[Critique] Les petites morts – Davy Mourier

Caractéristiques

  • Titre complet : Les petites morts : retour vers le fémur
  • Auteur : Davy Mourier
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Humour de rire
  • Date de sortie en librairies : 8 novembre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 98
  • Prix : 15,50€
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Quand une Yaourtière est à l’origine de la plus grande prise de tête de l’Histoire

L’univers de Davy Mourier (Super Caca Tome 1, Tome 2, vous avez bien lu) est décidément bien large. Geekeries, crottes et Grande Faucheuse se partagent un esprit assez atypique, et ce malgré l’explosion d’une culture pop devenue très… vendeuse, écrirons-nous. On vous conseille, par exemple, de vous replonger dans la première saison de la série Nerdz. Car, si elle est clairement imparfaite, parfois un peu éreintante, on y trouve un allant rafraîchissant, du moins dans l’esprit. Car, au fond, on voyait tout de même poindre un certain état d’esprit, qui depuis a su se trouver un terrain de plein exploitation. La bande dessinée offre une certaine liberté à l’auteur, notamment une série qui prend comme héroïne miss décès. Aujourd’hui, nous en abordons l’un des spin-off, ou plus précisément un préquel : Les petites morts, aux éditions Delcourt.

Et si tout était l’œuvre d’une Yaourtière ? Le jour, la nuit, les animaux, la mer, le vocodeur, tout est créé par ce Grand Tout. Et pour défoncer la tronche de l’ennui, parce que y’a pas à dire c’est long l’éternité, il a fallu que ce produit laitier dominant invente ce qui ne cessera de turlupiner l’humanité : la mort. Afin de gérer l’incroyable rythme du trépas, il fallait bien un travailleur, ou une travailleuse, et pas de trente cinq heures ici ! C’est ainsi que la première Faucheuse fut mise au monde, en des temps si reculés que personne ne se prenait la tête avec l’écriture inclusive. Vous imaginez ?

Les petites morts, c’est une centaine de page d’histoires courtes, voir même de quasi-strip pour certaines. Cette forme permet de mettre en place une sensation de progression, au sein d’une Histoire dont il est le seul garant, tout en jouant des situations ainsi créées. Les différentes petites morts sont autant de témoins d’une époque, voire même des outils pour que Davy Mourier puisse construire ses gags en fonction de l’époque prise en sujet. On débute bien entendu par la préhistoire, ou plus exactement la pré-pré-histoire, avant même que le bipède ne fasse parler de lui, et l’humour très reconnaissable de l’auteur englobe le tout. Bon, déjà le coup de la Yaourtière est du genre à faire sourire. On est totalement dans l’absurde, et bien vite on se prend à dévorer ce n’importe quoi fonctionnel. Car, derrière l’apparente tonalité grinçante, noire, se cache une substantifique moelle qui justifie le propos. Il est, d’ailleurs, assez bien identifié dans l’introduction de Monsier Poulpe.

Humour décalé, noir, pour un univers bien dans l’esprit de l’auteur

Les petites morts traverse les temps, jusqu’à ce que quelques personnages publics soient, eux aussi, fauchés en plein vol. Une temporalité qui, d’ailleurs, est parfois un peu mise à mal par des sauts dans le temps pas toujours très clairs. Mais il serait assez injuste que de penser que, dans cette œuvre, la forme prime sur tout. L’humour pourra parfois avoir des petits ratés, mais ils seront ressentis comme autant de « blagues pourries », concept bien connu et apprécié, parfois plus que les gags à la précision chirurgicale. Résulte de tout cela un album qui prolonge bien l’esprit de la série, laquelle est désormais l’objet d’une série animée. Logique, tant les dessins, simple et efficace comme le veut l’adage, ont su trouver un créneau.

Signalons aussi la très bonne qualité d’édition de Delcourt (La Horde du Contrevent Tome 1). L’écrin, avec sa couverture cartonnée, fait naître l’envie de bien belle manière. Le contenu est complété d’éléments en réalité augmentée, donc un retour à cette technologie pour la série. Il faut, pour cela, télécharger l’application, sur iTunes ou Google Play. Certaines pages sont signalées par une petite tête de mort, il suffira de les scanner, et du contenu s’offrira à vous, comme des vidéos ou un descriptif de goodies qui furent offerts à l’auteur par les gens venus se faire dédicacer leur exemplaire. On peut aussi vous conseiller de vous pencher sur l’application La petite mort VR, totalement gratuite, qui propose un petit jeu d’aventure sympa. Preuve de la générosité de cet univers.

7/10

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