article coup de coeur

[Test] Tokyo Mirage Sessions #FE Encore : justice est faite

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Atlus, Intelligent Systems
  • Editeur : Nintendo
  • Date de sortie : 17 janvier 2020
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Tokyo Mirage Sessions #FE s’offre une seconde chance salvatrice

image gameplay tokyo mirage session
Tokyo Mirage Sessions #FE Encore vous plonge dans le monde des idols.

Le jeu vidéo est décidément un domaine. Il n’existe que peu d’industries capables de nous réserver des rebondissements aussi puissants, et ce n’est pas Nintendo qui nous contredira. Propulsé dans la stratosphère des ventes avec le phénomène Wii, le constructeur japonais a ensuite connu une cruelle désillusion avec la WiiU, échec que l’on considère encore aujourd’hui comme fondamentalement injuste. Une véritable maladresse lors de la présentation de la console, un concept au derrière coincé entre deux chaises, et c’en était terminé pour Big N sur cette génération. Malgré tout, on vous conseille vivement de vous pencher sur le cas de machine, aujourd’hui trouvable pour une bouchée de pain. Elle dispose de pas mal de petites pépites à exhumer, comme Super Mario 3D World, Pikmin 3 ou The Wonderful 101. On pouvait aussi y ajouter le moins évident Tokyo Mirage Sessions #FE, mais voilà qu’une nouvelle édition débarque sur la bien plus populaire Switch, Et elle est du genre à être meilleure que l’originale.

Il faut préciser que notre « moins évident » n’est pas utilisé de manière négative. Il rappelle à quel point la première sortie de Tokyo Mirage Sessions #FE, en plein été 2016, n’était pas aussi évidente que celle d’une grosse licence signée Nintendo. Alors que la WiiU rendait les armes, on accueillait un soft totalement inespéré, né d’une rencontre pour le moins surprenante. D’un côté, on trouve Atlus, l’un des développeurs de RPG japonais les plus en vue de l’industrie, et pour cause : il est derrière Shin Megami Tensei, Persona et Etrian Odyssey. Un mastodonte donc, qui s’associait avec Intelligent Systems, que l’on connait pour deux licences historiques : Advance Wars et Fire Emblem. Le bébé né de cette union ne pouvait que faire des étincelles, malheureusement il fut victime de deux soucis. La premier, c’est évidemment les faibles ventes de la WiiU. Le second, plus pernicieux, provient des tests de l’époque, qui reprenaient de concert que le soft serait à considérer « de niche ». Argument qui, selon nous, fait plus de mal que de bien, puisque l’intérêt du public né avant tout de la manière dont un concept est présenté. Si on vous dit que vous n’êtes pas invités à la fête, vous ne la rejoindrez pas…

Quatre ans plus tard, et alors que Nintendo connait un nouveau grand succès avec la Switch, Tokyo Mirage Sessions #FE Encore débarque sur la petite dernière. L’occasion de gagner en relief, et le constructeur ne manque pas le coche. Mais avant de savoir les raisons de cette réussite, rappelons l’histoire et le gameplay de ce jeu. L’univers fait parte des points les plus décisifs pour tout bon RPG japonais qui se respecte, et celui qui nous intéresse ici ne peut que vous titiller. Surtout que, ô joie, ô allégresse, les sous-titres français sont enfin de la partie : un véritable événement qui justifie à lui seul l’acquisition de cette nouvelle édition. L’action se déroule à Tokyo, plus précisément dans les quartiers très usités de Shibuya et Harajuku. Nous allons y suivre les aventures d’un groupe d’adolescents, aux prises avec des êtres d’une autre dimension : les Mirages, venus sur Terre afin d’aspirer la Performa (l’énergie qui permet la création artistique) des gens. Si l’on incarne Itsuki Aoi, véritable archétype issu de Persona, on va bientôt devoir composer avec six autres personnages, tous mus par différentes motivations. Mais celles-ci ont un point commun : le besoin de percer dans le milieu des idols.

Un univers qui déborde d’énergie

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Les combats sont hyper prenants.

Nous ne rentrerons pas plus dans les détails concernant le scénario de Tokyo Mirage Sessions #FE Encore car, à nos yeux, il représente une bien agréable surprise. Si le début s’avère un peu poussif, on pense surtout à l’introduction trop facile bien que rigolote de Touma Akagi, les événements importants vont se succéder, et construire un rythme assez soutenu pour que le joueur ne ressente jamais les limites d’autres points. Cependant, on se doit de ne pas laisser planer un mystère : oui, c’est bien la personnalité des productions d’Atlus qui domine sur ce soft, et celle d’Intellignt Systems se voit reléguée au second plan. Cela se ressent surtout grâce à des personnages secondaires très réussits, que ce soit du côté des vilains ou des héros. Fortuna Entertainment, l’agence qui sert d’écran à notre groupe de redresseurs de torts, rassemble des personnalités certes plus légères que dans un Persona (ce qui n’est pas un mal, de notre point de vue, tant le cinquième opus pouvait parfois s’avérer lourdaud dans ses archétypes, hashtag unpopular opinion), mais très souvent attachantes. Aussi, les figures importantes côté ennemis se révèlent très réussies : elles dégagent ce qu’il faut de mauvaises ondes pour donner aux combats de boss une véritable plus-value. Et la petite critique envers le milieu des idols n’en fait pas trop, on reste dans un résultat équilibré, voilà qui s’avère très positif.

Le gameplay de Tokyo Mirage Sessions #FE Encore va continuer d’assoir la domination d’Atlus sur cette rencontre. On se trouve face à un J-RPG dans la plus pure tradition de cet éditeur, notamment dans le découpage. Si l’on se sépare ici du calendrier de Persona (soulagement dans nos rangs), on retrouve l’importance des donjons et des batailles qui y ont lieu. Débutons par les combats au tour par tour, car ils représentent une autre grosse satisfaction. Tout comme le jeu que l’on ne cesse de citer, ils sont à la fois passionnants et hyper-stylisés. Passionnants car le joueur est constamment mis sur la brèche grâce au concept de la recherche du point faible. Bien entendu, il diffère selon le type d’adversaire qui vous fait face. En rencontrer un nouveau est donc l’occasion d’expérimenter, ce qui ajoute pas mal de piquant à l’expérience. Une fois la faiblesse détectée, qu’elle soit provoquée par une arme ou un élément, vous allez vous rendre compte du double intérêt de la chose. Premièrement, les dégâts se font costauds, c’est une évidence. Deuxièmement, cela déclenche un enchainement, à la condition qu’au moins un autre personnage possède la capacité nécessaire. Par exemple, un monstre est sensible au feu. Vous lui lancez un skill flamboyant, et l’un des alliés a la technique Chain qui le fait réagir aux attaques de feu : il interviendra donc pour asséner un autre coup puissant. C’est le système Session, et ça fonctionne du tonnerre.

« Et Fire Emblem alors ? », vous demandez-vous fiévreusement. Du côté de la licence d’Intelligent Systems, on peut pus parler de représentation à la limite de l’anecdotique. Dans les faits, les fans de la licence seront tout de même intéressés par l’utilisation qui est faite de certains personnages issus de cette série de RPG tactiques. Chaque personnage de Tokyo Mirage Sessions #FE Encore est accompagné de son propre allié, qui lui offre toute une gamme d’évolutions. Aussi, on retrouve le fameux triangle des armes et ses priorités, ce qui ravira les fans de Chrom et Cain, tous deux de la partie. Car oui, les compagnons de l’autre dimension sont tous des protagonistes marquants de l’univers Fire Emblem, dans une représentation visuelle qui ravira les fans. Qui dit J-RPG dit gains de niveaux, et c’est bien entendu le cas ici. Outre que nos combattants gagnent en statistiques, ils apprennent aussi des compétences au rythme de l’expérience glanée par son Mirage. Et elles seront différentes selon l’arme utilisée, ce qui pousse à varier les utilisations. Voilà qui offre pas mal de possibilités, surtout qu’Atlus a veillé à offrir beaucoup de souplesse dans son système : à l’image d’un Pokémon, on efface des skills, on en rajoute c’est du tout bon. Tout cela forme un système de combat de grande qualité, idéalement soutenu par un challenge bien dosé. Sachez d’ailleurs, que vous pourrez choisir entre trois modes de difficulté. Le plus simple représente une véritable promenade de santé, donc à réserver aux novices.

Une nouvelle édition qui propose enfin des sous-titres français

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Le traduction française s’avère bien dans le ton d’origine.

Pour ne rien gâcher, Tokyo Mirage Sessions #FE Encore propose parmi les donjons les plus plaisants à parcourir. Oui, plus que dans Persona 5, même si ce n’est pas un exploit (encore hashtag unpopular opinion, on ne s’arrête plus !). Le level design passe de l’assez classique, avec ce qu’il faut de chemins qui se séparent et d’ascenseurs vers d’autres niveaux, à des endroits beaucoup plus vicieux, bardés d’énigmes toujours agréables à contrecarrer. Ces lieux, appelés Idolasphere, provoquent bien du plaisir tant Atlus semble avoir rassemblé une foule de bonnes idées. Tout d’abord, les ennemis sont visibles, on peut donc les éviter. Aussi, le joueur a la capacité d’asséner un coup d’arme, histoire d’assommer l’assaillant. Ce qui a comme effet de le stopper net sur place, mais aussi de possiblement vous accorder un bons de priorité si vous allez au combat. On peut aussi activer ou désactiver une carte qui, comme dans un Donjon-RPG, se découvre au fur et à mesure des pérégrinations. Enfin, on est poussé à les revisiter, avec certains segments qui ne s’ouvrent que sous conditions. Tout va pour le mieux, mais l’on se doit de relever ce qui est certainement le plus gros regret laissé par ce titre : les allers et retours au sein de l’Idolasphere. On tourne parfois en rond, avec des demandes qui nous font parfois perdre beaucoup de temps. Dommage, surtout qu’une grande partie de ces moments auraient pu être évités.

Tokyo Mirage Sessions #FE Encore propose aussi des phases plus paisibles, en-dehors de l’Idolasphère. Pour souffler, on prendra notamment la direction des bureaux de Fortune Entertainment, où l’on pourra admirer les trophées glanés grâce à nos exploits (oui, il s’agit un système de Succès interne). Bien entendu, on retrouve aussi les machines à boissons, qui offrent des bonus temporaires très utiles. Coucou Astral Chain et Yakuza. Aussi, et plus important, c’est ici que l’on pourra se lancer dans la création d’armes. Comme ce sont celles-ci qui permettent à votre allié de vous apprendre des skills, vous comprendrez à quel point il s’agit d’un passage obligé, à ne surtout pas sous-estimer. Enfin, c’est aussi une fois de retour à Tokyo que l’on peut se lancer dans des quêtes annexes particulièrement soignées. Là encore, on vous conseille de ne pas passer à côté, elles sont d’une importance capitale pour la richesse de l’univers. Sachez que cette nouvelle édition contient quelques bonus de contenu, avec un nouveau donjon (très réussit), et une nouvelle histoire secondaire. On a aussi droit à de nouvelles chansons et des costumes additionnels. Tout cela forme une durée de vie très conséquente : comptez au moins cinquante heures pour bien en profiter en allant au-delà du seul récit principal, et le double pour tout compléter.

On était au courant depuis l’annonce de ce portage, et cela se vérifie : Tokyo Mirage Sessions #FE Encore ne s’est pas attelé à une refonte graphique. On retrouve donc des textures un peu datées, et elles l’étaient déjà en 2016. Rien de bien grave cependant : comme on l’a vu récemment avec Catherine Full Body (qui a, en commun avec le titre qui nous intéresse ici, des cinématiques signées par le studio 4°CAtlus brille par une direction artistique qui traverse les époques avec une aisance étonnante. C’est encore le cas ici, grâce à un univers visuel bourré de personnalité, très pop et énergique. Le character design n’est pas en reste : il est même admirable, que ce soit pour les femmes ou les hommes. Notre seule retenue, dans ce domaine, concerne les topics de discussion. On a droit à des chat entre les personnages, ils sont intégrés à l’histoire comme pour mieux développer les relations. Le problème est que la police d’écriture nous semble trop petite en mode nomade ce qui n’était pas le cas sur le GamePad de la WiiU. Et aucune option d’accessibilité ne nous permet de changer la donne, dommage. La musique, quant à elle, reste tout à fait ravissante, du moins si l’on accroche à la J-Pop la plus enjouée. Cela manque peut-être d’un thème principal bien installé, mais globalement l’ambiance sonore s’avère très bonne. Et la présence des doublage japonais, très soignés, ne fait que justifier notre propos.

Note : 17/20

Après une sortie un peu en catimini en 2016, Tokyo Mirage Sessions #FE Encore rend justice à un J-RPG d’excellente facture. Son univers, très pop culture, ne se contente pas d’approcher le milieu des idols : il porte aussi un regard sur celui-ci. Atlus et Intelligent Systems obligent, le système de combat s’avère passionnant tant il met le joueur sur la brèche. Aussi, cette nouvelle édition n’est pas un simple remaster : on a droit à du nouveau contenu et, surtout, des sous-titres en français. À peine pourra-t-on regretter le peu de place laissé à Fire Emblem, et des allers-retours que les développeurs auraient pu éviter. Pas de quoi remettre en cause le plaisir qu’on a eu de se replonger dans cette aventure très plaisante, et ce pendant de nombreuses heures.

8/10

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