[Critique] Une Sirène à Paris : Un Conte Sympathique

Caractéristiques

  • Réalisateur(s) : Mathias Malzieu
  • Avec : Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima, Rossy de Palma, Romane Bohringer, Tchéky Karyo et Alexis Michalik
  • Distributeur : Sony Pictures France
  • Genre : Fantastique, Drame
  • Nationalité : Français
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 11 mars 2020

Une relation convaincante

Second long-métrage de Mathias Malzieu (qui avait co-réalisé Jack et la Mécanique du Cœur), Une Sirène à Paris est l’adaptation du roman du même nom  écrit par l’artiste et sorti en février 2019. Le réalisateur adapte donc sa propre ouvre, qui raconte l’histoire de Gaspard, un crooner au cœur brisé, qui s’était juré de ne plus retomber amoureux. Quant à Lula, jolie sirène, elle n’a que le chant pour se défendre des hommes, en faisant s’emballer leur cœur jusqu’à l’explosion. Lorsque la Seine en crue vient déposer Lula au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret où chante Gaspard, c’est un mini-tsunami qui va bouleverser leur existence. Lui, l’homme qui a souffert d’avoir trop aimé, et elle, la créature qui n’a jamais connu l’amour, vont apprendre à se connaître. Et à chanter d’une même voix…

Le scénario écrit par Stéphane Landowski et Mathias Malzieu recèle de bonnes choses, mais n’est pas exempt de défauts. Pour ce qui est du bon, le scénario nous met directement dans l’ambiance en nous présentant la péniche-cabaret qui sera l’un des principaux lieux de l’action du film. Il nous introduit bien les personnages de Gaspard, au travers d’une chanson, et Lula de façon simple et efficace. L’un a le cœur brisé et l’autre les brise. Malheureusement le plus gros problème du scénario arrive après la rencontre des deux personnages : de nombreuses incohérences. Par exemple, quand Gaspard amène la sirène, blessée, chez lui dans sa baignoire, celle-ci ne parle pas et il essaye de communiquer avec elle en français et en anglais. Ce qui n’est pas une mauvaise idée en soi, mais quand celle-ci commence à parler français, cle héros continue à parler un peu des deux, ce qui n’a aucun sens.

Et cet exemple est loin d’être un cas isolé. Comme lorsque Gaspard et Lula sont entourés d’autres personnages et que ceux-ci ne remarquent pas la queue de la sirène. Alors certes, à ce moment du récit, un journal parle de la possibilité d’une sirène à Paris, mais c’est assez léger pour justifier cette absence totale de réaction. Autre grosse incohérence : le personnage interprété par Romane Bohringer, qui est médecin en hôpital mais dont les actions ressemblent plus à celles d’un policier…

Enfin, il faut aussi parler de l’humour. Certains gags ou répliques marchent mais pour la moitié, cela tombe à plat.

Après, parmi les aspects plus positifs,  il faut reconnaître que la relation entre Gaspard et Lula est très bien développée. On sent bien une évolution des deux personnages au travers de leur relation naissante.

Une réalisation hésitante

image marylin lima une sirène à paris

Côté réalisation, Mathias Malzieu s’en sort plutôt bien, de manière générale. On sent qu’il s’inspire du travail de différents réalisateurs (Burton, Jeunet et Gondry en tête) par certains plans ou des idées de mise en scène. Mais on sent également une certaine hésitation. S’il a de bonnes idées, on sent qu’il se retient. Il hésite aussi sur le genre du film. Au lieu d’embrasser complètement le côté fantastique et décalé du long-métrage, il amène une réalité qui aurait dû rester plus fantasmagorique, comme il le fait très bien avec le Flowerburger. Il faut tout de même reconnaître que les décors intérieurs, l’appartement de Gaspard et la péniche-cabaret principalement, nous font entrer parfaitement dans l’univers du film. Aussi, la musique de Dyonisos accompagne parfaitement Une Sirène à Paris.

Côté casting, Nicolas Duvauchelle (Jour J) offre une interprétation plutôt bonne, même si parfois il surjoue dans certaines scènes. Mais l’alchimie à l’écran avec la sublime Marilyn Lima, dans le rôle de Lula, fonctionne. On croit à leur relation qui évolue sous nos yeux. C’est clairement l’un des points forts du long-métrage. Rossy de Palma est égale à elle-même et assez amusante dans le rôle de la voisine qui espionne constamment Gaspard. Tchéky Karyo fait le minimum syndical dans le rôle du père de Gaspard. Et enfin, Romane Bohringer, qui, comme nous le disions plus haut, a un rôle quelque peu étrange, est impliquée et offre une performance juste.

Au final, Une Sirène à Paris est un premier long-métrage live imparfait, avec des incohérences scénaristiques et une réalisation hésitante, ne sachant pas embrasser pleinement le côté fantastique du récit.  L’ensemble est malgré tout sympathique. L’alchimie entre les deux acteurs principaux est là et nous permet de passer un bon petit moment. On salue aussi la prise de risque de sortir un film fantastique français, ce qui se voit très rarement et lui vaut notre sympathie.

6/10

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