image affiche cyborg 2087Caractéristiques

  • Réalisateur : Franklin Adreon
  • Avec : Michael Rennie, Karen Steele, Wendell Corey, Warren Stevens, Eduard Franz, Harry Carey
  • Genre : Science fiction
  • Durée : 78 minutes
  • Sortie : Octobre 1966

Critique

Pour terminer le tour d’horizon du coffret La guerre des robots (dans lequel figure aussi Le maître du monde, Creation Of The Humanoids et Objectif Terre), quoi de mieux qu’un film totalement méconnu et pourtant séminal au possible ? En abordant Cyborg 2087, on n’approche pas qu’un film de science fiction au budget rikiki et à la direction artistique incertaine, mais aussi l’œuvre qui a servi de base à l’un des grands classiques des années 1980 : Terminator. Car non, James Cameron n’a pas imaginé son scénario en rêvant comme un bambin, comme il l’a répété pendant des années…

Cyborg 2087 débute dans un futur dominé par un régime fasciste, ce dernier maîtrisant le pouvoir télépathique et, donc, la manipulation des masses. Mais un petit groupuscule décide de résister en envoyant leur leader, Garth (Michael Rennie) à travers le temps, direction l’an de grâce 1966. Son but ? Empêcher le professeur Sigmund Marx (Eduard Franz) de révéler la découverte qui, plus de cent ans plus tard, plongera le monde dans le chaos idéologique. Pour arriver à ses fins, Garth va s’entourer de Sharon (Karen Steel) et du docteur Zeller (Warren Stevens), qui l’aideront notamment à se débarrasser d’un système de traceur implanté en lui. En effet, Garth est poursuivi par deux traqueurs, qui feront tout pour l’empêcher de mener à bien sa mission.

image cyborg 2087

Bon, maintenant vous comprenez l’étonnement qui assaille le spectateur tout au long de ce Cyborg 2087 : la situation est plus que proche de celle de Terminator, James Cameron allant même jusqu’à citer deux ou trois plans en passant, comme ça, ni vu ni connu. Bien entendu, cela n’enlève absolument rien à la force du film avec Arnold Schwarzenegger, au contraire même tant ce dernier a sublimé l’œuvre qu’il siphonne en tous points. Car si Cyborg 2087 brille de par sa situation géniale, et sa thématique de la science déraisonnable, on ne peut pas écrire que tout le reste soit d’un niveau qualitatif abouti. Tout d’abord, le manque de moyen se fait cruellement ressentir dans les éclairages, très pauvres et cachant mal des décors très sommaires. Bien entendu, les effets spéciaux sont aussi les victimes d’une production au rabais, même si les plus amoureux du bis (dont votre humble serviteur) n’y verront que peu d’inconvénients au final.

Car Cyborg 2087 c’est surtout un scénario et une rythmique. Le film rutile, ne se retrouve jamais à faire du surplace en attendant qu’un rebondissement n’opère. L’action est certes limitée en terme d’impact, mais elle est toujours présente : une course poursuite contre le fascisme, ici représenté par deux robots à l’apparence humaine (accoutrés sommairement comme des agents de maintenance). Il faut appuyer sur ce scénario signé Arthur C. Pierce (The Cosmic Man), limpide au possible, qui nous transporte jusqu’à un final certes attendu mais logique et plutôt fort sentimentalement. Côté casting c’est sérieux sans plus, heureusement la trogne de Michael Rennie (The Lost World, Dr. Jekyll And Mr. Hyde) apporte un charisme indéniable. Alors certes, Cyborg 2087 aurait du profiter d’un budget plus à la hauteur de ses intentions, mais il est d’un tel intérêt historique que l’on ne peut que conseiller sa découverte au plus vite.

image film cyborg 2087 

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato