[Critique] La nuit des clowns tueurs : drôle mais peu effrayant

Caractéristiques

  • Titre original : The Night Watchmen
  • Réalisateur(s) : Mitchell Altieri
  • Avec : Ken Arnold, Dan DeLuca, Kevin Jiggetts, Kara Luiz, Max Gray Wilbur
  • Distributeur : Program Store
  • Genre : Comédie, Horreur
  • Nationalité : USA
  • Durée : 80 minutes
  • Date de sortie : 5 décembre 2017 (Vidéo)

Des clowns qui ont les dents longues

Votre humble serviteur a un aveu à vous faire : il ne comprend pas , et ne comprendra sûrement jamais, l’hystérie autour des clowns. Oui, OK, certains foutent vraiment la pétoche, surtout à cause de nos propres hantises : il est facile de voir, en un être beaucoup trop souriant, un véritable psychopathe en puissance. Tendance qui, de plus, a connu une sorte d’évolution avec un livre comme Ça, véritablement effrayant, contrairement au téléfilm et la récente adaptation cinématographique. On pourra ajouter le cas tristement célèbre de John Wayne Gacy, tueur en série connu sous le sobriquet du « clown tueur ». Mais bon, de là à créer l’hystérie dans les rues, il y a plus qu’un pas que notre époque parfois débilesque était bien capable de franchir. Devenus populaires malgré eux, ces joyeux-mais-tristes-sires ont droit, comme les zombies, les vers, ou encore les sangsues, à leur nuit filmique.

La nuit des clowns tueurs est ce genre de film qui connaît parfaitement ses limites, qu’elles soient artistiques ou budgétaires. Et comme tout ce qui est maîtrisé, l’œuvre sait exactement comment dépasser sa condition. Ici, le scénario installe hyper rapidement les personnages, le contexte, la problématique. Rapidement, mais pas par-dessus la jambe : le réalisateur Mitchell Altieri, que nous découvrons à l’occasion (et qui a co-signé certains de ses efforts avec Phil Flores, sous le pseudonyme de The Butcher Brothers, tout un programme), mène son introduction tambour battant, et c’est une bonne chose. Trois veilleurs de nuit accueillent un petit nouveau, ancienne petite star du rock. Quelques jours auparavant, le clown Blimpo est mort, ainsi que le restant de son cirque, lors d’une tournée en Roumanie. La nuit tombe à peine que des convoyeurs (très) stupides se plantent dans leur livraison, et planquent le cercueil dans l’immeuble de nos veilleurs, avec leur approbation intéressée, un sachet d’herbe-qui-fait-rire à la clé. Seulement, le mort ne l’est pas vraiment. Et il a les dents longues…

Une bonne petite série B sans prétentions

imagee nuit clowns tueurs
Une belle équipe de bras cassés !

C’est dingue comme les films qui ont pour personnage principal un (ou des) veilleur de nuit sont, en général, de bonnes expériences. Sans s’avérer un très bon film de genre, La nuit des clowns tueurs jouit d’un véritable surplus de personnalité, grâce à la situation de ses protagonistes. C’est d’ailleurs si vrai qu’on ne cesse de se dire, pendant quelques temps, qu’il est dommage que l’effort tende beaucoup plus vers la comédie que l’horreur. Impression qui ressort aussi quand, au détour d’une des nombreuses séquences d’action urgente, les personnages cavalent dans ces couloirs que tout le monde peut s’approprier, de par leur caractère commun. C’est ici que le massacre aura lieu, et il s’appuie sur un mélange malicieux : le vampire, et le clown. Le Bozo alpha de l’histoire, libéré de son cercueil par un patron sexuellement déviant, va créer bien des disciples, mais sans nez rouge pour eux.

Malgré un rythme trépidant et fort efficace, La nuit des clowns tueurs pourra parfois enquiquiner le spectateur, sa propension à la vanne ne se posant aucune limite. Du coup, on se retrouve avec des passages un peu craignos, comme celui qui voit l’un des personnages demander à son collègue, qu’il soupçonne d’être un vampire, de lui prouver son humanité en dansant. Stupide. Aussi, les pets post-mortem des monstres, c’est rigolo une fois à la limite, mais pas douze. Un humour parfois lourd, mais qui tout de même fait mouche la plupart du temps, sans que les zygomatiques ne soient mis à l’épreuve pour autant. Quand aux suceurs de sang, leur maquillage peut parfois faire vraiment cheap. Par contre, les effets gores sont plutôt efficaces, même si l’ensemble reste assez inoffensif de ce côté. Enfin, les acteurs s’en sortent plutôt bien, avec une mention pour Ken Arnold, vu auparavant dans un tout petit rôle sur Men In Black 3, et qui parvient à rendre la stupidité de son personnage bien comique. La nuit des clowns tueurs saura surtout parler aux amateurs de comédies horrifiques, qui recherchent une bonne petite péloche pour meubler une morne soirée.

6/10

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