[Critique] Je t’invite à ma fête – Julia Donaldson, Axel Scheffler

image je t'invite à ma fêteUn livre animé aux délicieuses illustrations

Le couple artistique formé par Julia Donaldson et Axel Scheffler, c’est une affaire qui fonctionne, qu’on se le dise ! Et ce ne sont pas les éditions Gallimard Jeunesse (Je veux faire la sieste, Chien des villes, Pablo et les oeufs multicolores) qui avanceront le contraire, elles qui font paraître des œuvres de ce duo assez régulièrement. Et comment leur donner tort, alors que les différentes histoires, inventées par les deux artistes, font fureur auprès des enfants ? Cette fois-ci, nous abordons un livre animé, plus particulièrement un ouvrage qui utilise des rabats-surprise afin d’illustrer le propos d’une histoire à destination des plus petits. Cette œuvre s’intitule Je t’invite à ma fête.

Le récit de Je t’invite à ma fête est plus léger que d’autres livres signés Julia Donaldson et Axel Scheffler, du fait de la cible plus jeune que les enfants visés, par exemple, par Gruffalo ou Zébulon le dragon et les médecins volants. Mais cela ne signifie absolument pas que les auteurs auraient fait preuve de simplisme, loin s’en faut. Comme d’habitude avec eux, le récit prend la forme d’un cheminement : Ours écrit trois lettres, et s’en va les poster. C’est sur ce postulat que se construit l’histoire qui, de facto, provoque un sentiment de marche en avant. Et, donc, cela facilite les différentes rencontres, faisant de chaque personnage une étape vers la conclusion.

Une moralité pleine de bonnes intentions

On trouve peut-être un peu moins d’humour dans Je t’invite à ma fête que dans les autres textes de Julia Donaldson, mais on décèle tout de même des qualités narratives évidentes, et surtout une finalité qui donne à l’enfant l’impression que les situations ont accouché d’un résultat. Ici, prendre la peine de se déplacer, afin de distribuer des lettres, construit un lien qui provoque la présence des amis d’Ours à sa fête. Action, et réaction. Une moralité plutôt bienvenue, à l’heure où écrire des lettres se perd totalement, au profit des mails et des textos.

Pour les illustrations de Je t’invite à ma fête, c’est évidemment Axel Scheffler qui est aux commandes, et c’est toujours un bonheur que d’admirer ses travaux. On reconnaît sa patte dès le premier coup d’œil, ce rendu un peu « années 1980 », volontairement naïf et pourtant pas du tout dénué d’un sacré humour. On pense surtout aux regards des personnages, qui laissent apparaître un côté malicieux qui fait mouche à tous les coups. Quant aux rabats-surprise, ils sont admirablement pensés, et se fondent dans les décors assez subtilement, de sorte que l’enfant s’amuse à les trouver, sans non plus éprouver grand mal dans ce petit jeu. Signalons, enfin, l’édition très solide de Je t’invite à ma fête, comme d’habitude avec Gallimard Jeunesse : papier cartonné bien épais, rabats robustes qui résisteront aux mains parfois énergiques des bambins. Bref, du tout bon !

Je t’invite à ma fête, un livre jeunesse écrit par Julia Donaldson, illustré par Axel Scheffler. Aux éditions Gallimard Jeunesse, 12 pages, 9.90 euros. De 2 à 5 ans. Paru le 9 février 2017.

Natacha Fleurot

Natacha Fleurot

Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.
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