[Critique] Le Grinch : Une adaptation très Chou

Caractéristiques

  • Titre original : The Grinch
  • Réalisateur(s) : Scott Mosier & Yarrow Cheney
  • Avec : (les voix originales de) Benedict Cumberbatch, Pharrell Williams, Cameron Seely et Rashida Jones (et les voix françaises de) Laurent Lafitte, Nicolas Marié et Lior Chabbat...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Genre : Animation, Famille
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 1h26
  • Date de sortie : 28 novembre 2018

Une nouvelle adaptation animée aux jeux de mots irrésistibles

Après son adaptation live par Ron Howard en 2000, qui avait divisé le public, Le Grinch est de retour sur grand écran pour Noël. Cette fois-ci, c’est le studio d’animation franco-américain Illumination qui a tenté de retranscrire à l’écran l’humour et la magie du conte du Dr. Seuss, et le résultat devrait enchanter les enfants, mais aussi (au moins dans une certaine mesure) les adultes.

Pour commencer, si le film dure près d’1h30 (la nouvelle originale illustrée ne compte que 64 pages) et possède une voix-off omniprésente, celle-ci a été écrite par le co-scénariste Tommy Swerdlow, qui a trouvé de nouvelles rimes et jeux de mots dans l’esprit du célèbre auteur jeunesse, pour un résultat proprement bluffant en V.O..


Le jeu sur les sonorités, la prononciation et les répétitions est bien là dans toute son inventivité, et merveilleusement bien servi par l’interprétation drôle et punchy de Pharrell Williams (un habitué des studios pour la musique), tandis que la mauvaise humeur du Grinch et ses trésors de mauvais esprit revêtent l’élégance machiavélique de Benedict Cumberbatch, plus connu pour son rôle dans la série Sherlock ou le Marvel Cinematic Universe (Avengers : Infinity War), et qui prend ici un accent transatlantique. Si vous emmenez des enfants voir la VF, c’est la voix de Nicolas Marié (9 mois ferme) qui vous contera l’histoire du Grinch, doublé par Laurent Lafitte.

Une histoire étoffée qui respecte l’esprit du conte de Noël du Dr Seuss

image le grinch face à chouville neige film illumination
© Universal Pictures France

Du point de vue de la narration, Le Grinch version Scott Mosier et Yarrow Cheney étoffe la fable originale tout en respectant son esprit : on apprendra ainsi pourquoi le Grinch déteste Noël, et l’on verra ce qu’il se passe à la toute fin, là où Dr. Seuss interrompait son histoire. La narration de l’auteur américain étant assez elliptique,  les scénaristes ont repris les différents éléments présents et les ont développés. Ainsi, la relation entre le Grinch et son chien Max (le seul être qu’il apprécie) devient centrale, et le personnage de la petite Cindy Lou devient important dès le départ, tandis que l’on fait désormais connaissance avec sa Maman.

image le grinch et son chien max à l'orgue film illumination
© Universal Pictures France

Sur le fond, ce travail d’adaptation est de toute beauté et met en avant les valeurs prônées par Theodore Seuss Geisel, que sont la solidarité et la joie de passer les fêtes ensemble, qui constituent le cœur de l’esprit de Noël. Dans la forme, on regrettera un tant soit peu que le studio Illumination s’auto-plagie, le personnage de Cindy Lou étant un simple copier-coller de celui d’Agnès dans la saga Moi, Moche et Méchant. D’autres éléments rappellent également la licence-phare du studio. Si nous apprécions l’univers des Minions, qui possède sa petite dose de mauvais esprit, il nous a malgré tout semblé que le film tombait parfois dans la facilité de ce côté-là, notamment lorsque le Grinch effectue sa gym matinale pour se préparer à ses méfaits. Si ce genre d’éléments avaient tout à fait leur place dans les précédents films d’Illumination, on peut aussi y voir une manière d’attirer les ados et préados dans les salles obscures avec des recettes dans l’air du temps et un humour passe-partout.

Entre humour féroce et tendresse

image le grinch essouflé contre porte arrivée chouville film illumination
© Universal Pictures France

Néanmoins, hormis cette petite réserve et quelques longueurs de-ci de-là, le duo de réalisateurs a su donner vie à Chouville et au Grinch avec un brio certain, un profond respect pour l’oeuvre de Seuss, mais aussi une vraie tendresse. Qu’il s’agisse de l’ouverture musicale où le héros est littéralement poursuivi par des chants de Noël, ou de la très belle fin, Le Grinch a plus d’un tour dans son sac et fait rire autant qu’il émeut. L’animation du studio Illumination (réalisée en France) reste exemplaire et les décors nous font véritablement rentrer dans l’univers de cette jolie fable, même si les couleurs sont peut-être un poil trop flashy par moments.

Respectueux de l’oeuvre du Dr. Seuss et souvent inventif, ce Grinch version 2018 est globalement une bonne surprise, malgré quelques petits « défauts » que remarqueront surtout les adultes, sans que cela gâche nécessairement leur plaisir. Un bon prétexte pour passer un après-midi en famille (ou entre amis) à l’approche des fêtes ! A noter que le film est précédé d’un court-métrage (réussi) des Minions, où les petits personnages jaunes tentent une évasion pour le moins originale…

6/10

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