[Critique] Zébulon le dragon et les médecins volants – Julia Donaldson, Axel Scheffler

Caractéristiques

  • Auteur : Julia Davidson (texte) & Axel Scheffler (dessins)
  • Editeur : Gallimard Jeunesse
  • Date de sortie en librairies : 15 septembre 2016
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 32
  • Prix : 14,50€

Entre rimes drôles et fond intelligent

Si l’on vous dit Zébulon, vous penserez sûrement au Manège Enchanté. Un réflexe que l’on ne pourra pas vous reprocher, mais il va falloir dorénavant compter avec un autre personnage qui compte bien se faire une place au soleil : Zébulon, oui, mais Zébulon le dragon. Après une première loin d’être passée inaperçue, voilà que le monstre maladroit et ailé rembarque dans une seconde aventure dans laquelle son rôle est peut-être un peu moins en vue.

Zébulon le dragon transporte sur son dos Tagada et Perle, deux médecins qui, par la force des choses, sont qualifiés de volants. Le moustachu Tagada s’occupe des opérations, tandis que Perle, une jeune fille, s’occupe des médicaments et vaccinations. Le trio vole littéralement à la rescousse des malades, qu’ils soient un lion, une sirène ou une licorne. Mais, bientôt, le secret de Perle est révélé : elle est une princesse. Et son oncle ne voit pas d’un très bon œil ses activités…

Zébulon le dragon et les médecins volants est signé par un duo qui compte à son actif un grand succès de la littérature jeunesse : Gruffalo. Dès lors, on n’est pas vraiment étonné par la qualité du livre que l’on aborde au sein de ces lignes. On y trouve bien des éléments qui font la réussite de ce genre d’ouvrage si particulier : une écriture simple mais pas simpliste, un message savamment distillé, et des illustrations aptes à faire turbiner l’imaginaire des enfants. Débutons par le soin avec lequel Julia Davidson conte son récit. Tout en rimes (attention à bien les accentuer lors d’une lecture accompagnée), le texte est à la fois fin, drôle, et finement rythmé. C’est bien simple, le parent risque d’être lui aussi très intéressé par ce qu’il lit…

Une princesse pas comme les autres

Car Zébulon le dragon et les médecins volants aborde le sujet de la liberté des enfants à se choisir une destinée. Ici, un métier, car Perle est une jeune femme, princesse de surcroît, et se voit interdire d’exercer la médecine par un oncle beaucoup trop campé sur des préceptes dépassés. Évidemment, Julia Davidson développe ce sujet avec des pincettes narratives, il ne s’agit pas de produire un manifeste politique lourdingue, et l’équilibre qui s’en dégage fonctionne du tonnerre. L’enfant, quel que soit son sexe, est ainsi sensibilisé à la question du choix, et du droit à celui-ci, tout en suivant une histoire pleine d’humour même si, on le répète ici, le dragon est un peu en retrait.

Zébulon le dragon et les médecins volants se termine sur une belle note d’espoir, et là encore sans forcer le trait. En écrivant à propos de trait, celui de l’illustrateur allemand Axel Scheffler est toujours aussi reconnaissable, pour celles et ceux qui ont dans leur bibliothèque jeunesse des livres Gruffalo. On apprécie tout particulièrement sa façon de rendre les personnages un peu étranges, surtout grâce à ces yeux globuleux. Et ce petit sens du détail pour souligner l’humour de l’histoire, comme la description d’un Zébulon de plus en plus fatigué au fil des sauvetages, est irrésistible. Zébulon le dragon et les médecins volants est donc une réussite de plus dans la carrière du duo formé par Julia Donaldson et Axel Scheffler.

7/10