire qui accumule les clichés du genre sans réellement parvenir à les dépasser. La première demi-heure est sans doute la partie la plus intéressante du long-métrage. Nous découvrons Hig (Jacob Elordi, dans un rôle qui met plus en avant son physique que ses qualités d’interprétation), et son quotidien dans un monde ravagé par une pandémie de grippe ayant décimé la majeure partie de la population. À bord de son Cessna, il sillonne les environs de Denver à la recherche de ressources. Accompagné de son chien Jasper, il vit dans une petite base avec Bangley (Josh Brolin, qui vient toucher son chèque), un ancien Marine aussi méfiant que particulièrement efficace.

Hig tente également de venir en aide à quelques survivants, tout en essayant de maintenir un semblant d’humanité dans un monde où celle-ci semble avoir disparu. Cette introduction fonctionne plutôt bien, car elle prend le temps de nous faire découvrir cet univers et surtout le personnage de Hig. Il y a quelque chose d’intéressant dans cette routine, dans cette manière de montrer la survie au quotidien sans chercher immédiatement à multiplier les scènes d’action. Le film installe également une relation assez réussie entre Hig et Bangley, deux hommes que tout oppose mais qui sont pourtant devenus indispensables l’un à l’autre. Mais lorsque la situation se dégrade, Hig décide de partir à la recherche d’une éventuelle vie meilleure. C’est à partir de là que The Dog Stars commence malheureusement à perdre une bonne partie de son intérêt.

image jacob elordi the dog stars
Copyright 2026 20th Century Studios. All Rights Reserved.

Un scénario beaucoup trop prévisible

Le film développe évidemment le thème de la reconstruction après une catastrophe et de la possibilité de retrouver une forme d’espoir lorsque tout semble avoir disparu. Mais au lieu de réellement exploiter la richesse de son univers, le scénario enchaîne quasiment tous les clichés possibles du genre. Sur la route, Hig découvre notamment une ferme où vivent Cima (Margaret Qualley, qui fait le minimum) et son père Pops (Guy Pearce, toujours égal à lui-même). Et, dès leur apparition, on comprend immédiatement quel rôle chacun va jouer dans l’histoire. Le problème est d’ailleurs récurrent : dès que Hig rencontre quelqu’un, le film nous indique presque immédiatement si cette personne est bonne ou mauvaise.

Il n’y a pratiquement aucune ambiguïté, aucun véritable doute sur les intentions des personnages. Même lorsque Hig atteint enfin l’objectif qu’il s’était fixé, nous savons déjà que celui-ci ne constituera probablement pas la réponse espérée. La prévisibilité finit donc par prendre le dessus sur l’émotion et, par moments, certaines situations deviennent même involontairement risibles. Le film aurait pourtant pu être beaucoup plus intéressant si l’histoire n’avait pas accumulé autant de clichés, car il réussit un tant soit peu à nous sensibiliser à la psychologie de ses personnages et aux conséquences de cette apocalypse.

image josh brolin the dog stars
Copyright 2026 20th Century Studios. All Rights Reserved.

Des clichés à la pelle

Hig est un personnage suffisamment mystérieux pour porter une histoire plus subtile, tandis que son rapport avec Bangley constitue probablement l’un des éléments les plus réussis du scénario.  Les flashbacks, utilisés pour revenir sur le passé de Hig, permettent également de donner un peu plus d’épaisseur à son parcours. Mais ils restent assez classiques et ne suffisent pas à compenser une écriture qui manque cruellement de surprises. Côté grosses ficelles, The Dog Stars ne fait vraiment pas dans la demi-mesure.

Le monde post-apocalyptique est peuplé de différentes menaces, mais leur caractérisation est souvent particulièrement caricaturale. Les hordes d’hommes tatoués, les survivants aux allures de guerriers et même certains personnages aux looks de « tribus indiennes post-apocalyptiques » donnent parfois l’impression de regarder une succession d’images déjà vues des dizaines de fois. Tout y passe, ou presque. Heureusement, quelques petits détournements permettent ponctuellement de surprendre le spectateur, notamment lorsqu’un personnage que l’on pensait condamné parvient finalement à survivre. Il faut bien que certains clichés soient laissés de côté !

image margaret qualley the dog stars
Copyright 2026 20th Century Studios. All Rights Reserved.

Une mise en scène solide, mais un rythme bancal

La mise en scène est heureusement là pour maintenir un certain intérêt. Ridley Scott sait toujours emballer un film et son savoir-faire reste évident. La direction artistique est particulièrement soignée et permet de nous plonger dans un univers post-apocalyptique crédible, d’autant plus qu’il se déroule dans un futur très proche, en 2035. Les décors naturels sont magnifiques et superbement mis en valeur, tandis que les effets spéciaux sont globalement convaincants. Scott soigne également ses cadres, avec quelques plans particulièrement bien pensés, même si sa mise en scène reste finalement assez classique. La musique de Harry Gregson-Williams accompagne efficacement l’ensemble, sans chercher à voler la vedette aux images. Elle se montre néanmoins très illustrative et appuie parfois un peu trop fortement les émotions que le film cherche à provoquer.

Le long-métrage souffre surtout de problèmes de rythme. Si la première demi-heure fonctionne plutôt bien malgré l’absence d’événements majeurs, les différents actes qui suivent sont beaucoup plus inégaux. Le passage à la ferme s’étire notamment beaucoup trop longtemps, alors que certaines séquences importantes auraient mérité davantage de développement. À l’inverse, le dernier acte est expédié en moins de dix minutes, donnant l’impression que Scott et son équipe cherchent soudainement à boucler leur histoire. À cela s’ajoutent pas mal de faux raccords qui peuvent ponctuellement sortir du film.

Au final, The Dog Stars est donc une déception. Le film possède pourtant de belles qualités : une atmosphère réussie, une direction artistique solide, de magnifiques décors naturels et quelques personnages intéressants, notamment grâce au duo formé par Jacob Elordi et Josh Brolin. Mais son scénario beaucoup trop prévisible, son accumulation de clichés et son rythme mal maîtrisé l’empêchent de réellement dépasser le simple exercice de genre. Ridley Scott reste un immense technicien, mais ici, la mise en scène ne suffit malheureusement pas à masquer les faiblesses d’une histoire qui aurait mérité davantage d’audace et de profondeur.

[Critique] The Dog Stars : quand les étoiles filent droit dans les clichés

Article écrit par

Adore le cinéma en général, que ce soit les gros blockbusters ou les plus petits films, les séries TV et les jeux vidéo. Il réalise de nombreux tests de blu-ray et films en UHD 4K et couvre l'actualité cinématographique en salles.

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