Caractéristiques
- Titre : Leviticus
- Réalisateur(s) : Adrian Chiarella
- Scénariste(s) : Adrian Chiarella
- Avec : Joe Bird, Stacy Clausen, Mia Wasikowska, Nicholas Hope...
- Distributeur : Originals Factory
- Genre : Epouvante-horreur, Romance
- Pays : Australie
- Durée : 88 minutes
- Date de sortie : 7 octobre 2026
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- Note du critique : 7/10 par 1 critique
Avec Leviticus, le réalisateur australien Adrian Chiarella signe son premier long métrage horrifique. Porté par Joe Bird, déjà remarqué dans La Main, Stacy Clausen et Mia Wasikowska, ce film de 1h28 mêle récit d’apprentissage adolescent, horreur surnaturelle et réflexion sur l’homophobie religieuse.
Homosexualité et monstruosité
Naim vient de s’installer dans une petite ville industrielle avec sa mère Arlene. Solitaire, le jeune homme se rapproche de Ryan, un camarade de classe avec lequel il entame une relation amoureuse. Mais lorsqu’il surprend celui-ci en train d’embrasser un autre garçon, Naim, blessé et jaloux, les dénonce à la communauté religieuse locale. Un prêcheur décide alors de soumettre les deux adolescents à une cérémonie censée les débarrasser de ce qui est présenté comme un péché. Peu après, Naim et Ryan sont traqués par une mystérieuse entité capable de prendre l’apparence de l’être qu’ils désirent le plus…
Avec cette dimension ouvertement métaphorique qui n’est pas sans évoquer It Follows de David Robert Mitchell, Leviticus utilise l’horreur pour interroger la manière dont l’homosexualité est perçue comme une anomalie qu’il faudrait éradiquer. Le monstre surgit après qu’une limite a été franchie, comme si la transgression d’une règle déclenchait une menace surnaturelle. À travers cette allusion claire aux thérapies de conversion, Adrian Chiarella dénonce ainsi les discours prétendant « guérir » l’homosexualité et la présenter comme une forme de monstruosité. Le film s’inscrit parallèlement dans un récit d’apprentissage marqué par la violence des rapports adolescents, les jeux cruels et la pression exercée par l’entourage.

Une mise en scène soignée et anxiogène
Malgré un budget manifestement modeste, Leviticus ne donne jamais l’impression de manquer de moyens. Adrian Chiarella fait preuve d’une réelle rigueur formelle, notamment à travers des cadres travaillés, une utilisation récurrente de la symétrie et des mouvements de caméra volontairement lents pour installer progressivement l’angoisse. Les arrière-plans régulièrement plongés dans le flou accentuent cette tension, tout comme le travail sonore qui accompagne efficacement la brutalité de certaines scènes. Les décors australiens – grands espaces désertiques et locaux abandonnés – contribuent enfin à isoler les personnages les uns des autres et à intensifier l’inquiétude ambiante.
Le réalisateur privilégie en effet surtout une horreur fondée sur l’attente plutôt que sur l’accumulation de sursauts. Le film ne recourt qu’à un véritable gros jumpscare, préférant installer un stress diffus et faire progressivement monter le malaise avant de laisser surgir quelques images particulièrement violentes. Une fois la menace apparue, la sensation d’insécurité devient constante : Naim et Ryan ne sont plus à l’abri nulle part et semblent condamnés à ne jamais pouvoir rester seuls.

Un concept séduisant, mais qui s’essouffle
Si son concept possède une réelle force, Leviticus peine toutefois à maintenir son efficacité sur la durée. Une fois les règles de la menace identifiées, le récit semble progressivement tourner en rond et s’empêtre dans son propre dispositif. La progression narrative repose alors parfois sur les décisions discutables des protagonistes, sans parvenir à renouveler suffisamment les situations. Plusieurs personnages secondaires restent également en retrait, à commencer par Arlene. Mia Wasikowska compose pourtant avec justesse cette mère froide et dévote, de plus en plus soumise à l’influence de la communauté, mais son personnage demeure trop peu développé pour véritablement peser sur le récit.
Le film peut heureusement compter sur son duo central. Joe Bird et Stacy Clausen livrent tous deux des prestations convaincantes et bénéficient d’une véritable alchimie à l’écran. Leur relation insuffle au récit une intensité dramatique accrue qui compense en partie ses faiblesses narratives. Les moments de passion et de tendresse partagés apportent une humanité bienvenue à cette histoire dominée par la peur et la violence, tout en permettant de s’attacher sincèrement aux deux adolescents.
Leviticus s’impose donc comme un premier long métrage maîtrisé sur le plan formel, porté par une métaphore efficace autour de l’homophobie religieuse et des thérapies de conversion. Si son concept finit par montrer quelques signes d’essoufflement, Adrian Chiarella compense par une mise en scène soignée, une atmosphère anxiogène et un duo central convaincant.




