[Critique] Midway : Biopic à batailles navales

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Roland Emmerich
  • Avec : Ed Skrein, Patrick Wilson, Luke Evans, Aaron Eckhart, Nick Jonas, Darren Criss, Keean Johnson, Mandy Moore, Dennis Quaid et Woody Harrelson.
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Genre : Action, Historique, Guerre
  • Nationalité : Américain
  • Durée : 139 minutes
  • Date de sortie : 6 novembre 2019

Trop de personnages et pas assez d’émotions

Quand on parle de Roland Emmerich, on pense très souvent aux scènes de destruction dans ses films qui lui ont valu le surnom de Master of Disaster. De Stargate à 2012 en passant pas Independence Day, Godzilla ou Le Jour D’Après, le réalisateur a prouvé qu’il pouvait montrer des scènes de destruction massive que Michael Bay pourrait lui envier. Alors, après l’échec critique et public d’Independence Day : Resurgence, Emmerich devait une nouvelle fois prouver qu’il pouvait au moins faire un film correct tout en gardant les codes du blockbuster.

Pour cela, il décide de revenir à un genre qui lui avait valu une meilleure presse avec The Patriot : le film historique. Midway raconte donc comment après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway. L’amiral Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton, qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit.

Wes Took signe ici son premier scénario pour un long-métrage. Il est le scénariste et producteur des série Colony et Jean-Claude Van Johnson. Premier problème dans celui-ci : il y a trop de personnages. On doit suivre tout au long du long-métrage au moins sept personnages. Si l’on passe aisément, il faut le reconnaître, d’un point de vue à un autre, le problème est que l’on ne peut pas s’attacher aux protagonistes. Résultat : les moments d’émotion ne fonctionnent pas. C’est LE gros problème du scénario.

Autre point faible : l’une des trames narratives n’a rien à faire dans le film — celle du colonel Doolittle — si ce n’est pour montrer ce que font les Japonais en Chine mais qui n’a donc rien à voir avec Midway.

Si l’on passe sur ces points négatifs, le reste du scénario est correct. C’est une course contre la montre après la débâcle de Pearl Harbor. On sent que l’urgence se fait sentir. Il y a aussi un gros travail de recherche sur l’époque, sur les personnages, mais aussi sur les différents points de vues. Car oui, grosse surprise, nous n’avons pas que le point de vue des Américains, mais aussi celui de Japonais. Un très bon point.

Enfin, on découvre que les renseignements sont aussi à l’honneur dans ce film avec le personnage de Layton. Ceux-ci ont été précieux lors de la Seconde Guerre Mondiale et trop peu montrés à  l’écran. Nous avons donc là un scénario avec ses faiblesses, mais aussi de bonnes surprises, et qui colle le plus possible à la réalité historique.

Une réalisation intense, mais quelques SFX ratés

image ed skrein midway

Côté réalisation, Roland Emmerich s’en sort beaucoup mieux que sur Independence Day: Resurgence. Il donne de l’intensité à ses scènes de batailles. Le reconstitution de l’époque est soignée et on ne se perd pas dans les différents lieux de l’action (et pourtant ils sont nombreux). Il reste aussi proche de ses personnages pour montrer le côté humain lors des scènes d’action. C’est donc globalement positif s’il n’y avait pas certains effets-spéciaux ratés. Il est vrai que le budget de 60 millions de dollars ne permet pas des folies mais, dans ce cas, il faut réduire les scènes à SFX pour éviter certains gros ratages.

Le montage est rythmé, sans temps mort, du coup, les quasi 2h20 passent sans ennui. La musique de Harald Kloser et Thomas Wanker permet également une bonne immersion dans le film. Enfin, il faut louer la qualité de la reconstitution des décors et des costumes, qui nous plongent parfaitement dans l’époque du film.

Côté casting,  Ed Skrein (Deadpool) s’en sort plutôt bien en lead dans le rôle du pilote Dick Best. Il apporte une intensité bienvenue à son personnage. Patrick Wilson (Aquaman) offre une performance très correcte dans le rôle de Layton. Keean Johnson, dans le rôle de James Murray, s’en sort mieux que pour sa prestation  dans Alita: Battle Angel, ce qui est déjà pas mal. Luke Evans (La Belle et la Bête), Aaron Eckhart, Nick Jonas (Jumanji: Bienvenue dans la jungle), Darren Criss, Mandy Moore, Dennis Quaid et Woody Harrelson (Retour à Zombieland) complètent un casting cinq étoiles solide.

Au final, Midway est un blockbuster historique avec des scènes d’action intense, une bonne reconstitution de l’époque et un casting cinq étoiles, mais qui manque d’émotion et souffre d’effets-spéciaux qui ne sont pas à la hauteur.

6/10

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