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[Test] Steins;Gate Elite : le visual novel revient encore plus fort

Caractéristiques

    • PlayStation 4
    • Nintendo Switch
  • Développeur : 5pb.
  • Editeur : Spike Chunsoft
  • Date de sortie : 19 février 2019
  • Acheter : Cliquez ici

Le meilleur visual novel disponible en Europe à ce jour

image test steins gate elite
L’ambiance du jeu est hyper soignée.

Si vous suivez notre webzine, alors vous savez qu’on aime mettre en avant tous les horizons de l’industrie vidéoludique. Parmi eux, le japonais est redevenu l’un des plus passionnants, après une petite phase de creux, sur la précédente génération de consoles. L’empire du skill, des directions artistiques décomplexées, et des jeux à fortes mécaniques, nous est cher, oui. Et même dans ce qu’il a de plus obscur à proposer. Comme, par exemple, le visual novel. Si vous ne connaissez pas encore ce genre, sachez qu’il s’agit, pour faire simple, de romans interactifs, qui font la place belle aux textes. Vous comprendrez, dès lors, que ses représentants ont mis du temps à nous parvenir : l’effort de traduction se fait encore plus poussé que pour un J-RPG. Mais le succès de certaines localisations anglaises, menées par exemple par le fantastique Danganronpa, a permis une certaine poussée vers nos latitudes. En quelques mois, on a pu découvrir des softs aussi fous que 428 Shibuya Scramble, Tokyo Ghost Hunter, ou encore Root Letter. Mieux, on a même salué la localisation française de Danganronpa V3 et Song of Memories. La porte est donc ouverte, et voilà que se faufile l’un des plus incroyables des représentants…

Comme Rintaro Okabe, prenons la machine à remonter le temps, direction 2009. Voilà dix ans, la Xbox 360 tentait une percée sur le sol nippon. Si, une dizaine d’années plus tard, les résultats de cette politique n’ont pas donné de beaux fruits chez Microsoft, on ne peut que souligner la belle tenue des jeux qui soutenaient l’objectif. Lost Odyssey, Earth Force Defense, et tout un tas de shooters se sont alors retrouvés sur cette plateforme. On pouvait aussi compter sur une flopée de jeux visual novel, dont Steins;Gate. Si l’amour des japonais pour la machine n’était pas très expressif, le soft a fait fureur. Et pour cause : il s’agit d’un pur chef-d’œuvre, encore tout à fait d’actualité. L’engouement a, d’ailleurs, poussé la licence vers le transmédia, avec la création d’un manga, de divers CD, et d’une série animée. Laquelle a aussi rencontré un grand succès. À tel point, d’ailleurs, que le studio de développement, 5pb., s’est lancé dans des suites vidéoludiques (dont l’excellent Chaos;Child). Et, désormais, dans un remake, puisque Steins;Gate Elite en est un. Cette sortie est-elle une réelle nécessité ? Oui, sans aucun doute.

L’histoire reste la même, complétée de trente heures de nouvelles histoires (inédites en France), contenues dans Linear Bounded Phenogram, à télécharger gratuitement grâce à un code contenu dans le boitier. Avant de revenir sur ce spin-off, rappelons que Steins;Gate s’attache à nous raconter l’histoire de Rintaro Okabe, jeune homme de 18 ans quelque peu excentrique, auto-proclamé savant-fou, et qui découvre par le plus grand des hasard le moyen de voyager dans le temps, uniquement vers le passé. Dès lors, le voilà parti pour une découverte fascinante : chaque action, lors de ses voyages, créée un écho, parfois dramatique, d’autres fois bien plus amusant, d’où le petit côté décalé du soft. Surtout, le scénario, très malin, offre une spécificité à notre personnage principal, appelée Reading;Steiner. Pour faire simple, le jeune homme impétueux garde toute sa mémoire, quoi qu’il advienne, ce qui lui accorde un véritable pouvoir pendant son enquête. Car, bien vite, le scénario va s’emballer, sans non plus devenir trop complexe.

Un remake qui perfectionne encore le jeu originel

image jeu steins gate elite
L’histoire vous tiendra en haleine, pendant des dizaines d’heures.

En effet, des meurtres, puis une entité mystérieuse, le SERN, vont intervenir dans Steins;Gate Elite. Et c’est ici, bien évidemment, que le genre visual novel va prendre tout son sens. Rappelons qu’il ne faut pas s’attendre à du gameplay trop poussé, comme dans Beyond : Two Souls et autres jeux d’aventure axés sur la narration. Il ne s’agit pas du tout du même trip. Ici, vous allez lire, vous faire hypnotiser par l’écriture, et prendre quelques décisions plus ou moins importantes. Ce sont les répercussions, qui devront surtout vous rester en tête, même si l’on aurait apprécié une sorte de squelette de l’intrigue, pour être plus en maitrise des conséquences. Ce n’est cependant pas un regret, puisque la force du récit, dont le rythme et les différents rebondissements rendront fous n’importe quel scénariste de cinéma, se charge de nous impliquer au point qu’on en oublie toute envie de voir les ficelles. La matière première de ce remake, le jeu d’origine, est si grandiose qu’on y reste accroché, tout au long des plus de trente heures d’intrigue.

Qui dit remake, dit nouveautés. Le studio 5pb. en est conscient, et même mieux : il s’est attaché à rendre l’expérience carrément ultime. De manière intelligente, de surcroît ! Pas de phases de gameplay tarabiscotées, pas de mécaniques finalement hors sujet. Les développeurs ont bien compris qu’il fallait surtout fluidifier l’expérience. Et pour parvenir à un résultat aussi probant, ils ont utilisé des passages de l’animé. Voilà une idée dont la simplicité n’a d’égale que l’efficacité. Ainsi, on remarque moins de passages textuels forcés, trop soulignant et, surtout, le spectacle à l’écran gagne en intensité. Les déplacements ne sont plus aussi secs qu’auparavant, et les transitions gagnent en harmonie. Aussi, on salue la présence de Linear Bounded Phenogram, dix histoires annexes (pour trente heure de contenu en plus) qui apportent de nouveaux points de vue. Certaines histoires sont un peu en-dessous des autres mais, rien que pour le fabuleux segment Shiina Mayura, cela vaut la découverte. Seul véritable regret : on aurait vu d’un bon œil l’arrivée d’une localisation française, pour les sous-titres. L’anglais est plutôt soutenu, alors il s’agira d’un bon exercice pour qui veut apprendre cette langue, mais le confort est tout de même atteint, surtout au bout de quelques heures d’affilée.

Steins;Gate Elite ne cesse d’éveiller l’intérêt, tout au long de l’expérience. Lire les messages sur @channel, pour mieux découvrir le mystérieux John Titor, essayer de s’en sortir dans des explications scientifiques amusantes mais parfois tout de même assez poussées, et surtout se sortir de situations bien tendues, le tout en découvrant les nombreuses fins, voilà de quoi charmer. Et ce n’est pas tout, car la direction artistique s’avère toujours aussi grandiose, avec ces couleurs qui collent à l’état d’esprit du héros, au début plutôt guilleret puis, au fur et à mesure, de plus en plus sombre. Aussi, le character design fait un sans-faute. Enfin, on peut aussi compter sur un doublage japonais de très haut niveau, et la bande originale, signée Takeshi Abo (un habitué de la licence), multiplie les thèmes de qualité, qu’ils soient chantés ou non.

Note : 18/20

Vous cherchez le meilleur visual novel sorti en Europe ? Vous le tenez : Steins;Gate Elite est clairement le plus fort des représentants de ce genre. On n’émettra qu’un seul regret : l’absence de sous-titres français, qui nuira à l’expérience pour celles et ceux qui ne désirent pas buter sur la traduction. Si votre niveau est intermédiaire, nous conseillons un dictionnaire, et l’expérience vous fera gagner du vocabulaire. Dommage certes, mais cela ne peut vous détourner de ce jeu, mélange de roman interactif, à l’écriture hyper soignée, et d’extraits de l’animé parfaitement utilisés. Voilà un titre qui a tout pour retenir votre attention, si ses spécificités ne vous rebutent pas.

9/10

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