image illidan world of warcraftUn indispensable en attendant l’extension Legion

World of Warcraft, voilà sans aucun doute l’une des licences les plus en vue de ce début de millénaire. Son univers titanesque, ses hordes de fans pointus (bon, pas mal de « kikoolol » aussi, on doit l’admettre), un background hors du commun, tout est là pour assurer un développement transmédia digne de ce nom. Un film, récemment distribué par Universal, est déjà là pour s’en convaincre, mais depuis quelques années c’est par le papier que Warcraft développe réellement son macrocosme, avec plus d’une vingtaine d’ouvrages depuis 2001. Cette fois-ci, Illidan colle avec une actualité : la prochaine sortie de World of Warcraft : Legion, une extension ultra-attendue pour le 30 août 2016.

World of Warcraft : Illidan aborde un personnage récurrent de la licence, dont la première apparition remonte à Warcraft 3. Illidan Hurlorage, sans doute le chasseur de démons le plus craint de toute l’Histoire d’Azeroth. Mais son destin est malheureusement loin d’être à envier : il est emprisonné dix mille ans pour avoir trahi son clan après avoir infiltré la Légion Ardente, l’immense et malfaisante armée de Kil’jaeden. Seulement voilà, la fameuse Légion est prête à passer à l’attaque, et seul Illidan peut la stopper, en allant combattre dans l’Outreterre. Une situation critique, d’autant que l’ancienne geôlière du chasseur de démon, Maiev Chantelombre, qui bientôt se trouvera un allié avec un certain Akama, ne croit pas une seule secondes en les ambitions de celui qui fut son prisonnier. En effet, Illidan Hurlorage profite de la situation pour former une armée aussi imposante que monstrueuse…

World of Warcraft : Illidan s’appuie donc sur l’un des personnages les plus appréciés (le plus apprécié ?) de l’univers que le roman contribue à développer. Conséquemment à cela, la pression était de mise pour William King, même si cet auteur a l’habitude de ce genre de responsabilités. En effet, l’écrivain a, à son actif, toute une tripotée d’oeuvres pour le compte de Game Workshop, et Warhammer plus précisément. Une plume qui comprend parfaitement les univers heroic-fantasy issus de jeux (vidéos ou « de rôle »), qui prend la suite d’une Christie Golden un peu essoufflée (et c’est bien normal, étant donné l’immensité qu’elle avait en charge). Première impression, qui s’étendra jusqu’à la fin du roman : le style de William King évite toute sensation « ampoulée », en cherchant avant tout le confort de lecture. On n’ira pas jusqu’à écrire que World of Warcraft : Illidan s’adresse aussi à celles et ceux qui ne connaissent la licence ni d’Adam, ni d’Eve, notamment à cause des noms propres utilisés qui, même s’ils sont remis dans leur contexte, sont en nombre. Mais l’auteur, qui cherche à ne pas perdre le lecteur dans un univers forcément généreux, a le don de trouver un équilibre entre le contenu et son utilité qui pourra tout à fait satisfaire un lectorat un minimum au point sur Warcraft.

La chasse aux démons est ouverte

D’un point de vue « gamer », World of Warcraft : Illidan est largement à conseiller, de par les nombreuses informations qu’il contient concernant la prochaine extension de WOW : Légion. Vous allez, par exemple apprendre qu’Archimonde a bel et bien survécu, et plein d’autres indications notamment concernant Nathreza, le monde des Nathrezim. On est aussi assez troublé, dans le bon sens, par quelques révisions des événements de The Burning Crusade. Il est très difficile d’écrire à propos de ce roman sans risquer de spoiler malencontreusement, sachez simplement que cet ouvrage tient toutes ses promesses en terme d’exploration du background. Alors certes, on pourra être parfois un peu déboussolé par les différents univers alternatifs, et il faudra être prudent avec la cohérence dans le jeu de Blizzard (qui n’en est plus à un pied dans le tapis près à ce niveau). Mais pour World of Warcraft : Illidan et ce qu’il doit prendre en charge, soit les prémices de Légion, l’exercice de style est réussi. Les différents points de vue offert par le découpage bien maîtrisé arrangent des variations de rythme intéressantes, même si celui de Maiev est peut-être parfois un peu trop redondant.

World of Warcraft : Illidan est un indispensable pour celles et ceux qui attendent l’extension Legion. Au-delà de ses irréprochables qualités stylistiques et de sa maîtrise du rythme, William King arrive à nous distiller des informations que l’on sait dores et déjà importantissimes pour le futur de Warcraft. Si cette licence vous laissait froid avant de vous y plonger, nul doute que ce sera encore le cas en fin de lecture. Et il est fort à parier que les chapitres consacrés à Maiev pourront parfois un peu agacer. Mais si vous êtes un habitué de la licence, voire seulement un amateur « de loin », alors vous aurez toutes les raisons de fondre sur ce World of Warcraft : Illidan.

World of Warcraft : Illidan, écrit par William King. Aux éditions Milady, 480 pages, 8.20 euros. Paru le 17 juin 2016. 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato