[Test] Etrian Odyssey Nexus : de bons adieux à la Nintendo 3DS

Caractéristiques

    • Nintendo 3DS
  • Développeur : Atlus
  • Editeur : Deep Silver
  • Date de sortie : 5 février 2019
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Un dernier tour de piste très soigné

image etrian odyssey nexus
Votre première rencontre est aussi l’une des plus importantes.

Quelle productivité, pour la licence Etrian Odyssey ! Si le premier opus est sorti sur Nintendo DS en 2007 (2008, en Europe), ce sont pas moins de neuf itérations qui ont pris la suite. La raison de ce succès ? Tout d’abord, le fait que le genre Dungeon-RPG, et plus particulièrement le sous-genre Dungeon crawler (que l’on a abordé dans les tests de The Lost Child, ou Labyrinth of Refrain : Coven Dusk) a tendance à séduire un public certes loin d’être très large, mais particulièrement appliqué à la découverte de nouvelles propositions. On fait face à ce qu’on peut sans mal appeler un phénomène de niche, mais assez suivi pour que l’offre puisse suivre. La série ici abordée fait clairement partie des plus choyées, et elle ajoute à ses qualités ludiques le doux cocons des consoles portables. Car, après la DS, c’est la 3DS qui a assuré l’accueil des différents opus. Celui que nous testons aujourd’hui est spécial : il s’agit du dernier, du moins sur cette plateforme.

Intitulé Etrian Odyssey X au Japon, sous-titré Nexus sous nos latitudes, le soft se veut une sorte de menu best of savamment dosé. Et ce aussi bien du côté du gameplay que de l’histoire. Cette dernière est très typique de tout ce que la licence nous a offert jusqu’à ce jour Pas question de faire passer le scénario pour un simple prétexte : on a droit à des problématiques prenantes, des personnages profondément écrits, et un univers riche. Il manque peut-être un souffle épique, surtout dans le premier tiers, mais rien de bien grave. Le joueur incarne un héros, récemment arrivé à Maginia, une cité volante en pleine émulsion. En effet, la princesse Perséphone vient d’autoriser les recherches sur Lemuria, territoire de l’arbre d’Yggdrasil, afin d’en extirper les secrets les plus enfouis. Une situation qui ne manque pas de se complexifier juste ce qu’il faut, notamment avec les rapports politiques tendus, entretenus avec les voisins. Certes, on ne joue pas à ce soft que pour son récit, loin de là, mais on ne peut que saluer, comme d’habitude chez les Etrian Odyssey, la très bonne qualité de cet enrobage généreux. Seul petit regret : les sous-titres ne sont disponibles qu’en anglais.

Etrian Odyssey Nexus est un Dungeon Crawler. Rappelons ce qu’est ce sous-genre. Né dans les années 1980, avec des jeux comme l’incontournable Dungeon Master, il aura très vite su convaincre les amateurs forcenés de jeux de rôle version papier, mais aussi les explorateurs en herbe. Sa spécificité tient surtout à sa vue, et à son mode de déplacement : à la première personne, et en case par case. Ce qui facilite, vous l’aurez compris, la cartographie des différents lieux traversés. C’est, ici, l’un des codes les plus savoureux, de notre point de vue : visiter, c’est mieux connaître, et ainsi progresser de manière palpable, afin de mieux terrasser les monstres des environs. Le sous-genre a évolué, avec le temps, et a su profiter de différents points de vue. Avec Atlus, studio japonais parmi les plus talentueux (Persona 5, c’est eux), on peut compter sur un gameplay qui gagne en précision, et même en petits brins de folie.

Le contenu se révèle gigantesque

image gameplay etrian odyssey nexus
Entre combats et exploration, vous allez avoir de quoi faire…

Comme nous l’écrivions plus haut, Etrian Odyssey Nexus se veut une réunion de tout ce que la série a su installer. Alors que l’on débarque à Maginia, il va falloir former votre guilde, après lui avoir trouvé un nom. Les excursions à Yggdrasil se font en groupe, avec cinq de vos combattants, et leur création est de votre entière responsabilité. Pour ce faire, vous pouvez compter sur pas moins de dix-neuf classes. Un chiffre hallucinant, et même justifié. Car Atlus s’adresse tout autan aux joueurs qui iront au plus simple (une première ligne peuplée de sacs à PV, tandis que la seconde regroupe magiciens et guerriers à distance), que ceux qui voudront creuser. Par exemple, savoir utiliser à la perfection les Highlanders (non, pas la bande à Christophe Lambert, mais des professionnels de la lance) pourra s’avérer assez difficile, mais très récompensant en terme de puissance, surtout dans la deuxième moitié du jeu. Si le soft sait vous laisse toute possibilité de forger votre propre style, on se doit tout de même de vous conseiller de ne pas sous-estimer l’utilité des Famers. Leur utilité au combat approche le néant absolu, mais qui pourra prévenir les dangers, augmenter l’expérience reçue, et même iront chercher des items pour vous. Essayer d’en développer un à bon niveau, vous ne serez pas déçus.

Si l’on remarque l’absence des races, feature pourtant sympathique dans Etrian Odyssey 5, cet épisode Nexus a tout de même de quoi vous renverser, côté contenu. Outre les lieux habituels (magasin, bar, guilde, etc), c’est un nombre incalculable de quêtes annexes, d’étages à atteindre, de boss à rosser, d’armes de haut niveau à obtenir, qui vous attend. Pour cela, il faudra, bien entendu, se défaire d’ennemis, assez grouillants dans cet opus, et parfois différents selon le cycle du jour et de la nuit. Rappelons que le système est un bon tour par tour, sur lequel viennent se greffer quelques légères subtilités. On pourra compter sur les commandes classiques (attaque, défense, utilisation d’objet, compétence), mais aussi sur le Force boost. Plus vous combattez, plus une jauge se remplit, laquelle vous permet de profiter de bonus, dont un coup spécial aux dégâts colossaux. De quoi vous sortir de certains mauvais pas, soyez-en certains. Bien entendu, remporter une bataille vous accorde de l’expérience, afin de monter en niveau. Et, à chaque palier atteint, point de compétence est à dépenser dans l’arbre adéquat. Classique, mais toujours efficace. Sachez, enfin, que la cartographie se fait toujours de manière manuelle, par le biais de l’écran tactile. Le level design, d’ailleurs, exploite ce recours à la notation, en réservant bien des secrets.

Etrian Odyssey Nexus impressionne de par sa durée de vie. Si les plus pressés, du genre à se contenter de l’histoire principale, pourront s’en tirer avec un peu moins de soixante heures de jeu, les plus jusqu’au-boutistes dépasseront la centaine. Et cela dans le mode de difficulté Normal (allez faire un tour dans les options, si le challenge vous rebute). Un constat relevé d’une autre grosse satisfaction, concernant la partie technique. Bien entendu, la Nintendo 3DS est arrivée au bout de sa vie, et ne nous réserve plus de gap visuel depuis un moment. Mais tout de même, entre les illustration sublimes, les jeux de lumière, les environnements, on a de quoi se dire que cette petite console portable est, décidément, une plateforme étonnante. Quant aux musiques, toujours signées par l’indéboulonnable Yuzo Koshiro (compositeur notamment de Street of Rage 2, donc respect éternel), elles contribuent grandement à la belle personnalité de l’ensemble, avec des thèmes qu’on prendra plaisir à écouter, même en-dehors de nos parties.

Note : 15/20

Etrian Odyssey Nexus signe la fin de la licence sur Nintendo 3DS, et en profite pour atteindre une bonne place parmi les opus les plus convaincants. Si l’on pense la revoir prochainement sur une autre plateforme (toujours chez Nintendo), c’est aussi parce que cet épisode confirme à quel point la licence est sur de bons rails. Il faudra, peut-être, insuffler une dimension supplémentaire en terme de récit épique, mais en l’état on ne peut que souligner les qualités ludiques de l’ensemble. Grâce à sa cartographie hyper agréable, ses combats qu’on aime répéter à l’infini, sa technique au top pour cette plateforme, on embarque pour une épopée potentiellement longue d’une centaine d’heures, et ce n’est pas rien. Dommage, simplement, qu’Atlus n’accompagne pas le tout de sous-titres en français. Mais voilà qui ne saurait vous détourner de ce titre à déguster.

7/10

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