[Critique] La route de Tibilissi — Chauvel & Kosakowski

Caractéristiques

  • Auteur : David Chauvel (scénario), Alex Kosakowski (dessin) et Lou (couleur)
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Terres de Légendes
  • Date de sortie en librairies : 11 avril 2018
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 176
  • Prix : 22,95€
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Un roman graphique entre survival, fantasy et SF

Proposé dans la collection Terres de Légendes des éditions Delcourt (Venosa, De Cape et de Crocs…), La route de Tibilissi est signé par le directeur de collection David Chaumel (scénariste de longue date) et le concept artist de jeu vidéo californien Alex Kosakowski, dont il s’agit là de la première bande-dessinée. Ce sympathique roman graphique de 180 pages nous propose une histoire nimbée de mystère, au carrefour de nombreux genres et influences. En effet, il s’agit à la fois d’un survival (deux frères tentent de traverser un pays en guerre pour se mettre à l’abri chez leur grand-père), et d’un récit à mi-chemin entre science-fiction (la présence d’un droïde), fantastique (la fin ?) et heroic fantasy par sa dimension merveilleuse.

image planche 5 la route de tibilissi david chaumel alex kosakowski éditions delcourt
© Delcourt

Nous y suivons les aventures de deux frères (un petit garçon d’environ 10 ans et un adolescent) qui vivent dans un monde moyen-âgeux en guerre. Alors que l’ennemi attaque leur village et massacre leurs parents sous leurs yeux, leur père, dans un dernier souffle, leur donne son épée et leur ordonne d’aller rejoindre leur grand-père à Tibilissi, où ils seront à l’abri. Un long et dangereux voyage commence alors, où les deux enfants, dont la route croise rapidement celle de villageois en fuite, devront affronter de nombreux dangers : guerriers sanguinaires, loups affamés… Le plus jeune des deux frères est par ailleurs accompagné de ses deux meilleurs amis, Doubi et Trois-trois, une sorte d’Ewok blanc à cornes vêtu d’une cape en feuillage et son inséparable droïde, qui le rassurent et les aident à faire face.

Une histoire aux allures de conte initiatique

image planche 12 la route de tibilissi éditions delcourt
© Delcourt

A partir de là, il est difficile de vraiment développer sur l’histoire de peur de trop en dévoiler. Cependant, il apparaît vite que La route de Tibilissi joue davantage sur l’épure que sur une série de rebondissements. Le motif du voyage et de la traversée sont privilégiés, et David Chaumel s’intéresse tout particulièrement à la manière dont ces enfants plongés dans des conditions atrocement dures parviendront à survivre : fraternité, courage, imagination… Jusqu’au twist final (à propos duquel on pourra trouver quelques indices savamment distillés), qui par ailleurs ne résout pas tout, laissant une part certaine d’interprétation au lecteur, dont l’imagination fera le reste.

Pour illustrer cette histoire aux allures de conte initiatique (on retrouve d’ailleurs plusieurs éléments des contes : la forêt, la sorcière, les loups, les enfants perdus…), Alex Kosakowski a opté pour un style aussi riche qu’attachant, empruntant tantôt à l’heroic fantasy, tantôt à la BD historique européenne, avec une touche de Star Wars pour le design de Doubi et Trois-Trois. Entre un style réaliste assez sec dominé par des teintes froides et une dimension plus naïve, l’artiste parvient à fondre ses différentes influences en un tout cohérent pour nous immerger dans ce monde en guerre dominé par une immense forêt enneigée où, malgré les horreurs dont il est témoin, le plus jeune des frères demeure un enfant. Un beau roman graphique qui plaira aux amateurs de littératures de l’imaginaire.

7/10

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