[Interview – 4e Journée de la Femme Digitale] Adalaïs Choy, co-fondatrice de Covoiture-art.com

image couverture adalais choy romain formondNous vous en avons parlé à plusieurs reprises sur Culturellement Vôtre ces dernières semaines : la 4e Journée de la Femme Digitale se tiendra le 10 mars prochain aux Folies Bergère à Paris. Lors de cet événement mettant à l’honneur les femmes entrepreneures, en lien avec le domaine du digital, de nombreux speakers (beaucoup de femmes et quelques hommes) prendront la parole pour faire part de leur expérience au travers de conférences autour du thème « Meet the Future ».

Parmi eux, Adalaïs Choy, co-fondatrice du site Covoiture-art.com, qui se démarque de ses concurrents par son offre jusque-là inédite : permettre aux amoureux d’art et de culture de rejoindre des lieux culturels, mis en avant sur le site, en covoiturage. A deux semaines de la 4e édition de la Journée de la Femme Digitale, nous avons interviewé cette jeune entrepreneure ambitieuse qui compte bien faciliter l’accès à l’art…

La bio sur votre site précise que vous avez rencontré Thibault Denis du Péage (co-fondateur, ndlr) en 2013 lors d’un covoiturage. Pouvez-vous nous raconter plus en détail comment l’idée de Covoiture-art est née ? 

Thibault, avec son master de juriste en poche, avait l’envie de créer son entreprise mais souhaitait s’associer avec une personne du milieu culturel. On peut dire ainsi que lors de notre rencontre en covoiturage, nous nous sommes bien trouvés : je suis actuellement à l’Ecole du Louvre et lors de notre rencontre j’obtenais ma licence en marché de l’art et médiation culturelle. Thibault avait déjà pensé à un site qui puisse permettre de rejoindre des sites culturels grâce au covoiturage. De mon côté, j’avais déjà fait l’expérience impossible du déplacement vers des lieux culturels sans voiture… J’ai donc tout de suite adhéré à ce concept et nous avons mûri et travaillé le projet pendant plusieurs mois avant de nous lancer.

Les sites de covoiturage sont déjà bien implantés. Comment avez-vous convaincu investisseurs et partenaires de la viabilité du projet ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ? 

Les sites de covoiturage sont bien implantés, certes, mais il n’y en avait encore aucun qui proposait une offre culturelle comme la nôtre. L’ADN de notre entreprise, c’est l’accès à la culture pour tous et à moindre frais, c’est aussi la possibilité de créer du lien social grâce à l’art, et c’est enfin l’occasion de rendre service à des structures culturelles excentrées en les rendant plus accessibles. Je pense donc que le projet a séduit directement les investisseurs pour ces raisons principales ! La première entité à nous avoir fait confiance est la banque, qui nous a accordé un prêt permettant de financer notre site internet. Nous avons ensuite bénéficié d’aides à la création d’entreprise par plusieurs structures, et nous finalisons en ce moment notre première levée de fonds.

Des difficultés, il y en a eu, mais cela ne nous a pas empêché de rebondir à chaque fois, et de continuer à porter notre projet ! Il faut toujours y croire, c’est aussi la pugnacité qui est un gage de réussite lorsque l’on monte sa startup. Et puis, sans déception, on n’apprécie pas forcément à sa juste valeur les réussites !

Revenons sur votre parcours. Vous avez fait des études en histoire de l’art. Aviez-vous déjà utilisé le digital dans vos projets ? Si oui, cette expérience vous a-t-elle aidée pour développer Covoiture-art ? 

J’ai en effet effectué deux années de classes préparatoires aux grandes écoles (hypokhâgne et khâgne) en spécialité histoire de l’art. Puis j’ai réalisé une licence de commerce de l’art et médiation culturelle à l’ICART, Paris. Actuellement, je poursuis mes études à l’École du Louvre en parallèle de mon activité chez Covoiture-art.com. J’ai déjà eu l’occasion d’utiliser le digital dans mes projets étudiants, où l’on nous a tout de suite sensibilisés à l’importance du numérique dans l’évolution des structures culturelles. J’ai ainsi appris faire du community management, à créer une newsletter, à utiliser des logiciels de retouche photo et mise en page… autant de connaissances que j’ai ensuite pu appliquer chez Covoiture-art !

Par le biais du site, vous faites le lien entre les covoitureurs et des lieux culturels. Que pensez-vous de l’utilisation du digital par ces musées et institutions ? Est-ce quelque chose de bien intégré ou qui reste encore à développer ? 

Les musées et les institutions culturelles partenaires de Covoiture-art ont compris que pour se développer et séduire de nouveaux publics – notamment les plus jeunes – il fallait parier sur le digital. De notre côté, nous leur offrons la possibilité de permettre à leurs utilisateurs de venir en covoiturage, ce qui est essentiel pour les lieux culturels excentrés des grands axes de communication ! Le Centre des Monuments Nationaux a ainsi compris tout de suite l’intérêt que nous pouvions leur apporter, et nous étions ravis de pouvoir collaborer avec eux.

Le numérique dans le secteur culturel reste encore à développer, mais de nombreux grands changements ont lieu, ce qui laisse présager de biens belles aventures. Cependant, il faut aussi veiller à ce que les outils numériques rendent la culture plus attrayante en n’annihilant pas le rapport aux œuvres…

Vous participez à la 4e Journée de la Femme Digitale. Aviez-vous déjà assisté aux précédentes éditions ? Si oui, cela-a-t-il été une source d’inspiration pour vous ?

Je n’avais jamais participé aux éditions précédentes, mais suis ravie de faire partie de l’aventure cette année !

Le thème de cette année est « Meet the Future ». Quel rôle pensez-vous que le digital peut jouer pour continuer à promouvoir l’art et la culture ?

Les entreprises du numérique doivent être un outil supplémentaire pour accéder à l’art et la culture, mais ne doivent pas la remplacer. Il est parfois dommage en effet de voir certains jeunes visiteurs rivés sur leur smartphone plutôt que de regarder les œuvres qui les entourent… Il faut donc savoir doser savamment le rapport numérique/œuvres ! Pour ce qui est des aides à la visite, comme Covoiture-art, il faut que cela se développe de manière exponentielle, afin de permettre à tous de pouvoir continuer à découvrir le magnifique patrimoine de France et d’ailleurs. Nous avons de nombreux projets dans les années à venir, alors vivement que l’on rencontre le futur !

Tous nos remerciements à Adalaïs Choy pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Vous pouvez réserver vos billets pour la 4e Journée de la Femme Digitale en ligne en suivant ce lien.

Retrouvez également notre interview de Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de l’événement.

Cécile Desbrun

Cécile Desbrun est une journaliste culturelle spécialisée dans le cinéma, la musique et l'image de la femme dans la culture. Elle créée Culturellement Vôtre en 2009 et écrit parallèlement pour plusieurs publications en ligne. Elle achève actuellement l'écriture d'un livre sur la femme fatale dans l'oeuvre de David Lynch et est la créatrice du site Tori's Maze, dédié à l'artiste américaine Tori Amos, sur laquelle elle mène un travail de recherche approfondi.
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