[Test Restaurant] Bouillon Chartier Gare de l’Est : L’esprit brasserie à prix compétitif à Paris 10

salle restaurant bouillon chartier à la gare de l'est à paris

Bouillon Chartier exporte son esprit de brasserie à l’ancienne à la Gare de l’Est

Nouvelle adresse de l’enseigne Bouillon Chartier tenue par les frères Gérard et Christophe Joulie dans un cadre de brasserie à l’ancienne typique rappelant l’ambiance du restaurant originel ouvert en 1896 par les frères Chartier rue du Faubourg Montmartre (et qui avait l’habitude de proposer des plats à partir de bas morceaux, voir l’historique plus complet présenté sur Fille de Paname), Bouillon Chartier Est se situe littéralement à deux pas de la sortie de la gare de l’Est, un quartier où les cafés-restaurants et les brasseries ne manquent pas. Une localisation idéale pour attirer les clients à toute heure, que ce soit en pause déjeuner en semaine ou bien en famille ou entre amis le week-end.

L’objectif assumé est le même que celui des précédents restaurants tenus par les frères Joulie : proposer un repas de qualité à petits prix, le tout dans un décor de brasserie à la fois simple et chic rappelant le charme du Paris d’antan. En ce qui concerne le décor, c’est en effet très réussi : le restaurant est grand, les banquettes rouges en cuir ont de l’allure et la décoration épurée et “vintage” possède une certaine élégance. Néanmoins, comme toujours avec ce type de concept, on ne peut s’empêcher d’éprouver un peu le même sentiment qu’à Disneyland : celui de se trouver face à une reproduction, d’une qualité troublante car les moindres détails ont été pensés, mais une reproduction tout de même, un pastiche, qui fait que, bien qu’agréable, on ne sent pas la même ambiance authentique que l’on ressent en poussant le pas de brasseries historiques ayant traversé les générations comme la Brasserie Georges à Lyon ou encore La Brasserie de l’Ile Saint-Louis dans le 6ème.

Ceci dit, une fois conscients de ce détail, on ne boude pas notre plaisir puisque, pour un prix inférieur à un café-restaurant lambda, on se trouve dans un décor spacieux, propre, agréable voire dépaysant, servi par une équipe jeune, dynamique et attentionnée vêtue en tabliers noirs là aussi typiques.

escargots persillade au bouillon chartier est

Une carte de brasserie typique à un prix très compétitif

La carte, classique et assez large, est typique d’une brasserie, le tout à petits prix. Et, sans être particulièrement remarquables, les spécialités ont l’avantage d’être dans l’ensemble bonnes et copieuses. Pas d’innovation dans la présentation comme dans l’assiette, mais des mets à la fois simples et sans prétention, préparés de manière tout à fait honnête.

Nous avons commencé notre repas par 6 escargots (7,50€) servis avec leur sauce persillée. Une spécialité de brasserie classique que, en tant que Lyonnaise, votre humble servitrice avait hâte de goûter. Verdict : des escargots et une sauce persillée de bonne qualité, qui saura convaincre ceux qui n’ont pas l’habitude de ce type de saveurs – pour notre part, nous aurions tout à fait pu apprécier une sauce encore plus relevée. Seul bémol : les escargots n’étaient pas tout à fait assez chauds le temps de trouver le chemin jusqu’à notre table.

boeuf bourguignon et coquillettes au bouillon chartier est

Pour le plat principal, nous avons opté pour un autre classique : le bœuf bourguignon servi avec des coquillettes. La viande était très tendre et fondante, le jus, assez acidulé grâce aux oignons confits, suffisamment bon pour qu’on ait envie de le saucer dans l’assiette. La cuisson des coquillettes était à l’avenant : très fondantes et agréables en bouche. Là encore, si nous avions voulu être plus critiques, nous aurions pu dire que le bœuf aurait pu mieux se tenir et avoir plus de texture en bouche, que le jus aurait pu être plus épais et plus fin et les légumes (carottes et champignons, notamment) plus présents, plus croquants et coupés en plus gros morceaux. Mais, pour 9,80€ le plat (contre souvent des assiettes entre 12 et 17 € en moyenne dans des brasseries un peu plus chères) et au vu de la taille assez conséquente de la carte, il est difficile d’avoir les mêmes exigences. Nous en tenons donc compte au sein de cette chronique.

profiterole chartier avec glace vanille et coulis de chocolat au restaurant gare de l'est à paris

Enfin, la profiterole Chartier (seulement 4,30 €), servie avec sa boule de glace vanille et son coulis de chocolat parsemé de cacahuètes, nous a permis de terminer le repas sur une belle note gourmande. Ce dessert glacé, joliment monté, était bon et nourrissant et, pour le prix, vaut bien et surpasse même certains desserts équivalents vendus à 6 ou 7 euros dans des enseignes des environs.

Un mot enfin sur le vin : nous avons choisi une bouteille de Bordeaux AOP Château des 2 Rives Bio à 11 € les 37,5cl. Un Bordeaux classique, équilibré à la texture veloutée avec juste ce qu’il faut d’astringence et qui a bien accompagné notre repas.

Au final, on s’en tire avec une addition tout à fait correcte et l’on sort repus.

Alors bien entendu, soyons honnêtes : la satisfaction finale variera en fonction de vos attentes. Si vous êtes un fin gastronome et que vous attendez du Bouillon Chartier de déguster une cuisine de brasserie dans toute sa splendeur qui sublime ses produits, vous serez sans doute déçus. Mais, si vous souhaitez égayer votre pause déjeuner ou manger un menu complet (alcool compris) pour un prix assez compétitif dans la capitale ou encore que vous souhaitez découvrir l’esprit brasserie à moindre coût dans un décor agréable, vous dégusterez votre repas sans culpabilité et sortirez avec le sentiment d’en avoir eu pour votre argent. Les étudiants seront plus particulièrement ravis d’avoir une adresse abordable pour le week-end ou en soirée pour changer un peu des traditionnels menus frites-kebab, avec des entrées qui commencent à 1 euro.

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Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.

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