[Critique] Deathtopia T1 – Yoshinobu Yamada

image deathtopia t1Les débuts réussis d’une série gore et sexy

Après avoir distribué la série Cage Of Eden (sur laquelle nous reviendrons à l’occasion de la sortie du dernier tome), qui a offert le succès au mangaka Yoshinobu Yamada, Soleil Manga ne s’arrête pas en si bon chemin et décide de sortir l’autre série majeure de l’auteur : Deathtopia. Toujours en cours de publication au Japon, où il en est à son septième tome, nous allons voir que ce seinen est une de nos découvertes préférées de ce début 2017.

Dans Deathtopia T1, on découvre un univers à la fois violent, sombre même, à forte dose fantastique et non dénué d’un fan service qui plaira pas mal aux fans de Ecchi. Oui, tout cela à la fois, et même plus. L’histoire s’intéresse à Kô Fujimura, jeune homme de 19 ans qui va voir sa vie basculer dans l’horreur à l’occasion d’un bien malheureux accident : alors qu’il poursuivait l’auteur d’un vol à la tire, il est renversé par une voiture, ce qui provoque des contusions multiples au crâne et, plus particulièrement, de graves blessures autour des yeux. Heureusement, ces derniers ne sont pas directement touchés, mais il faut opérer le jeune homme de toute urgence. Alors qu’il revient à lui après cet acte médical réussi, il est attaqué sauvagement par une prostituée totalement folle furieuse, et visiblement très intéressée par ses yeux. C’est alors qu’intervient un trio de femmes armées, qui plombe la psychopathe, laquelle tombe à la renverse par la fenêtre et s’écrase trois étages plus bas. Pour ajouter à l’étrangeté de la situation, la furie a survécu… et Kô a d’étranges visions alors qu’il récupère de l’opération.

Deathtopia T1 installe sa situation avec une efficacité redoutable. Pas vraiment le temps de souffler : les différentes actions s’enchaînent, et ce grâce à une narration d’une fluidité à toute épreuve. Le lecteur s’identifie de suite à Kô Fujimura, jeune homme qui voit son existence être bouleversée à cause d’un acte certes courageux mais peut-être un peu déraisonnable. Cela plante le personnage : on le sent volontaire, pas du tout en proie à la lâcheté. Cependant, l’opération va modifier sa perception de ce qui l’entoure. En effet, dorénavant il voit clair dans le jeu de personnes pas très recommandables : les « Cheaters », ou « Tricheurs » en français. Évidemment, Deathtopia T1 ne fait que poser des prémices de leur concept, de la matière à développer dans les prochains tomes, mais on sent dore et déjà un gros potentiel en terme de thriller pur, et même d’angoisse à tendance gore.

Les « Cheaters », un concept prometteur

Sans ne rien spoiler, écrivons que le principe des « Cheaters » s’attaque carrément à ce qui a fait l’évolution de l’être humain, et dessine un ressort dramatique apte à faire de cet univers un véritable réceptacle à psychopathes. En ce sens, Deathtopia T1 créé une certaine énergie, une volonté d’en savoir plus et, surtout, d’être témoin de la folie de ces êtres pour le moins différents. Leurs actes sont du genre bien graphiques, et contenteront au passage les amateurs de cases bien saignantes. Quant au trio de femmes qui forment, avec l’énigmatique Kokonoe, le « 6ème Département de Recherches Spéciales » au sein du poste de police de Tokyo, il prend vite du relief et devient, pour Kô Fujimura, une sorte de guide dans ce qui sera dorénavant sa nouvelle vie. En écrivant à propos de « relief », signalons ici que les donzelles de Deathtopia T1 sont du genre bien en forme, et on sent l’auteur tout à fait disposé d’en profiter pour des passages fan service qui, s’ils pourront gonfler les haters du Ecchi, raviront les autres.

C’est donc une découverte pleinement agréable que celle de Deathtopia T1, dont les promesses en terme de thriller à forte tendance horrifique sont pour le moins appétissantes. Visiblement très inspiré par la culture « de genre » (on vous laisse découvrir les quelques références, il y en a une poignée), Yoshinobu Yamada débute cette nouvelle série pied au plancher, avec un tome si efficace qu’on l’a lu d’une seule traite. Le genre de découverte qui rassure quant à l’état de la production manga actuelle : il y a de sacrées rencontres encore au programme !

Deathtopia T1, un manga par Yoshinobu Yamada. Aux édition Soleil Manga, collection Seinen, 192 pages, 7.99 euros. Sortie le 22 février 2017.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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