[Critique] Greg Mandel : l’intégrale – Peter F. Hamilton

Caractéristiques

  • Auteur : Peter F. Hamilton
  • Editeur : Bragelonne
  • Date de sortie en librairies : 20 septembre 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 1200
  • Prix : 25€
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Trois thrillers technologiques de belle envergure

Peter F. Hamilton, on vous en parlait à l’occasion de la sortie des Naufragés du Commonwealth (Tome 1, et Tome 2). Son style, très axé sur la technologie et le soap opera, accouche de deux branches : l’une est clairement identifiée comme de la Hard SF, tandis que l’autre peut tout à fait être considérée comme plus populaire. Mais les deux ont un point commun : l’auteur, l’un des plus en vue chez les amateurs du genre, ne triche pas. Hors de question de proposer des récits moins denses, et c’est justement ce que nous allons vérifier avec ce beau recueil sorti chez Bragelonne (HexFaërie) , intitulé Greg Mandel : l’intégral.

Comme le titre l’indique sans l’ombre d’un doute, Greg Mandel : l’intégral s’intéresse à un personnage en particulier. Bienvenue au vingt-et-unième siècle. Le réchauffement climatique est irréversible. Après diverses catastrophes, un libéralisme effréné règne sur notre planète et les grandes compagnies détiennent désormais le pouvoir. Dans un tel environnement, un homme averti peut très bien tirer son épingle du jeu. Un homme comme Greg Mandel, ancien soldat d’élite de la brigade Mindstar et doté d’un implant biotechnologique qui fait de son intuition une arme redoutable. Pendant que les cartels se disputent sans merci une nouvelle source d’énergie révolutionnaire, la tension atteint son paroxysme… et Greg Mandel va affronter l’épreuve ultime.

Greg Mandel : l’intégrale regroupe trois livres : Mindstar, Quantum et Nano. L’ensemble de la saga, donc, ce qui en fait, vous vous en doutez, l’occasion rêvée de découvrir cette série. Mindstar pose les bases de l’univers. Nous est révélée une Angleterre en reconstruction, après une cascade de phénomènes aussi destructeurs qu’évitables. Seulement, alors que la technologie a opérée quelques avancées notables, comme la mise en orbite des industries, la planète est désormais aux mains des multinationales, qui se sont substituées aux gouvernements choisis par les civils. C’est dans cette ambiance morose que va se développer une enquête, sur laquelle est positionnée le fameux Greg Mandel. On remarque vite un élément, surtout si vous connaissez un peu l’œuvre de Peter F. Hamilton : le récit est plus resserré que ce que l’écrivain a pu produire. Point de vue, personnages moins nombreux (mais plus mémorables), on a là un roman qui sait se concentrer sur son intrigue, la gâte par une profondeur agréable, sans trop perdre de vue les problématiques. Une belle entrée en matière, surtout que le conflit est très bien géré : on ne voit rien venir, dans cette histoire d’espionnage industriel et, donc, de trahisons.

Enquêtes à hauts risques, univers intéressant, et personnages fouillés

Le deuxième tome, Quantum, nous donne à retrouver un Greg Mandel qui se la coule (presque) douce, après avoir amassé un joli butin. Seulement, vous connaissez le dicton : chassez le naturel, il revient au galop, et c’est ce qui va se produire. Julia va le sortir de sa retraite afin d’enquêter sur le meurtre sauvage du docteur Edward Kitchener. Physique quantique au programme, et cette fois-ci ce sont les sauts dans le temps qui vont se retrouver au centre du conflit. On sent que le sujet intéresse beaucoup Peter F. Hamilton, qui ne peut s’empêcher quelques incartades, pas toujours utiles, afin de développer quelques théories. Du coup, ce second tome est un tout petit peu moins fluide, mais rassurez-vous : on fait toujours face à un thriller de science fiction, et l’enquête reste captivante, surtout dans une deuxième partie plus énergique. Les personnages sont toujours aussi justes dans leur description, et gagnent en profondeur.

Le dernier volume, Nano, est peut-être celui qui nous a le plus séduit. Malgré un début assez poussif, pendant lequel l’auteur nous assène des éléments importants (pour la suite du roman) mais de manière un peu trop plate pour que l’on soit totalement attentif, l’action est beaucoup mieux construite. Peter F. Hamilton ne laisse rien au hasard, de sorte que nous devons vous conseiller : ne sous-estimez aucun passage, aucune situation, car tout trouve un écho, tôt ou tard. Aussi, surveillez bien Julia, car ce personnage, l’un des plus mémorables de la saga, va prendre un relief assez inattendu. L’écrivain se laisse aussi aller vers ce qui va le passionner de plus en plus fortement : l’espace. L’intrigue, véritable polar technologique, se situe notamment en orbite, et les descriptions annoncent ce que l’auteur produira par la suite. On pourra regretter quelques passages un peu superflu, voire des protagonistes secondaires un peu moins gâtés qu’auparavant, mais ce point final est assez savoureux pour que cette série, pas la plus reconnue, soit redécouverte avec plaisir.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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