[Test] Little Dragons Café : un jeu apaisant

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : Toybox
  • Editeur : Rising Star Games
  • Date de sortie : 21 septembre 2018
  • Acheter : Cliquez ici

Un pilier de bar du genre ?

image jeu little dragons cafe
Tenir un restaurant, ce n’est pas de tout repos.

On abordait récemment Harvest Moon : Lumière d’Espoir, dernier-né de la licence créée par Yasuhiro Wada. Un nom japonais qui, si vous êtes calés en la matière, éveillera en vous quelques souvenirs plus ou moins récents. En effet, le bonhomme a pris ses distances avec Harvest Moon, tout d’abord pour prendre le poste de Président de Marvelous Intercative, éditeur et distributeur bien connu, notamment pour son travail sur No More Heroes. Après son départ, après un court passage chez Grasshopper Games, il prend encore son envol, fonde Toybox en 2011 afin de lancer d’autres jeux. On pense au tout récent Birthdays The Beginning. Un autre est, désormais, à mettre à son actif : Little Dragons Café, jeu de gestion assez intéressant.

On ne va pas faire miroiter le contraire : Little Dragons Café n’est pas du genre à raconter une histoire ultra passionnante. Par contre, on se doit de souligner que le récit s’avère certes simple, mais surtout bien calibré. Le jeu déploie un univers à forte personnalité visuelle, la direction artistique construit une ambiance que l’on pourrait, par paresse, réduire à de l’enfantin. Écrivons plutôt que l’univers se situe entre le mignon et l’innocent, ce qu’il fallait accompagner d’un récit qui justifie ce choix. Ainsi, on fait la connaissance de deux jumeaux : un garçon et une fille, que vous pourrez nommer à votre convenance. D’ailleurs, c’est l’un d’eux qui sera votre avatar, là encore selon votre désir. Avec leur mère ils s’occupent du Little Dragons Café, jusqu’au jour où cette dernière est subitement victime d’une maladie de sang, et s’endort profondément. Les enfants vont devoir se débrouiller seuls, non seulement pour faire fonctionner l’endroit, mais aussi pour soigner leur unique parent. Et pour ce faire, il va falloir prendre grand soin d’un dragon…

Tamagotchi qui rencontre Cooking Mama ? Non, le concept de Little Dragons Café va plus loin que ce crossover improbable, même si quelques extraits de saveur peuvent s’en approcher. Le joueur va devoir non seulement gérer son établissement, mais aussi récupérer des ingrédients par différents biais (cueillette, pêche, chasse, et d’autres méthodes), et faire évoluer le dragon en atteignant certains stades du scénario. Ainsi, l’exploration est un pilier important au sein de cette expérience. L’île n’est pas spécialement très vaste, mais ses différents territoires s’ouvrent à vous au fur et à mesure, ce qui construit une impression d’évolution. Celle-ci est un  autre des piliers, car votre  avatar ne sera clairement plus le même en fin d’aventure, non pas physiquement mais en terme de capacités. En cuisine, les plats un peu banals vont faire place à de vrais chefs-d’œuvre culinaires, et le restaurant en sortira grandit, aussi bien dans sa réputation que sa superficie. Les visiteurs laissent des commentaires, à vous d’adapter le menu en fonction des retours. Et, bien vite, l’ascenseur de l’établissement proposera de rejoindre plusieurs étages.

Quand la gestion se fait kawai

image little dragons cafe
Le dragon sera emmené à évoluer.

La gestion est le troisième pilier de Little Dragons Café. Pour que la petite entreprise ne connaisse pas la crise, il faudra s’assurer que la carte du restaurant soit souvent rehaussée de nouveaux plats, plus savoureux que les précédents. Pour ce faire, il va falloir assembler des morceaux de recettes, lesquels devront être dénichés un peu partout sur l’île. Il est aussi possible de récupérer des idées de plats en parlant à vos collègues, lesquels vous rejoindront au fur et à mesure du récit. Pour que ces délices soient aussi appréciés des clients, vous vous doutez que les ingrédients ne devront pas manquer. Là encore, c’est dehors que tout se joue. Aussi bien dans le potager, que de manière beaucoup plus sauvage. Et ne pensez pas que votre salade verte ne peut que s’exprimer avec des tomates et autres éléments classiques. Vous aurez le choix : ajouter des champignons, des radis, afin de modifier la recette, et peut-être atteindre le nirvana du palais. Quand la recette est prête à être effectuée, un mini-jeu, à l’image d’une jeu de rythme, se met en place. Si votre prestation aux fourneaux ne souffre d’aucune fausse note, le résultat sera suprême. Dans le cas contraire, la note baissera, et la qualité du plat suivra.

Chaque soir, à minuit, est distribué la notation de la journée. On peut y vérifier notre prestation dans les services, mais aussi les plats que les clients préfèrent, l’état d’esprit des collègues, ou encore le taux de satisfaction. Tout cela n’est pas à prendre à la légère, car une jauge rend compte de vos progrès. Alors certes, Little Dragons Café peut décevoir sur le manque de personnalisation de l’endroit. Aussi, les mouvements de l’avatar se révèlent marqués par une inertie trop prononcée, la rigidité des sauts, et une lenteur assez terrible de la démarche. Heureusement, l’évolution du dragon offre la possibilité de passer outre ces limites. Car l’animal, qui peut changer de couleur selon ce que vous lui donnez à manger, ne va pas se contenter de vous accompagner : son rôle est majeur dans votre quête. Plus il grandit, plus il est apte à se débarrasser de monstres qui vous barrent la route, mais aussi d’embûches plus inoffensives. Une fois à maturité, l’avatar pourra même grimper dessus, direction le ciel, afin de se déplacer largement plus vite.

La vie de votre avatar, dans Little Dragons Café, a besoin d’organisation. Vous vous rendrez compte que tenir ce petit bout de paradis terrestre demandera la mise en place d’une certaine routine. Est-elle ennuyante ? Cela dépend évidemment de votre propension à apprécier ce genre de jeu, mais globalement on aura traversé les quelques 30 heures nécessaires à l’histoire principale (comptez bien, mais alors bien plus, si vous voulez tout voir) avec beaucoup de plaisir. Il nous faut terminer avec l’aspect purement technique, vraiment pas le point fort de ce titre. C’est pas hyper fin, la distance d’affichage se révèle décevante, et le soft a même l’audace de ne pas tout le temps rester fluide. Heureusement, l’aspect kawai de l’ensemble redresse un minimum la barre. On note aussi quelques bugs de collision, parfois assez déroutants, comme ce morceau de viande qui reste coincé dans un mur. On pardonnera à la vue du budget, en espérant tout de même qu’une suite viendra dépasser l’original.

Note : 13/20

Little Dragons Café est une expérience apaisante, que nous conseillons à ces joueurs qui recherchent une occasion de souffler, entre deux jeux guerriers. Pas d’antagoniste machiavélique, mais une volonté de nous offrir de l’activité, et pas qu’un peu. si le concept en lui-même peut parfois s’avérer un peu répétitif, surtout avant que l’intégralité de l’île ne soit accessible, on ressent tout de même une constante impression d’évolution, qui nous pousse à avancer. Le seul véritable regret se situe du côté de la technique, qui aurait besoin d’un bon gros coup de polish. À l’occasion d’une suite ? On l’espère, c’est dire si l’on a apprécié ce titre sympathique.

6/10

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