[Critique] Monstress, tome 2 — Marjorie Liu & Sana Takeda

Caractéristiques

  • Titre complet : Monstress, tome 2 : La Quête
  • Auteur : Marjorie Liu (scénario) & Sana Takeda (dessin)
  • Editeur : Delcourt
  • Date de sortie en librairies : 18 octobre 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 16,50€
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Aux origines du mal…

Après un premier tome exceptionnel, Monstress est de retour et confirme les nombreuses louanges dont la série a fait l’objet en France comme à l’international. Nous suivons donc la suite des aventures de Maika demi-loup, Kippa et Ren Marmorian, qui font cette fois-ci force commune avec des pirates dirigés par le parrain de la jeune femme (un tigre géant)  pour arriver aux portes de la cité de Thyria. Toujours à la recherche d’éléments de réponse sur sa défunte mère et son passé, Maika cherche à comprendre si sa mère a volontairement fait d’elle ce qu’elle est devenue : une fille habitée par un monstre sanguinaire recherché par de nombreuses personnes, qui veulent soit le contrôler, soit le détruire.

image planche 2 monstress tome 2 éditions delcourt
© Delcourt

La relation entre l’héroïne et ce monstre qu’elle nomme “La Faim” est d’ailleurs l’une des grandes forces de ce tome 2 : plutôt que de continuellement lutter contre cette entité mystérieuse, elle doit apprendre à communiquer, parfois à faire corps avec elle afin de survivre. Par ailleurs, la Faim, quoique sans scrupules, apparaît assez pathétique par moments puisqu’elle est capable de ressentir la peur, ainsi qu’une certaine forme de peine. Après les révélations du tome 1, Maika continue d’enquêter sur les origines du monstre, et le lien qui le lie à elle et sa famille. Comme précédemment, le récit alterne entre présent et flash back, où l’adolescente se remémore les leçons durement acquises auprès de cette mère aimante mais autoritaire qui semblait penser que la force de coeur et de caractère de sa fille détermineraient l’avenir du monde… Et, en effet, la suite des événements semble en grande partie dépendre de la façon dont Maika pourra s’allier à La Faim sans se perdre ni perdre le contrôle, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. La jeune fille et la créature étant liées, la grande question ici est de savoir si Maika pourra suffisamment influer sur la bête pour ne pas la laisser prendre l’ascendant sur elle. Dans cette suite, en tout cas, elles auront l’occasion de s’allier contre des forces terrifiantes…

Une suite qui tient ses promesses

image planche 3 monstress tome 2 delcourt
© Delcourt

Le dessin de Sana Takeda est toujours aussi somptueux, à mi-chemin entre comics et manga, avec une influence steampunk et Art Déco évidente. Le monstre impressionne toujours autant par la finesse de sa représentation, de même que les créatures (renard maléfique, sirènes sanguinaires…) qui croisent la route des personnages dans ce tome 2. Idem pour les décors (toujours aussi détaillés), et plus particulièrement ceux de l’île de Bones. Il y a un bel équilibre entre la beauté et l’harmonie du dessin, et le côté parfois plus brut, pour ne pas dire sombre et violent, qui se dégage de l’action. Quant au récit de Marjorie Liu, après un tome 1 passionnant mais assez dense à lire, il nous plonge cette fois-ci la tête la première dans l’action, sans oublier d’étoffer encore un peu plus sa mythologie à travers les fins de chapitre explicatives racontées par les chats-philosophes. Si l’intrigue reste difficile à résumer, sa richesse est sans conteste l’un des grands atouts de la série, qui nous décrit là un univers à part entière, avec son histoire et ses luttes particulières. L’histoire des personnages fait quant à elle ressortir ce contexte complexe en lui donnant une véritable importance et une épaisseur qui apportent une dimension épique à l’ensemble. Une nouvelle réussite donc, qui nous rend plus qu’optimistes pour la suite.

8/10

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