Caractéristiques
- Titre : Spider-Man: Brand New Day
- Réalisateur(s) : Destin Daniel Cretton
- Avec : Tom Holland, Sadie Sink, Zendaya, Jon Bernthal, Mark Ruffalo, Michael Mando et Jacob Batalon
- Distributeur : Sony Pictures Releasing France
- Genre : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 145 minutes
- Date de sortie : 29 juillet 2026
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- Note du critique : 8/10 par 1 critique
Dans Spider-Man : Brand New Day, nouveau long-métrage sur l’araignée sympas du quartier et nouveau film réalisé par Destin Daniel Cretton (Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux), Peter Parker apparaît sous un tout nouveau jour. Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, il poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais le sentiment d’avoir été oublié par ses amis qui avancent désormais sans lui provoque un changement chez Peter qu’il n’est peut-être pas en mesure de contrôler. Et pourtant, c’est cette mutation qui pourrait être sa seule chance de s’opposer à un adversaire terrifiant, capable d’agir sans jamais être repéré et prêt à s’attaquer à la ville et à tous les proches de Spider-Man. Car si le monde ne se souvient plus de Peter Parker, lui ne l’a pas oublié…
Un grand pouvoir, une grande solitude
Après les événements de Spider-Man: No Way Home, Peter Parker se retrouve confronté à une situation totalement inédite. En ayant accepté de disparaître de la mémoire de tous ceux qui comptaient pour lui, le héros a sauvé ses proches, mais il s’est condamné à une profonde solitude. La disparition de May et le fait que plus personne ne se souvienne de Peter Parker ont laissé une véritable fracture chez le personnage. Spider-Man : Brand New Day s’intéresse ainsi à une question essentielle : que reste-t-il de Peter Parker lorsque l’identité de Spider-Man prend progressivement toute la place ?
Au début du film, Peter Parker, incarné par un Tom Holland qui apporte ici une dimension plus mature et mélancolique au personnage tout en conservant l’humanité qui fait sa force, n’est presque plus que Spider-Man. Il continue sa mission, protège la ville et agit sans relâche, mais l’homme derrière le masque semble progressivement disparaître. Le scénario développe alors une réflexion intéressante sur l’équilibre entre ces deux identités : être un héros ne doit pas signifier renoncer totalement à celui que l’on est. L’un des enjeux majeurs du film devient donc pour Peter de réapprendre à exister en tant que Peter Parker et non plus uniquement comme Spider-Man.

Une toile de liens à reconstruire
Cette solitude trouve également un écho particulier à travers le personnage (dont nous ne révélerons pas l’identité), incarné par Sadie Sink, qui excelle pour sa première apparition au sein du MCU et vole même quelques scènes à ses camarades de jeu. Son personnage partage avec Peter ce sentiment d’isolement et cette difficulté à trouver sa place. Sans révéler les enjeux liés à ce personnage, le film crée un parallèle pertinent entre deux trajectoires différentes, mais unies par une même sensation : celle d’être seul face au monde. Cette thématique passe également par la relation entre Peter, MJ et Ned. Zendaya embrasse parfaitement cette version plus adulte du personnage, tandis que Jacob Batalon reste toujours aussi amusant dans son interprétation de Ned. Même si ses deux anciens amis ne se souviennent plus de lui, Peter, lui, n’a jamais oublié le lien qui les unissait.
Il continue de les surveiller à distance, incapable de reprendre naturellement sa place dans leur vie après le sacrifice qu’il a accepté de faire. Le film explore alors une question particulièrement intéressante : peut-on réellement reconstruire une relation avec des personnes qui ont oublié tout ce que vous avez vécu ensemble ? À travers cette situation, Spider-Man : Brand New Day poursuit son exploration de la solitude de Peter, partagé entre le désir de protéger ceux qu’il aime et celui de retrouver enfin une part de la vie qu’il a perdue.

La mue de l’homme-araignée
Cette évolution psychologique s’accompagne également de changements plus physiques liés à l’ADN arachnide du héros. Sans trop en dévoiler, ces modifications deviennent une représentation extérieure de ce que traverse Peter intérieurement. Elles illustrent la transformation d’un personnage qui doit accepter une nouvelle étape de son existence, tout en comprenant que devenir Spider-Man ne peut pas signifier abandonner définitivement Peter Parker. Le film se distingue également par son rapport aux figures qui entourent habituellement le héros. Dans les trois premiers films du MCU consacrés à Spider-Man, Peter a toujours entretenu une relation avec une sorte de mentor ou de guide : Tony Stark dans Spider-Man: Homecoming, Quentin Beck dans Spider-Man: Far From Home, puis les deux autres incarnations de Spider-Man dans No Way Home. Ici, Peter est véritablement seul et doit avancer sans figure tutélaire pour lui montrer la voie. C’est ce qui rend les différents caméos du film particulièrement intéressants. Qu’il s’agisse de Bruce Banner/Hulk (Mark Ruffalo, toujours aussi juste), du Punisher (Jon Bernthal, aussi amusant qu’émouvant et sérieux) ou d’autres personnages que nous vous laissons découvrir, ces apparitions ne sont pas simplement là pour faire plaisir aux fans.
Elles ne prennent jamais le dessus sur l’histoire de Peter Parker et ne servent jamais à remplacer un mentor. Au contraire, elles montrent un Spider-Man qui a grandi : il n’est plus le jeune héros qui cherche constamment l’approbation ou les conseils des autres, mais un personnage capable d’échanger avec ses pairs d’égal à égal. La relation développée avec le Punisher est en ce sens intéressante, car elle repose davantage sur une forme de respect mutuel et d’amitié que sur un rapport maître-élève. C’est d’ailleurs ce qui rend Spider-Man : Brand New Day particulièrement intéressant : le film marque un véritable passage à l’âge adulte pour le personnage. Après une première trilogie où Peter Parker découvrait encore ses pouvoirs, ses responsabilités et sa place dans cet univers héroïque, cette nouvelle aventure présente un homme qui doit désormais construire son propre chemin.

Une mise en scène qui prend de la hauteur
Après trois films réalisés par Jon Watts, Destin Daniel Cretton s’approprie Spider-Man avec une maîtrise impressionnante. Déjà très inspiré sur Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, le cinéaste confirme ici sa capacité à conjuguer spectacle et émotion. Dès les premières scènes, il imprime une identité visuelle plus affirmée et offre au tisseur de toile une mise en scène qui exploite enfin pleinement ses capacités. Là où les précédents films du MCU proposaient des séquences d’action parfois efficaces mais relativement classiques, Spider-Man : Brand New Day retrouve la verticalité qui caractérise le héros. Les déplacements dans New York procurent une véritable sensation de vitesse et de liberté, tandis que les scènes de voltige gagnent en immersion et en ampleur. Les affrontements bénéficient également d’une mise en scène plus inventive, lisible et dynamique, qui met autant en valeur l’agilité de Spider-Man que son intelligence dans l’action.
Mais la grande force de Destin Daniel Cretton réside sans doute dans sa capacité à passer du spectaculaire à l’intime. Sans jamais sacrifier le rythme du récit, il accorde une véritable importance aux regards, aux silences et aux émotions de ses personnages. Cette approche accompagne parfaitement les thèmes du film et renforce le sentiment de solitude qui habite Peter Parker tout au long de son parcours. Techniquement, le film se montre également très solide. Les effets spéciaux sont convaincants et servent efficacement la mise en scène, sans jamais donner l’impression de prendre le pas sur les personnages. Michael Giacchino livre une nouvelle fois une excellente partition, faisant évoluer subtilement le thème musical de Spider-Man pour accompagner la maturité du héros. Quant au montage, il conserve un rythme soutenu malgré une durée de 2 h 25, même si cette durée se fait tout de même sentir. Destin Daniel Cretton nous offre ainsi, sans conteste, la mise en scène la plus aboutie des films Spider-Man produits par Marvel Studios.
Avec Spider-Man : Brand New Day, Marvel Studios offre à Peter Parker le renouveau qu’il méritait. Plus mature, mieux mis en scène et porté par un Tom Holland au sommet de son art, ce quatrième opus s’impose comme le meilleur Spider-Man du MCU. Malgré quelques longueurs qui empêchent d’en faire un sans-faute, Destin Daniel Cretton signe une réussite aussi spectaculaire qu’émouvante, qui lance cette nouvelle ère de la saga sous les meilleurs auspices.




