Caractéristiques
- Titre : L'île des Souvenirs
- Titre original : Forgotten Island
- Réalisateur(s) : Joel Crawford et Januel P. Mercado
- Avec : les voix OV de : H.E.R., Liza Soberano, Lea Salonga et Dave Franco.
- Distributeur : Universal Pictures International France
- Genre : Animation, Aventure, Comédie, Famille
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 109 minutes
- Date de sortie : 21 octobre 2026
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- Note du critique : 5/10 par 1 critique
Avec L’Île des souvenirs, nouveau film d’animation Dreamworks, Joel Crawford et Januel P. Mercado, les réalisateurs du Chat Potté 2 : La Dernière Quête, nous entraînent dans une aventure fantastique inspirée du folklore philippin. À leur arrivée sur une île mystérieuse, Jo et Raissa, deux amies adolescentes, ont perdu la mémoire des douze dernières heures et égaré le médaillon qui leur permettrait de retourner dans le monde normal. Pour espérer rentrer chez elles, elles vont devoir reconstituer les événements oubliés en rencontrant les habitants de l’île, tout en recherchant le précieux objet. Un point de départ plutôt intéressant, qui offre la possibilité de construire une aventure mystérieuse tout en explorant une relation amicale confrontée aux changements de l’adolescence.
Entre péripéties répétitives et émotion sincère
Malheureusement, si le concept est prometteur, son exploitation se révèle beaucoup plus laborieuse. Le médaillon fonctionne essentiellement comme un MacGuffin, un objectif qui sert à faire avancer les deux héroïnes d’une situation à l’autre, tandis que la perte de leurs souvenirs des douze dernières heures aurait pu donner lieu à une construction narrative plus habile, jouant davantage sur les indices et les révélations. Le récit privilégie toutefois l’enchaînement des péripéties à une véritable progression dramatique, au point que la recherche du précieux objet finit par donner l’impression de servir de prétexte à une aventure dont les différentes étapes manquent parfois de cohérence et d’intérêt.
Le principal atout du film réside heureusement dans la relation entre Jo et Raissa, véritable cœur du long-métrage. À travers leur amitié, le récit aborde une étape importante de l’adolescence : le moment où l’on comprend que les relations qui ont rythmé notre jeunesse peuvent être bouleversées par les choix de vie. L’approche de l’âge adulte, les départs à l’université et la perspective de voir ses proches s’éloigner constituent autant de changements susceptibles de fragiliser une relation, même lorsque les sentiments demeurent intacts. Cette peur de perdre une personne qui compte simplement parce que la vie nous entraîne dans des directions différentes donne au récit une dimension émotionnelle pertinente. Sur ce point, le film fonctionne plutôt bien : la complicité entre les deux héroïnes est suffisamment développée pour que l’on s’attache à elles et que l’on comprenne les enjeux de leur relation. C’est même ce qui permet au long-métrage de toucher juste lorsqu’il se concentre sur leur amitié et les incertitudes qui accompagnent le passage à l’âge adulte.

Un folklore riche, mais une identité visuelle inadaptée
En revanche, les personnages secondaires peinent à s’intégrer à cette réflexion. S’ils permettent de découvrir différentes facettes du folklore philippin et apportent ainsi une identité culturelle intéressante à l’univers, leurs interventions restent essentiellement fonctionnelles et contribuent rarement à approfondir les thématiques du film. Ils auraient pu offrir aux deux héroïnes des rencontres faisant écho à leurs propres questionnements ou enrichir leur parcours d’un point de vue émotionnel, mais ils se contentent trop souvent de ponctuer l’aventure sans lui apporter de véritable dimension supplémentaire. Le folklore constitue donc une richesse indéniable, mais son exploitation reste largement illustrative, là où une articulation plus étroite entre cet imaginaire et l’histoire de Jo et Raissa aurait permis de donner davantage de profondeur à l’ensemble.
Visuellement, L’Île des souvenirs affiche une volonté manifeste de se démarquer des productions animées les plus conventionnelles. L’inspiration puisée dans le folklore philippin donne naissance à un univers peuplé de créatures singulières, de décors colorés et de situations fantastiques qui témoignent d’une certaine inventivité. Le film cherche à donner à son île une identité propre, et cette dimension culturelle constitue l’une de ses caractéristiques les plus intéressantes. Pour autant, nous sommes nettement moins convaincu par le style d’animation choisi. Si cette approche graphique fonctionnait parfaitement dans Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête, elle semble ici beaucoup moins adaptée à l’histoire racontée. Une esthétique différente aurait peut-être permis de mieux faire ressortir la mélancolie et les incertitudes qui traversent la relation entre les deux héroïnes.

Une surenchère qui finit par lasser
La réalisation souffre également d’un rythme trop soutenu, qui accentue les faiblesses du scénario. Les séquences s’enchaînent sans laisser suffisamment de place aux respirations, et les péripéties finissent par devenir fatigantes. Le film semble constamment chercher à renouveler l’attention du spectateur par de nouvelles idées visuelles, l’apparition de personnages supplémentaires ou des situations inédites, alors qu’il aurait parfois gagné à ralentir et à approfondir ce qu’il a déjà mis en place. Certes, on ne s’ennuie pas véritablement durant les presque 1 h 50 que dure le film, mais cette succession d’événements finit paradoxalement par nous détacher du récit, faute de véritables temps morts et d’une progression suffisamment maîtrisée. Enfin, la musique de Nathan Matthew David accompagne efficacement l’aventure, sans toutefois parvenir à se démarquer suffisamment pour laisser une impression durable.
Avec L’Île des souvenirs, Joel Crawford et Januel P. Mercado proposent une aventure animée portée par un univers inspiré du folklore philippin et une relation touchante entre ses deux héroïnes. L’amitié de Jo et Raissa, confrontée à l’éloignement et aux changements de l’âge adulte, constitue le principal atout du film. Malheureusement, les péripéties répétitives, l’accumulation de personnages secondaires et un style d’animation qui ne semble pas adapté au récit limitent son potentiel. Une déception de la part de DreamWorks, malgré un cœur émotionnel qui, lui, fonctionne.




