[Critique] La Tribu Des Enfants – Lane Smith

image la tribu des enfantsUn coup de cœur poétique

Les enfants aussi ont le droit à la poésie, et ça l’auteur Lane Smith l’a très bien compris. L’écrivain et illustrateur, que vous connaissez certainement pour avoir été l’un des artisans au travail sur James et la Pêche Géante (l’adaptation cinématographique) ou Monstres & Compagnie, est bel et bien un artiste complet. Capable de travailler l’univers d’autres plumes, il est aussi un auteur de grand talent comme l’a démontré son Histoire en Vert de mon Grand-Père, ouvrage d’une telle qualité qu’il fut couronné en 2012 du Prix Caldecott, la récompense côté illustration la plus importe aux États-Unis. Aujourd’hui, Gallimard Jeunesse édite La Tribu Des Enfants, et c’est toujours un plaisir que de replonger dans l’univers de Lane Smith.

La Tribu Des Enfants se présente dans un format horizontal, et ce n’est pas pour rien. La narration, qui n’utilise que peu les mots au profit de l’expression illustrée, trouve dans cette forme un écho brillant. En effet, l’histoire de cet enfant sauvage, vêtu de feuilles, totalement mystérieux, prend clairement des airs de parcours initiatique. Des manchots, des baleines, mais aussi des cailloux, tout donne l’occasion à ce garçon de prendre conscience de son environnement, d’avancer vers un but qui se fait de plus en plus précis. On suit les pérégrinations poétiques de ce petit personnage brun, à travers différentes épreuves au sein d’une nature espiègle, mais surtout très sensée.

On est clairement face à un récit en forme de cheminement donc, d’où le format horizontal, dont la finalité reste énigmatique pendant un moment, se construit pas à pas avec une douceur assez phénoménale. La Tribu Des Enfants distille bien des sensations très fines, et c’est un plaisir que de voir les enfants y réagir. Les quelques épreuves traversées sont autant de passages drôles, envoûtants, qui par ailleurs préparent à un final en forme de réponse plus implicite qu’explicite. Il se dégage de cette œuvre un sentiment de liberté très frais et délicieux, qui plaît beaucoup aux lecteurs.

Un parcours initiatique d’une grande douceur

La Tribu Des Enfants développe un univers enchanteur de par son sens du recours à la rêverie, ce qui n’aurait pas été possible sans un gros travail d’illustration. Heureusement, Lane Smith est un artiste tellement doué que la réussite de l’entreprise ne pouvait qu’être couronnée de succès. Mais que c’est beau ! C’est incroyable tous ces sentiments que ces dessins réussissent à provoquer, aussi bien chez les petits que chez les plus grands. On traverse la banquise, la jungle, pour finalement arriver à une forme de civilisation, épris de liberté, avec une telle inspiration que l’on ne peut qu’être touché en plein cœur.

La Tribu Des Enfants est d’ores et déjà un classique pour toutes les bibliothèques jeunesse, qui se doivent d’en proposer un exemplaire au plus vite. Tout, dans cet ouvrage, est pensé pour faire mouche, du format aux illustrations, en passant par les textes minimalistes qui ne font qu’accompagner le ressenti, ne se mettent jamais sur le même plan. Un gros coup de cœur.

La Tribu Des Enfants, écrit et illustré par Lane Smith, traduit par Jean-François Ménard. Aux éditions Gallimard Jeunesse, 48 pages, 14 euros. Dès 4 ans. Sortie le 2 mai 2016.

Natacha Fleurot

Natacha Fleurot

Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.
Natacha Fleurot
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