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[Critique] L’île du Docteur Moreau – Dobbs, Fabrizio Fiorentino

Caractéristiques

  • Auteur : Dobbs, Fabrizio Fiorentino
  • Editeur : Glénat
  • Collection : H. G. Wells Collection
  • Date de sortie en librairies : 14 juin 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 56 pages
  • Prix : 14,50€
  • Acheter : Cliquez ici

Une adaptation à la hauteur des attentes

Glénat continue son superbe travail d’édition des grands classiques de H. G. Wells, cette fois-ci avec un titre qui provoque bien des réactions différentes. En effet, si L’île du Docteur Moreau est un roman parmi les meilleurs de son auteur, on ne peut pas écrire qu’il fut gâté par ses adaptations cinématographiques, et en particulier celle de 1996 (réalisée par John Frankenheimer), film maudit par excellence. En raison de cet échec retentissant, le titre a perdu de sa superbe. Et pourtant, nul doute que cette histoire a de quoi évoquer bien des choses, d’autant plus à l’heure d’une bénéfique prise de conscience de la souffrance animale.

L’île du Docteur Moreau s’intéresse à Edward Prendrick, unique survivant d’un naufrage. Alors que la vie semble lui tourner le dos, il est secouru par Montgomery, l’assistant d’un certain Docteur Moreau. Depuis une dizaine d’années, sur leur île isolée du monde, les deux scientifiques se livrent à de terribles expériences, greffant et modifiant génétiquement des animaux pour les rendre doués de conscience et de parole. Sur place, les Hommes-bêtes obéissent à un ensemble de règles bien précises, intitulé la Loi, leur interdisant tout comportement primitif, et vénèrent Moreau tel un dieu. Mais Prendick découvrira bien vite que les pulsions animales de ces créatures sont loin d’être oubliées…

Comme pour tous les albums de cette prestigieuse collection consacrée à H. G. Wells, L’île du Docteur Moreau est scénarisé par Dobbs (Odyssée sous contrôle, Mister Hyde contre Frankenstein), et l’on commence à s’habituer à sa belle manière de transposer les écrits vers l’image. Oubliez ce que vous avez vu sur grand ou petit écran, car cette bande dessinée résulte sur une bonne adaptation, proche de l’esprit de l’ouvrage et surtout sans concessions. En un one-shot, l’auteur réussit à capter ce qui fait la grande force de l’œuvre : le fond écolo certes, mais aussi l’action tonitruante, et la violence de certaines situations. La confrontation qui oppose Prendick et Moreau est peut-être un peu sous-évoquée, car le récit se doit d’avancer vite, mais on ressent bien tout ce qui sépare un Homme de Raison, et un scientifique certes génial mais aveuglé par le progrès, et non le Bien.

Une action qui n’hésite pas à se faire violente

Ainsi, L’île du Docteur Moreau n’hésite pas à rendre compte des abominations de son personnage éponyme. Les dessins de Fabrizio Fiorentino (The Amazing Spider-Man, Catwoman) peuvent être qualifiés de réalistes, et le style en lui-même donne dans la modernité. Comme souvent en ce moment, on a là un travail sur ordinateur très propre, fin, couplé à un gros travail sur les couleurs (par Matteo Vatani), ici un peu rétro. Tout cela pour nous montrer les horreurs de Moreau, dans des pages découpées avec énergie. La violence est au rendez-vous, et c’est une bonne chose tant elle favorise un impact très puissant. La nature profonde des monstres ne pourrait pas s’avérer aussi importante si elle n’était pas en complet paradoxe avec ce que le scientifique fou tente d’éduquer.

Au final, L’île du Docteur Moreau est un one-shot soigné, qui certes aurait pu s’avérer encore plus marquant s’il avait fait l’objet d’une pagination plus large. Tout de même, on est certain qu’il s’agit là d’un moyen idéal de prendre contact avec l’œuvre de H. G. Wells, et nous conseillons d’enchaîner avec le roman. On ne peut pas passer à côté d’un dernier élément important : la qualité de cette édition, signée Glénat. Le logo très classieux, la couverture légèrement granuleuse, et son illustration qui donne envie de découvrir le contenu : voilà du bel ouvrage.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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