Caractéristiques
- Titre : Oklahoma Honey
- Titre original : The Rivals of Amziah King
- Réalisateur(s) : Andrew Patterson
- Scénariste(s) : Andrew Patterson
- Avec : Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, Kurt Russell, Jake Horowitz, Tony Revolori et Cole Sprouse.
- Distributeur : Metropolitan FilmExport
- Genre : Drame, Thriller
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 130 minutes
- Date de sortie : 19 août 2026
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- Note du critique : 7/10 par 1 critique
Oklahoma Honey est le deuxième long-métrage d’Andrew Patterson. Ayant grandi dans l’Oklahoma et proche du monde des apiculteurs, le réalisateur signe, six ans après The Vast of night, un drame rural et familial cherchant à restituer avec authenticité les habitants et les paysages de cette région. Porté par Matthew McConaughey, Angelina LookingGlass, qui fait ici ses débuts au cinéma, Kurt Russell et Jake Horowitz, le film plonge au cœur d’une communauté où se mêlent liens familiaux, solidarité et amour des traditions.
Une ode chaleureuse à la communauté et aux traditions
Au cœur de l’Oklahoma, l’on suit Amziah King (Matthew McConaughey), figure charismatique et musicien accompli, qui veille sur une petite communauté de passionnés de bluegrass (genre musical issu de la country) tout en dirigeant une importante exploitation apicole. Lorsque Kateri, sa fille adoptive amérindienne dont il était séparé depuis plusieurs années, réapparaît dans sa vie, il voit dans ces retrouvailles l’occasion de renouer avec elle et de construire un projet familial autour de son activité.
Andrew Patterson prend le temps d’installer cette chronique rurale et familiale en filmant de vastes paysages avec une photographie aux tons chauds, orangés, qui évoquent naturellement la couleur du miel. Les ruches baignées de lumière, les scènes de repas, les anecdotes racontées entre amis et les moments de vie quotidienne contribuent à créer une atmosphère chaleureuse et contemplative. Le rythme volontairement lent permet également à la musique de prendre une place de choix : banjo, voix et mandoline s’illustrent en live et donnent au film une énergie euphorisante. Matthew McConaughey se montre particulièrement lumineux dans ce registre, chantant et jouant lui-même des morceaux entiers. Avec sa caméra très mobile et ses scènes pensées comme autant de petits tableaux, le réalisateur compose ainsi un véritable hommage à l’Oklahoma, à ses habitants et à leur sens de la communauté, tout en mettant en avant le fragile équilibre qui unit les personnages à leur environnement.

De la chronique familiale au récit de vengeance
Dans sa première partie, Oklahoma Honey fonctionne avant tout comme une chronique familiale. Amziah cherche à retrouver sa place auprès de Kateri et à transmettre ce qu’il possède, tandis que la jeune femme découvre peu à peu cet univers dont elle s’était éloignée. L’harmonie avec la nature, l’attachement aux traditions et la solidarité occupent alors une place centrale. Le réalisateur n’hésite pas à s’attarder sur des situations en apparence anodines et à laisser les personnages raconter souvenirs et anecdotes, souvent avec humour. Jimmy, l’associé d’Amziah dont les paroles restent la plupart du temps incompréhensibles, devient notamment un ressort comique à part entière. Véritable conteur, Amziah monopolise volontiers la parole, tandis que les situations se succèdent avec une légèreté communicative.
Cette chronique lumineuse finit toutefois par laisser place à une narration beaucoup plus mouvementée. La rivalité autour de l’exploitation apicole, le vol de miel et la concurrence font peu à peu basculer le récit vers l’enquête, puis vers le film de vengeance. La construction par tableaux contemplatifs cesse au profit d’une intrigue davantage guidée par les événements. Le changement de ton est cependant assez brutal et donne parfois l’impression qu’un deuxième film commence en cours de route. La musique elle-même évolue, abandonnant en partie les sonorités country qui participaient tant au charme du premier acte.

Un film généreux en quête d’unité
Malgré ces ruptures, Oklahoma Honey conserve une véritable générosité. Andrew Patterson sait transformer les situations quotidiennes, les longs récits partagés autour d’un repas ou de simples moments de complicité en instants d’émerveillement. Cette générosité se retrouve dans la mise en scène, qui assume une certaine emphase et donne naissance à des scènes particulièrement mémorables, comme lorsqu’un essaim d’abeilles vient se poser sur le corps d’Amziah. L’énergie des séquences musicales participe à cette sensation, tout comme les dialogues et monologues quasi ininterrompus qui donnent vie à des personnages très attachants. Cependant, tout n’est pas toujours maîtrisé, notamment lorsque certains ralentis se font trop appuyés ou, dans la deuxième partie, quand le film adopte cette tonalité plus sombre et déroute en perdant cette atmosphère suspendue si plaisante des premiers instants.
Avec cette construction narrative décousue et ses actes très différents, le film peine à trouver une véritable unité. Lorsque Oklahoma Honey délaisse son portrait de communauté pour devenir un récit d’enquête et de vengeance, il perd une partie de ce qui faisait sa singularité. Quant au jeu tout en douceur et en nuances d’Angelina LookingGlass, il convainc moins lorsque son personnage prend les rênes de l’intrigue et devient le véritable cerveau de la vengeance. Certaines scènes de tension parviennent heureusement à retrouver l’efficacité du début, mais l’ensemble donne finalement l’impression d’un film qui cherche plusieurs directions sans parvenir à les réunir complètement.
Oklahoma Honey est donc un hommage sincère à l’Oklahoma rural, porté par une atmosphère chaleureuse et des personnages attachants. Si son changement de ton et sa construction en actes très différents fragilisent parfois l’ensemble, Andrew Patterson livre un film généreux et lumineux, porté par un Matthew McConaughey particulièrement convaincant et par une belle énergie musicale.




