L’éditeur français nous réserve du tout bon

Dans le secteur du jeu vidéo, les gros rendez-vous sont assez rares pour qu’ils soient soulignés. Le What’s Next, organisé tous les ans par l’éditeur français Focus Home Interactive, fait incontestablement partie de ceux-ci, tant il est l’occasion de découvrir ce que nous mijote cette bien sympathique boîte. Après un millésime 2017 qui aura su nous réserver de bons jeux, on pense notamment à The Surge (qui figure parmi nos grands champions de l’année dernière) et Styx : Shards Of Darkness, 2018 s’avère une année charnière pour plusieurs raisons. Certains jeux, très attendus et montrés depuis quelques années, vont enfin sortir. Autre très belle satisfaction : la très agréable volonté de proposer du neuf, de la nouvelle licence, ce qui fait de Focus un acteur précieux du secteur vidéoludique. Bref, on avait hâte de découvrir le programme… et on avait bien raison.

Vampyr

Certainement le plus surveillé des jeux présentés par Focus cette année, Vampyr est le jeu qui a la pression. En développement depuis des années chez DONTNOD, que vous connaissez sûrement pour la jolie surprise Life Is Strange, le jeu est désormais proche de sa parution. Replaçons rapidement le concept : le joueur incarne le docteur Jonathan Reid, suceur de sang de son état, dans une Londres en proie à la très destructrice grippe espagnole. Il s’agit d’un action-RPG, donc il faut prévoir des combats en temps réel, et des éléments visant à faire évoluer l’avatar. C’est justement ces deux faits qui sont exploités dans un univers prometteur : toute la sève se trouve dans la nécessité (ou non, il y aura aussi moyen de rester pacifique tout du long) de Reid à voir ses capacités augmenter. Pour ce faire, il peut se délecter de l’hémoglobine d’un habitant, et c’est ici que l’esprit DONTNOD intervient.

Car aucune victime humaine ne sera tuée sans que Vampyr ne vous fasse ressentir cette action comme un choix important. Lors de notre présentation, Reid devait retrouver un personnage très important, pour l’histoire, mais aussi pour Londres. Mais ne rentrons pas trop dans les détails d’une histoire qui, clairement, mérite qu’on attende de la parcourir en entier, et concentrons-nous sur les idées de gameplay. Ce protagoniste, une fois retrouvé, nous offrira un choix. Parmi ceux-ci, on peut planter les crocs dans son cou. Mais prenez gare, car les répercussions seront désastreuses sur l’environnement, et si vos pouvoirs en sortiront renforcés, pas sûr que vos tâches deviendront plus aisées, et la peste pourrait contaminer plus de citoyens. Attention, car la qualité du sang des citoyens aura un impact direct dans l’aventure…

Autre gros morceau de cette présentation : les combats contre les Skaal, des vampires aussi mutants que particulièrement féroces. Ici, les impressions sont un chouïa moins enjouées. Vampyr profitera d’un système assez nerveux, et cohérent dans les différents mouvements et compétences de Jonathan Reid. Si les joutes en elles-même ont l’air tout à fait accrocheuses, c’est plus leur contexte qui peut surprendre. Clairement, le jeu est doté d’une atmosphère que l’on peut déjà qualifier de passionnante, et la castagne risque de sortir un peu du trip. Bien entendu, on attendra (impatiemment) de toucher au soft, manette en main, pour émettre un avis définitif. Autre élément rassurant : la technique et la direction artistique. Les esthètes vont aimer cette Londres plongée dans les ténèbres, c’est certain.

Vampyr est prévu pour le 5 juin 2018, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Call Of Cthulhu

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Autre titre particulièrement observé, Call Of Cthulhu s’est montré, lui aussi via une présentation de gameplay. Rappelons qu’il s’agit d’un des (nombreux) projets de Cyanide, studio pour le moins actif, qui s’appuie sur la licence du jeu de rôle lovecraftien, bien connu des amateurs. Le joueur incarne Edward Pierce, un détective qui se rend sur l’île de Blackwater, lieu d’un crime très mystérieux : celui de Myriam Hallows. On fait face à un jeu d’aventure en vue subjective, avec des mécaniques de RPG, dont un arbre de compétences. Mais attention, que ce soit clair : ce qu’on voit, depuis maintenant deux éditions, est sans nul doute un titre axé sur l’enquête. Pas de recherche des codes très à la mode en ce moment, le bébé tentaculaire de Cyanide est bel et bien digne de ce que l’éditeur nous présente, via les différents trailers.

Notre démonstration fut l’occasion de découvrir l’un des piliers importants de Call Of Cthulu : l’atmosphère. La phase de gameplay débutait par l’arrivée de Pierce, en bateau. On a eu de suite le frisson : gros travail sur la direction artistique, avec des insulaires qui en imposent, et un  brouillard à l’effet inquiétant. Au loin, perché sur une falaise improbable, le manoir qui sera le lieu de nos investigations futures. Mais, pour le moment, il a fallu récolter quelques informations, dans un bar qui n’a rien à voir avec votre PMU du coin. Attention à vos choix de répliques (par le biais d’une roue de dialogue), car de bonnes relations seront synonymes de tuyaux bien utiles. La suite menait notre avatar dans des eaux sordides, ce qui nous a valu un coup de frousse : des tentacules fonçaient droit sur nous… avant de s’avérer en fait des algues. De quoi faire grimper encore un peu plus notre niveau d’attente sur ce jeu décidément encourageant.

Call Of Cthulhu est prévu pour 2018, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Greedfall

On n’avait pas encore eu l’occasion de voire tourner Greedfall de nos yeux, c’est désormais chose faite. Le nouveau projet de Spiders (The Technomancer) restait encore mystérieux, même si l’on connaissait déjà les objectifs visés par le studio : un action-RPG au sein d’un univers original et fantastique. On incarne un avatar, nommé De Sardet, qui va devoir se frotter à un véritable nouveau monde, plongé dans une sorte de chaos politique. Car l’endroit est rongé par les mauvaises relations entre les différentes factions, dont des natifs. On pensera évidemment à l’Histoire des États-Unis. À cela s’ajoute une maladie mortelle, le Malichore, qui pourrait bien voir son antidote se situer sur l’île de Greedfall. On le sait, Spiders sait soigner ses univers, d’ailleurs on a été assez impressionné par la direction artistique (moins par la pure technique, mais c’est tout à fait normal à ce stade du développement), très automnale dans les couleurs et le jeux de lumière. Toute la question se situait autour de l’équilibre entre l’action et le RPG, point faible des précédents bébés du studio.

S’il faudra évidemment attendre pour être totalement affirmatif, écrivons que l’on a eu l’impression que l’histoire, en elle-même, force les développeurs de Greedfall à soigner l’aspect jeu de rôle. On trouve là des ficelles classiques mais, vous connaissez l’adage, efficaces : scénario à embranchements, dialogues impactant. Mais c’est surtout l’apport de la diplomatie qui nous a tenu en haleine : donner aux factions ennemies l’envie d’enterrer la hache de guerre, ça ne se fera pas obligatoirement par le biais des combats. La quête dévoilée nous plongeait au cœur d’un conflit qui se sera résolu à la suite de décisions, lesquelles auraient aussi pu foudroyer nos relations avec les compagnons de route. Pour creuser encore du côté du RPG, signalons que les skills seront au nombre de cent, et la durée de vie est, pour le moment, estimée à 45 heures. Les joutes étaient aussi au rendez-vous, et pour le moment elles étaient encore assez perfectibles, notamment dans les chocs, bien trop légers pour impressionner. Mais gageons que Spiders réglera le tir d’ici la sortie de ce titre à surveiller.

Greedfall est prévu pour 2018, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

A Plague Tale : Innocence

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Aperçu l’année dernière par le biais d’une démo d’intention, A Plague Tale : Innoncence a, cette fois-ci, montré du contenu véritable. Ce jeu d’aventure à la troisième personne nous fait remonter le temps, direction 1349, alors que la peste noire décime le continent. On incarne la jeune Amicia, accompagnée de son petit frère Hugo et de l’un peu plus âgé Lucas. Alors que la guerre de cent ans fait rage, les cadavres s’accumulent, ce qui a tendance à exciter les rats plus que de raison. Et l’on touche la spécificité du titre d’Asobo Studio (Fuel) : des rongeurs oui, mais par milliers, et dotés d’un appétit si vorace qu’ils vous dévorent en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.

Un danger très mortel, qui fera hurler de frayeur dans les chaumières, mais bien évidemment il existe un moyen de s’en préserver. C’est ici qu’intervient la mécanique de la source de lumière, et vous aurez deviné qu’en 1349 il n’est pas question d’électricité. Il va donc falloir utiliser le feu pour avancer, alors que la démonstration nous plongeait en plein champ de bataille. Autant écrire que les bestioles grouillantes se pressaient autour des pauvres personnages, qui doivent faire preuve de malice afin de progresser. On a évidemment droit à l’aide de nos compagnons, ce qui nous sort un peu de l’ordinaire. Les rats ne seront pas vos seuls soucis : des soldats ne voient pas d’un bon œil votre présence, et tenteront de vous tuer. Qu’à cela ne tienne : à l’aide de votre fronde vous pourrez viser et éclater la lanterne de ces antagonistes, avant de les voir se faire dévorer sous vos yeux. A Plague Tale : Innocence a encore bien du temps de développement devant lui, on espère que le studio trouvera plein de possibilités pour exploiter un concept de plus en plus intéressant.

A Plague Tale : Innocence est prévu pour 2019, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Insurgency : Sandstorm

On a pu poser les mains sur le projet de New World Interactive, et force est de constater qu’on a beaucoup apprécié. Insurgency : Sandstorm n’est pas un titre sorti de nulle part, il fait suite à Insurgency, qui fut à la base un mod de Half-Life 2. Quelques années après ce beau succès, auprès des amateurs de FPS guerriers à grosse tendance réaliste, voilà que le studio enchaine et… se déchaîne. En effet, cette nouvelle itération est l’occasion de passer à l’Unreal Engine 4, moteur star qui a de suite un impact sur le rendu. On a bel et bien la sensation d’un gap de performances, c’est d’ailleurs la première constatation que le joueur, qui a connu la précédente version, pourra se formuler.

C’est joli, ça bouge bien mais attention car Insurgency : Sandstorm garde les éléments qui en font un jeu si pointu. Ne pensez pas pas courir comme Hermès, ni sautiller comme un dingue sur le modèle de Halo. Non, dans ce jeu multijoueur il faut penser les approches avec les coéquipiers, et ne surtout pas se croire dans Rambo 3. Une balle peut être mortelle, et se dévoiler est souvent synonyme de danger immédiat. Les balles fusent, bon travail sur le sound design, ce qui ne fait que renforcer l’incroyable feeling des armes, parmi les plus convaincants depuis un bon moment. Attention, car il ne faut pas compter sur des aides à l’écran : votre nombre de balles dans le chargeur, par exemple, se doit de vous être connu. Autre absente, la barre de vie n’est pas de la partie, toujours pour renforcer l’impression générale. D’ailleurs, ne comptez pas vous planquer pour vous rétablir : la régénération n’existe pas. Bref, on fait face à un titre pour les fondus de FPS réalistes…

Insurgency : Sandstorm est prévu pour 2018, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

The Council

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Passons rapidement sur ce jeu d’aventure narratif, qui sort le jour de la parution de notre article (MAJ : retrouvez notre test du premier épisode). Certainement la plus belle surprise de ce What’s Next 2018, tant on n’avait pas spécialement le titre du studio Big Bad Wolf dans les radars, The Council a su nous charmer. Pourtant, on fait fait partie de ceux qui ont été lassés par la recette des softs Telltale, c’est dire si le travail des développeurs sait tirer son épingle du jeu. Toute la sève se trouve dans l’intention des développeurs : ne pas s’enfermer dans des codes qui ont fonctionné voilà quelques années, et en apporter de nouveaux. L’enquête de Louis de Richet, qui tire vers le thriller historique (on croise certaines figures réelles), nous conduit vers le manoir de Lord Mortimer, où le personnage compte bien retrouver la trace de sa mère disparue.

Ici, pas de sensation d’être aux commandes d’un film interactif. Il y a certes des dialogues à la pelle, mais ils sont le prolongement de ce que The Council veut nous faire vivre, manette en main. Les phases de gameplay font intervenir plusieurs mécaniques : choix d’une classe, et amélioration du personnage via un arbre de compétences. Mine de rien, cet aspect RPG change la donne, et mène vers des situations qui seront gérées différemment, selon l’évolution du protagoniste principal. Aussi, on a raffolé des joutes verbales, échange d’amabilités plus importantes que d’habitude. Il va falloir gérer des points d’action, mais aussi faire attention à la personnalité de votre adversaire. On vous en reparle tout bientôt, dans un test plus précis.

The Council épisode 1 est disponible, sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

D’autres jeux étaient montrés à la presse, comme Necromunda, Masters Of Anima et Battlefleet Gothic Armada 2, ces trois-là prouvent par ailleurs que le lien entre Focus et Games Workshop est toujours aussi solide. Enfin, Farming Simulator 19 avait aussi droit à une présence, certes limitée car sans présentation de gameplay, mais tout de même informative quant aux nouveautés à prévoir côté technique.

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