[Edito] State Of Play : une troisième édition assez fade

Un State Of Play qui m’a déçu

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Hier soir, le 24 septembre 2019 pour être très précis, se déroulait le troisième State Of Play, un programme pré-enregistré lancé par PlayStation, un peu sur le même modèle que le Nintendo Direct. Une bonne idée, certes peu populaire chez les journalistes spécialisés, qui atteint directement les joueurs sans passer par la case des médias. Et bim, ubérisés ! Bref, ce rendez-vous était non pas attendu, mais fichtrement désiré. Car il ne s’agissait pas de n’importe quel State Of Play : c’était celui qui venait juste après un E3 duquel le constructeur était absent, pour la première fois depuis vingt-quatre ans et son arrivée fracassante dans l’industrie du jeu vidéo. Alors, c’était bien ? Si vous avez lu le titre, vous savez déjà que j’en sors déçu, et pas qu’un peu. Sachez que l’intégralité des trailers figurent dans cet article, en cours de lecture ou après la conclusion.

Il faut revenir sur le contenu de ce troisième State Of Play. Tout a commencé par l’annonce la plus excitante du lot : Humanity, par le studio japonais Enhance Games, à qui l’on doit la réussite éclatante de Tetris Effect. Si le concept reste encore très cryptique, on sait simplement qu’il faudra manipuler des masses très importantes de population, et les faire combattre contre des grands groupes d’humains armés, j’ai tout de même senti un brin d’excitation. C’est assez typique de ces jeux PlayStation un peu déjantés et originaux dans l’esprit, comme Patapon et autres Lumines. J’adhère, même si j’attends d’en savoir un peu plus à propos des mécaniques. Sortie prévue courant 2020, sur PlayStation 4 et compatible PlayStation VR.

Ensuite, ça se gâte. Oui, Call Of Duty est une licence populaire, et ce Modern Warfare reste surveillé de près, donc il faut tenir les joueurs informés avant la sortie. Je comprends la démarche. Mais c’est le genre de jeu qui peut être mis en avant à tout moment par son éditeur, Activision en l’occurrence. Un story trailer, seriously ? Et long en plus… Pas passionnant pour deux sous à mes yeux, je n’en retiens rien. Aller, les fans qui possèdent une PlayStation 4 peuvent tout de même se réjouir : le Special Ops Survival Mode sera disponible tout d’abord sur la console de Sony Interactive Entertainment. Le jeu, lui, sortira le 25 octobre 2019.

Wattam n’est pas une véritable annonce, puisque dévoilé voilà quelques temps. Mais revoir un jeu du trop rare Keita Takahashi est un ravissement, le second de ce State Of Play. L’une des phrases les plus intéressantes de cet auteur est : « J’essaie toujours de créer un jeu qui fasse remarquer aux gens à quel point notre vie ordinaire est agréable ». Et, effectivement, j’ai ressenti ça dans la vidéo dévoilée. Le style si particulier du créateur de Katamari Damacy répond présent, aussi bien du côté visuel que sonore. Après, pour le gameplay, ça reste évasif. Il faut connecter les personnages entre eux, et ce sera jouable en solitaire ou en coopération. Curieux de mettre la main dessus, et pour ça il faut attendre décembre 2019, sur PlayStation 4 et PC.

Autant être clair de suite, ce fut après ça un long tunnel, pour ma part. On commence par la caution émotion déprime de ce State Of Play, Arise : A Simple Story. On incarne une sorte de vieux viking tout mou, qui se réveille dans les limbes, après avoir été jeté au bucher. Il va falloir traverser différents environnements, et revivre les moments importants de cet avatar. Je ne le cache pas : je n’en peux plus de ce genre de titre à moitié indé (c’est édité par Techland), qui tente de vous rendre dépressifs. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai refusé de tester le récent A Sea Of Solitude. De manière totalement subjectif (on peut ne pas être d’accord, aucun souci), pour moi le jeu vidéo doit me donner du peps, de la patate. Me faire flipper, me donner de l’action, du suspens, me demander de la réflexion aussi, et pourquoi pas m’émoustiller avec des personnages inconcevables partout ailleurs. e ne veux pas sortir d’un jeu avec le moral en berne. Ce genre de soft cherche à créer des hordes de Droopy catatoniques, tous plus tristes les uns que les autres. Ce n’est pas pour moi, même si j’essaierais sans doute, juste parce que j’aime la neige. La sortie est prévue pour le 3 décembre 2019, sur PlayStation 4.

Humanity, la seule vraie surprise

Puis là j’ai eu un instant de frétillement. Ça a duré une demie-seconde, mais que c’était bon : le logo Rockstar est apparu à l’écran. Bully 2 ? GTA 6 ? Agent le retour ? Que nenni, rangez donc tout espoir, c’est L.A. Noire The VR Case Files. Alors dans les faits, c’est une belle sortie, qui me séduit quand même pas mal. J’aime la réalité virtuelle, j’ai adoré L.A. Noir, et sortir le PlayStation VR m’enchante : c’est pour moi l’une des plus belles réussites récentes de PlayStation, carrément. Mais bon, j’attends plus d’un State Of Play, surtout que le titre est déjà disponible sur PC depuis un moment. Il vous permet de revivre l’aventure, modifiée pour tout de même être supportée avec un casque, donc moins longue. Pour y jouer, c’est à partir de là, maintenant, tout de suite.

Voilà qui a lancé une petite page consacrée au PlayStation VR. Rien de bien folichon, d’ailleurs c’était assez court. Je retiens surtout Space Channel 5 Kinda Funky News Flash (sortie prévue pour l’automne 2019), en grand fan d’Ulala que je suis. Aussi, Stardust Odyssey m’a interloqué positivement, avec sa science fiction très typé Moebius. À surveiller.

Malheureusement, l’annonce de la démo de Medievil a été maladroitement dévoilée quelques heures avant le State Of Play. J’écris « malheureusement » car, contrairement au quasi-ensemble de la presse spécialisée, je suis attiré par ce remake. Notamment parce qu’il tente de garder les sensations de l’époque, même si les contrôles sont devenus aujourd’hui assez raides. Moi, en 1998, j’étais champion du monde et fan de Sire Daniel Fortesque, et de cet univers burtonesque. Du coup, après avoir rédigé cet article, je fonce sur cet essai, et j’espère que vous en ferez tout autant. D’ailleurs, en y jouant jusqu’au bout vous pourrez débloquer son casque, un ajout cosmétique pour la version finale. Belle initiative, c’est à relever. Sortie prévue le 25 octobre 2019, exclusivement sur PlayStation 4. Parfait pour Halloween !

C’est un peu ahuri qu’on a assisté à l’annonce, en grande pompe, du débarquement de Sid Meier’s Civilization VI sur PlayStation 4. Oui, c’est la première fois que cette très solide licence se pose sur une console PlayStation, mais on va attendre de voir ce qu’il en sera de l’ergonomie des menus. Les DLC Rise & Fall et Gathering Storm ne sont même pas inclus, il faudra les acheter en bundle… Sortie prévue pour le 22 novembre 2019.

« Ah enfin, du Death Stranding hell yeah ! », me suis-je exprimé tout seul devant mon PC. L’image est un peu pitoyable, mais il faut bien dire qu’il s’agit du jeu que j’attends le plus pour cette fin de génération, de celui en qui je mise tous mes espoirs. Hideo Kojima n’est pas qu’un auteur de génie, c’est aussi un game designer hors pair, capable de distiller des mécaniques venues de nulle part en plein milieu d’un récit riche en thèmes, et parfois en délires plus ou moins sérieux. Bon, l’annonce d’une PlayStation 4 Pro (et sa manette) aux couleurs du titre a de quoi titiller notre porte monnaie. Mais on attendait peut-être un peu plus de matière, même si je ne vous cache pas que je prends soin de ne pas me spoiler : je n’ai pas regardé les vidéos du Tokyo Game Show 2019, par exemple. Sortie prévue le 8 novembre 2019, exclusivement sur PlayStation 4.

La date de sortie de The Last Of Us Part II dévoilée

Il fallait avoir les épaules solides pour prendre la suite. Une mission pas franchement relevée par Afterparty, jeu indépendant signé par Night School Studio. Je n’ai pas suivi le développement de ce soft, donc c’est l’occasion de prendre le wagon en marche. Et je n’ai rien compris au principe, au gameplay. Oui, l’ambiance a l’air intéressante, il est question de mettre des mines au Diable lui-même, à grand coup d’alcools, afin de sortir des Enfers. Chouette, mais je suis resté hermétique : je dois comprendre ce que j’ai en face de moi, quand je regarde un trailer basé sur autre chose que l’histoire. Et ce n’était pas le cas. Sortie prévue le 29 octobre 2019.

Puis une parenthèse afin de dévoiler les jeux PlayStation Plus pour ce mois d’octobre. Il s’agira de MLB The Show 2019 (et comme j’aime le baseball, j’en suis ravi), et The Last Of Us Remastered.. Transition toute trouvée pour…

The Last Of Us Part II bien sûr ! Bon, là ça va cliver : je suis au bord du raz-le-bol concernant la recette Naughty Dog, et la licence The Last Of Us ne m’intéresse pas jusqu’ici. Ne me tapez pas, j’ai même eu du mal à terminer le premier opus. D’ailleurs, c’est le cas depuis plusieurs jeux de ND. Uncharted 3 était raté dans son rythme. TLOU m’ennuyait profondément dans ses mécaniques. Uncharted 4 a bien failli me tomber des mains, avec son héros qui ne veut pas vivre cette aventure. Uncharted Legacy, que tout le monde a oublié, se rapprochait sérieusement de la ligne rouge. Oui, les premières vidéos de TLOU Part II sont bluffantes, techniquement. Mais je ne suis pas du genre à me contenter de ça. Tout d’abord, le focus sur les préférences sexuelles de l’héroïne, genre « regardez-nous, on est trop gay-friendly », c’était lourdingue. Lesbienne ou pas, on s’en cogne royalement. Bref. Il aura fallu du temps pour en venir au fond du soft : le gameplay. Et moi, je continue de voir un Tomb Raider en plus beau. Certes, ce nouveau trailer met en avant des phases qui ont piqué mon intérêt, comme celle du cheval. Mais c’est trop peu pour me rassurer. Qu’on soit clair, le titre sera sûrement grandiose, d’ailleurs je le découvrirais avec plaisir d’un point de vue professionnel. Mais il ne m’attire pas, tout simplement. La grosse news, c’est la date de sortie : le 21 février 2020, exclusivement sur PlayStation 4.

Et c’est sur cette révélation que le troisième State Of Play s’est achevé. Un « one more thing » ? Tu parles Charles, que dalle. À froid, on peut tout de même écrire que PlayStation a joué la sécurité, en pariant sur des jeux qui représentent pas mal l’ADN du Sony Interactive Entertainment actuel. Mais ça ne suffit pas, très loin de là. Pourquoi ? Mais parce qu’il s’agissait, quelque part, de la conférence dont les joueurs ont été privés à l’E3 2019 ! Rappelons que PlayStation n’y était pas, et nous donnait rendez-vous pour cet événement. Pas une annonce d’envergure, rien, on navigue clairement à vue, sans ne rien projeter. Et c’est bien là le drame : mis à part le mystérieux Humanity, tout avait déjà été annoncé. Bien entendu, on sent que les munitions seront tirées pour l’annonce de la PlayStation 5 (pour le prochain State Of Play ?), mais tout de même… C’est un vrai échec de communication, car cela donne l’impression que cette fin de génération va être très longue sur PlayStation 4, alors même que ce ne sera pas le cas. Death Stranding et The Last Of Us Part II, pour ce qui a été montré (on ajoute bien évidemment Final Fantasy 7 Remake, et quelques autres), ce n’est pas rien.

En conclusion, je ne suis pas certain que Sony Interactive Entertainment ait bien compris l’intérêt de cette forme de communication. D’ailleurs, on retrouve ce manque de maitrise qui, jadis, entourait les premiers Nintendo Direct. Chez la bande à Mario, la digestion est effectuée depuis un moment, et l’on a parfois de bien belles surprises, des trucs hors du commun, du spectacle. Comparer la révélation très morose d’Arise : A Simple Story à celle, totalement folle, de Deadly Premonition Origins et de sa suite, c’est cruel. Quelle déception, qui ouvre un boulevard à Microsoft et son Inside Xbox de ce soir…

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