article coup de coeur

[Test] Natsuki Chronicles : un très bon shoot’em up rencontre le RPG

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Xbox One
    • PC
  • Développeur : Qute
  • Editeur : Rising Star Games
  • Date de sortie : 18 février 2021
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Natsuki Chronicles est le meilleur shmup depuis longtemps

image test natsuko chronicles

La sortie de Natsuki Chronicles est du genre ravissante. Si le shoot’em up a fréquemment droit à des hommages mérités (voir les sorties comme Psikyo Shooting Stars Alpha, par exemple), on est forcé de constater que les itérations totalement inédites ne se bousculent pas au portillon. La donne est entrain d’évoluer vers un retour de ce genre roi des années 1990, certes timide mais tout de même notable, comme avec le prochain R-Type Final 2, que votre dévoué serviteur n’en peut plus d’attendre. Le domaine indépendant occidental a aussi pas mal tenté sa chance, mais il lui manque souvent ce supplément d’âme, ce qui fait par exemple la spécificité des soft de Cave, quand le studio existait encore. Et autant vous prévenir de suite, il est bien présent pour le titre que l’on aborde ici.

Certes, on ne parle pas de serpent de mer au même niveau qu’un Final Fantasy VII Remake, Nioh et autres Duke Nukem Forever. Mais tout de même, après quelques reports les possesseurs d’une Xbox One ont pu découvrir Natsuki Chronicles en 2019, cinq ans après son annonce. Et le voilà désormais disponible sur Steam et PlayStation 4. Le studio derrière le titre, Qute, n’est pas du genre à laisser sortir un soft non finalisé, on se souvient de son sympathique Ginga Force, et surtout de l’excellent Eschatos, qui ont participé pleinement à l’étonnant revival du genre sur Xbox 360. Dès lors, on avait quand même un à-priori positif sur la sortie, surtout que les intentions, sur le papiers sont alléchantes : le shoot’em up rencontre certains codes du JRPG dans un jeu qui ne sous-traite aucun de ses deux piliers.

Parler d’un vrai récit n’est plus une originalité depuis longtemps pour un shmup, ce dernier étant désormais relativement habitué aux univers plus ou moins développés, mais sachez que c’est aussi le cas pour Natsuki Chronicles. Via le mode histoire, on est propulsé dans la peau d’une bleusaille, évidemment dans un monde très futuriste et rempli de menaces terroristes. Certes, le scénario ne réinvente rien, mais on apprécie les quelques cutscenes, ainsi que le fait de pouvoir parfaitement les comprendre grâce à des sous-titres français qui font le job. Par contre, on est moins fan de ce qu’on appelle l’effet GTA : les dialogues en cours de niveau ne peuvent être suivis correctement, malgré la traduction française, car l’action est telle que l’on ne peut détourner le regard vers le haut de l’ATH sans risquer de se prendre une boulette mortelle.

Un mélange des genres qui fonctionne

image gameplay natsuki chronicles

Et de l’action, vous allez en avoir. Avant de rentrer dans le vif du gameplay, sachez tout de même que Natsuki Chronicles est un shmup à défilement horizontal, sur un plan 2D mais avec des modèles 3D (la fameuse 2,5D, pour les puristes). Pour le challenge, on se situe clairement sous un danmaku, donc que les joueurs qui redoutent les bullet hell se rassurent : il existe assez de niveaux de difficulté pour que cela reste jouable par un public assez large, mais tout de même habitué aux softs retors. La prise en mains se fait exemplairement efficace, car Qute s’appuie sur des mécaniques bien installées. Le tir automatique, les armes principales et secondaires, les ennemis (aux patterns faites pour mettre à l’épreuve le skill) provenant de l’avant mais aussi de l’arrière : on se sent comme dans du coton, on retrouve des réflexes à jamais digérés, et c’est bonnard. Surtout que les niveaux sont longs juste ce qu’il faut, et les combats de boss (gigantesques !) toujours plaisants.

Cette base déjà très solide se voit complétée de l’apport de certains codes du JRPG. En effet, Natsuki Chronicles propose un cheminement par étape, et un gain d’expérience. C’est déjà une originalité, car un game over n’est pas synonyme de retour au premier niveau. Autre élément rafraichissant : le joueur peut recommencer n’importe quel stage terminé à l’envie. Et pour cause : en venir à bout (vainqueur ou non) accorde de l’XP, laquelle est multiple. On a les points d’étude de niveau, qui accorde de nouvelles barres de bouclier mais uniquement pour le niveau en cours. Et de l’expérience plus habituelle, ainsi que de la monnaie virtuelle, tout ce qu’il faut pour acquérir de nouvelles armes et se sentir de plus en plus puissant. Voire même se lancer dans des modifications purement esthétiques. Tout ce système n’est pas superficiel : la courbe de progression, additionnée au skill, fait que le joueur se sent de plus en plus en maitrise, et surtout capable d’oser des combinaisons d’armes très différentes.

Le contenu de Natsuki Chronicles se révèle donc supérieur à la moyenne. Avec ses multiples éléments à débloquer, ses dix niveaux, ses modes de difficulté, et son très bon mode arcade, comptez bien vingt heures pour en faire le tour. Le run sur l’histoire, lui, atteint les cinq bonnes heures, ce qui est aussi au-dessus de la normale pour un shmup. Le constat est un peu moins édifiant pour le pur visuel. On est dans du soixante images par seconde, ne vous en faites pas concernant la fluidité. Par contre, la direction artistique manque clairement de personnalité. Cela se remarque dans les décors, très classiques, mais aussi dans des modèles 3D sans grand génie. Dommage. La musique, elle, est d’un niveau autrement plus élevé, avec des thèmes très énergiques qui donnent envie de se plonger dans les niveaux, encore et encore.

Note : 17/20

Natsuki Chronicles est un très, très bon shmup : il parvient à marier intelligemment les qualités du genre aux codes du JRPG. Avec son contenu largement au-dessus de ce qu’on pouvait en attendre, sa prise en mains hyper agréable, son système d’XP qui vous accroche à la manette, et ces musiques entrainantes, le soft parvient à nous rappeler à quel point le shoot’em up nous manque dans le panorama vidéoludique actuel. Seul bémol, une direction artistique assez oubliable. Mais pas de quoi pavoiser : si vous aimez les vaisseaux et les boulettes, foncez !

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

8/10

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