[Test] The Last Blade Beyond The Destiny : un portage pour les fans

Caractéristiques

    • Nintendo Switch
  • Développeur : SNK, Code Mystics
  • Editeur : SNK
  • Date de sortie : 28 octobre 2020
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Presque tout The Last Blade dans sa version portable

image test the last blade beyond the destiny
The Last Blade oui, mais version Neo Geo Pocket Color.

C’est avec intelligence que, depuis quelques temps, l’historique éditeur SNK s’est mis en tête d’exploiter son important catalogue. Outre une récente compilation, SNK 40th Anniversary Collection, qui abordait des titres moins connus du grand public, on a aussi droit à de nouvelles versions de grosses licences. Comme The King Og Fighter 14 ou Samurai Shodown. Récemment, voilà que l’ancien constructeur préféré des fans d’arcade s’est lancé dans la mise en valeur, sur l’eShop de la Nintendo Switch, de feu la Neo Geo Pocket Color, console portable certes presque passée inaperçue en Occident mais auréolée d’une aura indéniable. L’occasion de retrouver, avec bonheur, des softs devenus parfois très rares, et plus intéressants qu’il n’y paraît.

Dans le but d’aborder la qualité de ces portages, nous avons jeté notre dévolu sur l’un des jeux les plus mémorables de la Neo Geo Pocket Color, intitulé The Last Blade : Beyond The Destiny. Cette itération portable n’arrive pas de nulle part, mais de l’une des licences phares de SNK : elle fut considérée, avec raison, comme la succession, voire l’adversaire de Samurai Shodown. Bien entendu, il faut donc en attendre du combat à l’arme blanche. Le premier opus, paru en 1997 sur Neo-Geo MVS, a fait grand bruit, surtout quand il fut porté sur PlayStation deux années plus tard. On y découvrait certes un gameplay ultra plaisant, mais aussi un univers étonnamment développé, et une ambiance très nostalgique. Du coup, il faut bien comprendre que les fans de jeux de combat portent cette série en haute estime.

Abordons d’abord le jeu de base, celui paru sur Neo Geo Pocket Color. Une fois passé à la moulinette d’une console portable, on pouvait craindre que le trip s’impose certaines limites. Évidemment, c’était le cas avant tout techniquement. The Last Blade : Beyond The Destiny ambitionnait d’apporter l’essentiel de la saga, mais avec les moyens d’une console prétendue 16 bits, ce qui ne faisait pas oublier ses capacités évidemment moindres que celles d’une Super Nintendo. Du coup, le nombre de personnages est moindre, mais tout de même très élevé pour un soft en proie aux limitations : quatorze, dont certains à débloquer. Du lourd, surtout que le contenu était aussi au rendez-vous : un gros mode Story, le Training, Time Attack et Survival. À cela, il fallait ajouter tous les environnements typiques de la licence. Oui, on hallucinait devant une telle générosité, que l’on croyait impossible sur une telle console portable.

Plus profond que ce qu’on imaginait

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Le gameplay est plus plaisant que ce qu’on imaginait.

Au moment de lancer The Last Blade : Beyond The Destiny sur la Nintendo Switch, une évidence nous saute aux yeux. En effet, côté software il s’agit clairement d’une édition en tous points identiques à celle de l’époque. On retrouve donc les petits sprites mignons mais aux couleurs très basiques, et les arrières plans peu détaillés mais tout de même évocateurs. Pour être plus précis : ne vous attendez surtout pas à une technique rehaussée. On a tout de même droit à deux rendus : le premier offre un filtre qui accentue le pixel, tandis que le second, celui que l’on conseille, offre une meilleure netteté, et une luminosité plus affirmée. Le jeu prend place dans une Neo Geo Pocket Color (disponible dans différents coloris) reconstituée à l’écran, mais on peut heureusement zoomer afin que l’action occupe une meilleure place à l’écran. Soyons clairs, le résultat se savoure bien mieux en portable qu’en docké, même si le rendu reste surprenant de lisibilité sur une télévision.

Côté gameplay, The Last Blade : Beyond The Destiny conserve toutes ses forces, et elles se font bien plus nombreuses que ses faiblesses. Bien sûr, la console portable de SNK rendait les animations plus rigides, ce qui a un impact direct sur la prise en mains. Mais plus on joue, plus on découvre une profondeur que l’on ne soupçonnait guère : avec seulement deux boutons, l’éditeur et développeurs parvient à proposer des enchainements, des supers attaques. Aussi, on peut compter sur deux modes de combat : Speed et Power. Le premier plaira aux joueurs qui aiment spammer les attaques sans trop penser à la tactique. Le second est plus intéressant : il s’agit de gérer l’avancée d’une jauge pour que, une fois remplie, elle délivre une attaque mortelle. Vraiment plaisant, surtout que chaque combat fait gagner des points, et avec ceux-ci on peut débloquer des scrolls perfectionnant les personnages, des combattants cachés et autres activités.

The Last Blade : Beyond The Destiny version Nintendo Switch embarque le même contenu qu’à l’époque. On a donc un mode Story (entièrement sous-titré dans un anglais très abordable) très classique mais efficace. Il s’agit, comme dans tous jeux de combat issu de cette époque, de suivre l’histoire de chacun des guerriers. Ajoutons que l’ambiance se fait certes plus légère que dans les jeux destinés aux consoles de salon, mais on retrouve tout de même l’atmosphère de l’ère Bakumatsu, cette période qui voyait le crépuscule du Japon féodal, et des samouraïs en particulier. Les autres modes (Training, Survival, Time Attack), se concentre sur leur définition. Bonne intention : le manuel d’époque est disponible dans le soft. Ajoutons que le multijoueur est disponible, mais plus agréable en mode docké. En nomade, la lisibilité est de suite moins bonne, surtout si votre pote remue un peu trop sur le canapé.

Note : 15/20

Difficile de noter un tel jeu, tant l’attache du joueur est liée à sa nostalgie, ou à sa tendance au rétro. Toujours est-il que The Last Blade : Beyond The Destiny est un portage efficace, qui vise la fidélité au soft de l’époque. N’en attendez pas un remaster, on retrouve les mêmes sensations visuelles ou de gameplay, que lors de sa sortie sur Neo Geo Pocket Color. L’occasion, d’ailleurs, d’être impressionné par un jeu de combat à la fois généreux en terme de contenu, et plus profond que ce qu’on espérait côté gameplay.

Auteur

  • Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015. Manque clairement de sommeil.

7/10

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