article coup de coeur

[Test] Paper Mario The Origami King: prise de risque en partie validée

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : Intelligent Systems
  • Editeur : Nintendo
  • Date de sortie : 17 juillet 2020
  • Acheter : Cliquez ici

Paper Mario : The Origami King prend des risques, et ça paie

image test paper mario the origami king
Paper Mario : The Origami King peut compter sur une superbe direction artistique.

Mario, cet incroyable stakhanoviste ! On le voit partout : sur un terrain de football, dans un autre château, plongé au sein d’une arène de combat etc. Peut-être un peu moins populaire, sa série de RPG, Paper Mario, reste pourtant comme l’une de ses plus grandes réussites. On se souvient encore, avec une certaine émotion, de notre découverte du tout premier opus, alors intitulé Super Mario RPG. Une légende sortie sur Super Nintendo en 1996… mais pas en Europe. Du coup, il a fallu longtemps passer par des chemins détournés pour y jouer, avant que le titre n’atteigne l’Europe en 2008, sur la console virtuelle. Un chef-d’œuvre (alors co-signé par Square, avec un Shigeru Miyamoto très impliqué) dont les clés furent ensuite confiées à Intelligent Systems. Devenu entre temps Paper Mario, la série a connu cinq suite, dont la dernière en date, sous-titrée Color Splash, a eu un peu de mal à nous convaincre. Autant vous dire qu’on attendait donc ce Paper Mario : The Origami King avec impatience. Surtout que les développeurs ont décidé de mettre un gros coup de pied dans la fourmilière…

Ce sera une évidence pour toute personne connaissant l’univers de Mario (donc tout le monde en fait), mais on se doit tout de même d’informer qu’il n’est nul besoin d’avoir joué aux précédents épisodes pour savourer Paper Mario : The Origami King. Le récit s’appuie sur le postulat classique de la série qui, comme d’habitude, sert même de petit ressort comique. Mario et Luigi reçoivent une invitation de la Princesse Peach, et se rendent compte une fois sur place que quelque chose ne va pas avec l’altesse. À partir de là, l’histoire gagne un peu en relief, avec un nouvel antagoniste, le roi Olly, qui transforme les habitants de Toadville en origamis déterminés à faire le mal. Sur le coup pour rétablir la situation, Mario va s’allier notamment avec Olivia, la sœur d’Olly, et d’autres personnages secondaires animés de leurs motivations. On est donc typiquement dans ce qu’on aime dans cette licence : un scénario simple mais accrocheur, plein d’humour et de légèreté, qui conviendra autant à l’adulte qu’à l’enfant. Signalons ici que le jeu est entièrement sous-titré en français, avec un grand soin toujours de mise chez Nintendo. Ah, ces jeux de mots…

On passe du RPG au jeu d’aventure

image jeu paper mario the origami king
Les combats s’appuient sur un aspect casse-tête original.

Paper Mario : The Origami King est un opus qui ne peut que remuer les fans de la licence. Mettons de suite les pieds dans le plat : on n’est plus vraiment dans un RPG à la japonaise, mais dans un jeu d’aventure. Comprendre par là que, s’il existe encore une courbe de progression de l’avatar, elle n’est plus liée à l’expérience glanée en fin de combat. C’est effectivement une révolution pour la série qui, au passage, rend caduc les accusations de classicisme que l’on a vu pointer ici ou là. Il en fallait, du courage, pour qu’Intelligent Systems se lance dans une refonte quasi-complète du game design ! Mais le studio y va avec délicatesse et parcimonie. Le début de l’aventure nous donne à retrouver quelques codes bien installés, comme les sensations dans le contrôle de Mario, ou son utilisation du marteau. On retrouve ce feeling bien connu, ce qui rassure le joueur. Bien vite, les développeurs ajoutent une première originalité : les pouvoirs à utiliser à certains endroits précis afin d’agir sur le décor. Par exemple, voir ses bras s’allonger afin d’agripper un morceau de mur (en papier) et s’ouvrir un chemin. Une mécanique qui se verra diversifiée par d’autres capacités, au fil du temps et des rencontres avec les Esplis, ces entités qu’il nous faudra contacter afin de contrecarrer les plans d’Olly.

Paper Mario : The Origami King est donc légitimé notamment par cette envie de se délier d’une partie des codes du RPG. Par contre, il faut être juste et ne pas tomber dans l’excès : il est indéniable qu’il reste des bribes de cette appartenance, de quoi tout de même s’appuyer sur un système globalement basé sur l’amélioration. On pourra s’équiper d’armes plus puissantes, comme des chaussures capables de vous assurer une bonne accroche des ennemis à pics, ou un marteau plus robuste. Par contre attention, si les armes de base sont indestructibles, ce n’est pas le cas de celles que vous obtiendrez par la suite, il faudra donc souvent passer par le magasin pour en faire des réserves. On peut aussi s’appliquer des accessoires, là encore à acquérir dans les échoppes. Les effets seront passifs, comme nous indiquer la proximité d’un Toad à délivrer, un gain de temps pour le chronomètre de combat etc. Bref, l’avatar se perfectionne au fil du temps, ce qui sera aussi le cas pour sa puissance et sa vitalité, en ramassant de rares cœurs. Aussi, le terrain en lui-même pourra se modifier grâce à votre action : Mario récupère des confettis, et les propulse pour combler des vides créer par les méchants origamis. Cela permet notamment permettre d’activer des mécanismes, ou simplement d’atteindre certaines zones.

Une magnifique direction artistique, mais des regrets

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Certains passages demandent un peu de maitrise.

Les accessoires et autres armes s’achètent grâce à des piécettes sonnantes et trébuchantes. Celles-ci pourront s’amasser de différentes manières, notamment sur le terrain en faisant bien attention pendant l’exploration. Cela nous emmène tout naturellement vers les combats, puisque ceux-ci seront d’ailleurs votre principale manière de garnir le porte-monnaie. Paper Mario : The Origami King fait dans l’originalité, en donnant aux batailles une dose de casse-tête efficace. Votre personnage se trouve ainsi au milieu d’une arène, laquelle est entourée de différents cercles, eux-même divisés en plusieurs rectangles. Les ennemis vont s’y positionner, puis se verront dispatchés. Il vous appartient alors de réorganiser tout ça, en manipulant les cercles afin de créer des lignes d’ennemis ou des carrés de quatre. Si vous réussissez, un bonus de dégâts est accordé, et il ne reste plus qu’à utiliser vos armes pour envoyer paitre les adversaires. On notera qu’il est toujours question de maitriser le rythme des attaques en pressant le bouton A au bon moment, et idem pour la défense. Tout cela remue les habitudes, et encore plus à l’occasion des excellents combats de boss qui revoient encore la formule, nous plaçant cette fois-ci en périphérie de l’arène afin de nous pousser à se construire un chemin vers le centre grâce à différente flèches à suivre. Mais ne soyez pas effrayés : le jeu met un point d’honneur à bien vous assister dans les premières joutes (l’aide d’Olivia, activable sur le terrain pour recevoir des indices, est précieuse). Et c’est réussit : on maitrise rapidement le concept. Peut-être même trop rapidement.

Car l’expérience n’est pas parfaite non plus. Au fil du temps, on sent tout de même comme un manque dans  Paper Mario : The Origami King. Intelligent Systems a cherché à contourner l’absence de l’XP par des subterfuges, mais le remplacement ne s’opère pas totalement à la longue. Comprendre par là qu’on voit pointer un manque d’intérêt à se lancer dans les combats, surtout quand on en a fait le tour. Oui, on apprécie la mécanique de la dépense d’argent pour s’attacher les services des Toads du public. Toads que l’on libère pendant la farfouille des environnements. Oui, on apprécie cet aspect casse-tête. Mais reste que l’enthousiasme s’effrite tout de même, notamment par répétitivité des schémas. Aussi, on n’est pas fan du système de back tracking, qui s’effectue par des tuyaux. Cela manque de clarté, et surtout les points de débarquement ne sont pas assez nombreux, ce qui force à trop errer dans les environnements. Heureusement, le soft est long pile ce qu’il faut, il vous faudra une trentaine d’heures pour en voir le bout, et un peu plus afin de tout dénicher. D’ailleurs, signalons une grosse part de chasse aux objets à collectionner (dans des coffres notamment), lesquels iront s’afficher dans le musée de Toadville, ce qui rappelle un peu Animal Crossing : New Horizons. Il n’y a pas de new game plus à proprement parler, après le boss de fin on a droit à une sauvegarde juste avant ce combat. Par contre, certains collectibles deviendront atteignables à cette occasion.

Techniquement, Paper Mario : The Origami King est un grand plaisir pour les yeux. Certes, on pourra relever un peu d’alliasing sur certains décors, mais très léger. La direction artistique atteint une maitrise bluffante : c’est d’une logique visuelle à toute épreuve, on apprécie fortement cette alliance des usages du papier. C’est bourré de couleurs gaies, le character design est à son sommet, tout cela donne un sacré peps à l’écran, une belle énergie. L’ergonomie des menus, de son côté, ne souffre d’aucune anicroche, une habitude chez Nintendo. Les musiques sont aussi d’un très haut niveau, parfois même étonnantes dans leur tonalité. On se rappelle encore de la découverte de Toadville, dans une ambiance sonore très dramatique.

Note : 16/20

Paper Mario : The Origami King n’est certes plus un RPG, mais il n’en reste pas moins que ce jeu d’aventure propose assez de qualités pour qu’on y passe un bien bon moment. Avec son système de combat novateur, qui distille intelligemment une dose de casse-tête assez surprenante, il pourra s’attirer les faveurs d’un public en recherche d’une expérience plus facile d’accès que par le passé. Assez solide en terme de contenu, l’expérience vous fera vivre un récit long d’une trentaine d’heures, avec ce qu’il faut d’exploration dans des environnements d’une grande beauté. Si le soft ne peut éviter une certaine redite, et un back tracking trop lourd, il fait tout de même assez le job pour emporter notre adhésion, et notre coup de cœur.

8/10

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