Caractéristiques

  • Titre original : A Scandal in Paris
  • Réalisateur(s) : Douglas Sirk
  • Avec : George Sanders, Signe Hasso, Carole Landis, Akim Tamiroff, Gene Lockhart, Alma Kruger
  • Distributeur : Artus Films (DVD)
  • Genre : Policier, Romance
  • Nationalité : USA
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 19 juillet 1946 (USA)

Caractéristiques

  • Titre original : A Scandal in Paris
  • Réalisateur(s) : Douglas Sirk
  • Avec : George Sanders, Signe Hasso, Carole Landis, Akim Tamiroff, Gene Lockhart, Alma Kruger
  • Distributeur : Artus Films (DVD)
  • Genre : Policier, Romance
  • Nationalité : USA
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie originale : 19 juillet 1946 (USA)

Un Vidocq élégant, à l’image de ce film

image scandale a paris

Découvrir un film de Douglas Sirk, c’est toujours un pêché mignon pour n’importe quel cinéphile qui se respecte. Réalisateur prolifique (46 films à son actif, tout de même), spécialisé dans le mélodrame puissant, voilà qu’on en découvre, aujourd’hui, une toute autre facette. Sorti récemment chez Artus Films (Les 5 Survivants, Le fils du pendu, L’étrange Mr Slade), Scandale à Paris adapte le légendaire (mais vrai) récit de Vidocq. Alors, oubliez la mauvaise version signée Pitof, car ici le spectacle se veut à la fois en tous points.

Scandale à Paris s’intéresse à la montée en puissance d’Eugène-François Vidocq. Donc, bien avant qu’il ne devienne détective privé. Né en Prison, Vidocq connaît une jeunesse tumultueuse. Grâce à une bande d’escrocs, il se fait passer pour un sous lieutenant de l’armée de Bonaparte et emprunte l’identité de François Vidocq à une pierre tombale. Grand séducteur, il accède, par le biais de sa connaissance du monde de la pègre, au poste de chef de la sûreté et envisage de cambrioler la banque centrale de Paris…

On pourrait presque penser, après avoir vu Scandale à Paris, que cette œuvre dénote dans la filmographie du grand Douglas Sirk. Bien entendu, la qualité globale rappellera à tout un chacun que le metteur en scène est bien derrière ce résultat hautement estimable. Point de grandes épopées mélodramatiques, ni de situations tirant à fond sur des émotions très ciblées, ici l’on fait face à la somme de plusieurs genres. La vie de Vidocq, romancée ou pas, a cela d’intéressant qu’elle ouvre les possibles, et le réalisateur saisit la chance au bond. Ainsi, on navigue entre récit policier, situations parfois comiques, et une ambiance romantique. Le scénario, écrit par Ellis St. Joseph (quelques épisodes de la série live Batman), d’après les Mémoires de Vidocq, alterne ces sensations, en joue subtilement afin de mieux construire une atmosphère très entraînante.

Un casting quatre étoiles

Cette réussite est aussi dû au casting de Scandale à Paris, très en forme. George Sanders (Crépuscule) crève l’écran, donne à Vidocq une prestance qui imprime l’écran. Il faut le voir mystifier tout son monde, afin d’arriver au poste de chef de la sûreté, nommé par un préfet totalement dépassé par les événements. Autre belle prestation, celle de Gene Lockhart (La Dame du Vendredi), dans le rôle de Richet, dont la femme pas très aimante va connaître un destin tragique. D’ailleurs, il faut bien écrire que si la globalité du métrage s’épanouit dans une tonalité légère, la toute fin nous prend à revers, et distille une vraie dose dramatique assez intense. Car si Vidocq est décrit comme un voyou au charisme saisissant, reste qu’il est un véritable bandit, potentiellement dangereux pour son entourage, ou ceux qui tentent de le stopper. Ses manipulations créeront l’irréparable, et c’est aussi une manière, pour Douglas Sirk, de ne pas donner à son personnage principal un rôle trop beau.

Tourné en studio, Scandale à Paris finit de nous séduire grâce à une mise en scène irréprochable. Point d’effets inutiles, des tailles de plan prudentes mais créant une lisibilité sans fausse note, on fait clairement face au film d’un solide artisan. Pourtant, Douglas Sirk a dû faire face à un scénario très bien écrit, mais multipliant les décors. On sait à quel point les films de studio peuvent parfois se perdre dans des récits aux lieux trop nombreux, mais ici on n’est jamais largué par une transition mal fichue, ou des raccords douteux. Ce qui démontre aussi à quel point le réalisateur pensait son montage en amont, afin de chouchouter une fluidité constante. Notons aussi une volonté de s’échapper de l’exactitude historique, un choix sciemment effectué afin de se concentrer sur les personnages. Voilà donc une œuvre qui divertit avec panache, en soignant les apparats dans les moindres détails. À découvrir sans hésiter !

Retrouvez aussi notre test du DVD, édité par Artus Films.

8/10

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