[Critique] Princess Bride — William Goldman

Caractéristiques

  • Traducteur : Ange
  • Auteur : William Goldman
  • Editeur : Bragelonne
  • Collection : Bragelonne Stars
  • Date de sortie en librairies : 15 novembre 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 340
  • Prix : 16,90€
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Le roman à l’origine du film culte

Le film de Rob Reiner a fêté en 2017 ses trente ans, mais peu de personnes savent qu’il est adapté d’un roman de son scénariste, William Goldman, également connu pour son travail sur Marathon Man ou Misery. Bragelonne a eu la bonne idée d’éditer cette oeuvre atypique dans sa collection Bragelonne Stars (Faërie, Conan…) avec ses belles couvertures en simili-cuir, ce qui nous donne l’occasion de la découvrir dans d’excellentes conditions.

Tout d’abord, pour ceux qui ne le sauraient pas, Princess Bride est raconté par William Goldman comme s’il s’agissait de la version abrégée et commentée par lui-même d’un vieux conte florin de près de mille pages. Tout ceci n’est évidemment qu’une fiction. Dans le film, vous vous souvenez peut-être que le grand-père interprété par Peter Falk racontait l’histoire à son petit-fils lorsqu’il est malade et faisait quelques appartés au cours de l’histoire. Ces interventions et digressions sont ici bien plus nombreuses, puisque Goldman, soucieux de nous faire douter pendant un moment de la réalité de cet auteur fictif, S. Morgenstern, se met lui-même en scène en tant que scénariste hollywoodien et romancier ayant effectué des recherches sur le sujet.

Bien entendu, la fantaisie de certains commentaires, et la fait qu’aucun pays répertorié ne s’est jamais appelé Florin, met assez vite la puce à l’oreille sur son invention, même si certaines anecdotes de la vie de Goldman sont bel et bien réelles. Mais Princess Bride le roman, publié en 1973, est intimement lié à ces va-et-vient qui, avouons-le franchement, sont un peu déstabilisants et un peu irritants de prime abord — même si cela aussi, est fait exprès. Dans son rôle de conteur bavard et légèrement imbu de lui-même, le scénariste ne s’est pas retenu, ce qui donne lieu à certains très longs passages au début de l’oeuvre, sans compter une préface de 50 pages pour célébrer les 25 ans de la sortie du roman aux Etats-Unis !

Un conte intemporel raconté de façon moderne

Néanmoins, une fois rentrés dans le coeur de l’histoire — l’histoire d’amour entre la jolie princesse Bouton d’Or et le garçon de ferme Westley — ces digressions se font progressivement plus courtes et plus mesurées. Le grand principe qui dicte la narration de Princess Bride, c’est que le père de William Goldman ne lui avait lu que les “meilleurs passages” lorsqu’il était enfant, c’est-à-dire ceux où il y a amour, action et aventures, en laissant de côté tous les chapitres descriptifs ou introductifs. Cela donne donc un pur conte rempli de nobles sentiments et de rebondissements en tous genres, le tout rempli de l’humour si distinctif que l’on retrouve dans le film. Ainsi, l’écrivain malmène quelque peu ses personnages, et inclue pas mal d’humour sarcastique parodiant le genre sans jamais s’en moquer réellement. Car l’on sent malgré tout qu’il apprécie réellement son histoire et ses personnages, malgré l’aspect simpliste que pourrait revêtir l’histoire à nos yeux modernes.

Princess Bride, après tout, c’est une histoire intemporelle racontée avec légèreté, mais aussi sincérité et qui s’avère drôle et plaisante à lire. Les admirateurs du film seront ravis de retrouver certaines de leurs répliques cultes, mais aussi de nombreuses autres, tout aussi enjouées, et qui n’ont pas trouvé leur chemin jusqu’à l’écran, notamment la déclaration d’amour de Bouton d’Or à Westley avant son départ au début de l’histoire. Passage-clé du film, les Falaises de la Démence sont aussi sans doute le meilleur moment du livre, où le héros fait preuve d’une ruse sans failles face à ses adversaires. On en apprend également bien plus sur chacun d’entre eux, ce qui ne sera pas pour déplaire aux nostalgiques du film.

Au final, Princess Bride le roman est à la fois fidèle à l’image qu’on peut se faire de son adaptation cinématographique, tout en étant indépendant de lui, et donc tout à fait digne d’intérêt, que l’on ait vu celui-ci ou non. Si les digressions de l’auteur peuvent parfois lasser au début, on rentre vite dans l’intrigue et le ton de l’ensemble pour suivre avec délectation les aventures de Bouton d’Or, Westley, Fezzik et Inigo face au comte Humperdinck. A noter également que cette réédition comporte les fragments d’une suite, dans la même tonalité (digressions incluses) et qui étoffe le destin de chacun des héros.

7/10

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