[Critique] Mes premiers airs de reggae – Aurélie Guillerey

image mes premiers airs de reggaeUn livre sonore agréablement paisible

On continue notre découverte des petits livres musicaux édités par Gründ (Mon petit Bach, Bonne nuit !, Drôles d’oiseaux !), qui se démarquent de par des sujets très précis. Vous connaissez notre intérêt pour ce genre d’ouvrage, qui contiennent en eux bien des forces, aussi bien pédagogiques que ludiques, et font le bonheur des lectures partagées et participatives. Voir l’enfant tâtonner sur les pages, et comprendre que la pression sur cette puce provoque un bruit, c’est toujours un moment de pur régal. Cette fois-ci, c’est un style musical qui fait l’objet d’un focus, avec Mes premiers airs de reggae, titre on ne peut plus clair sur les intentions que porte l’ouvrage.

Pas de scénario à proprement parler pour Mes premiers airs de reggae, mais une succession de scénettes, dont l’utilité est d’installer une situation idéal pour l’extrait joué. Et cela fonctionne très bien, dès le début avec évidemment la Jamaïque en toile de fond. Abordons les morceaux : ils sont au nombre de six, et leur sélection pourra surprendre, du moins en partie. Si les grands classiques sont évidemment de la partie, Kingson Town (de Lord Creator), Get Up, Stand Up ( de Bob Marley et Peter Tosh), One Love (de Bob Marley et Curtis Mayfield), I Can See Clearly Now (de Johnny Nash), les deux derniers sont moins reconnus. Sweet Fanta Diallo (d’Alpha Blondy) et Plus rien ne m’étonne (de Tiken Jah Fakoly) provoqueront un peu moins l’engouement des parents pas spécialement puristes, ceci dit en terme de rythmique on peut comprendre ces choix : ça bouge bien sur les quelques secondes d’extrait.

Des puces qui assurent le spectacle

D’ailleurs, concernant le rendu des puces de Mes premiers airs de reggae, sachez que le son en lui-même est bon, clair et sans fioritures. La durée des extraits est à chaque fois acceptable, impeccable pour couvrir les passages les plus représentatifs. Par contre, les instruments d’origine ne sont pas de la partie, très certainement pour des questions de droits. Du coup, c’est Stéphane Dumont, pianiste et arrangeur (qui a notamment participé à Mon ABCD des berceuses, toujours chez Gründ), qui assure les partitions, et cela fonctionne bien. Il réussit à garder l’identité des chansons, sans faire appel aux paroles, ce qui est un exercice toujours difficile.

Et, côté dessins, on retrouve Aurélie Guillerey (L’enfant aux cheveux d’or, Petit ogre). Sa palette graphique fait merveille, et son style naïf, très expressif, pousse l’enfant à se prendre au jeu, à se plonger dans ces environnement à la recherche (aisée, évidemment) de la fameuse puce. Les décors contiennent assez de petits détails pour amuser, et même éduquer, on pense notamment à cette inscription « Fabrics » dans le premier tableau, qui a provoqué, lors de notre test, une question de la part de l’enfant. Ainsi, on a pu expliquer qu’il existe toute une culture derrière le reggae, et cela n’est pas un mal. Si l’on ajoute que Mes premiers airs de reggae est doté d’une édition, signée Gründ, comme toujours d’un niveau satisfaisant, alors on obtient un livre musical aussi conseillé que détendu.

Mes premiers airs de reggae, un livre audio illustré par Aurélie Guillerey. Aux éditions Gründ, 12 pages, 9.95 euros. Paru le 30 mars 2017.

Natacha Fleurot

Natacha Fleurot

Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.
Natacha Fleurot
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