[Critique] Dans l’ombre de Creamy – Emi Mitsuki

Caractéristiques

  • Traducteur : Xavière Daumarie
  • Auteur : Emi Mitsuki
  • Editeur : Kurokawa
  • Date de sortie en librairies : 8 avril 2021
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 7,65 euros
  • Acheter : Cliquez ici

Si vous êtes né dans les années 80, vous vous souvenez sans doute de la série animée Merveilleuse Creamy, diffusée sur la 5 à partir de 1988 et de sa chanson de générique entêtante. Cette série culte de 52 épisodes produite de 1983 à 1984 était l’une des premières œuvres mettant en scène une magical girl à rencontrer le succès en France avant l’explosion du phénomène qui donna lieu à de nombreuses déclinaisons (Vanessa et la magie des rêves, Emi Magique, Gigi…), dont l’exemple le plus connu et le plus abouti demeure Sailor Moon.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers du terme, cet archétype nippon, apparu à la fin des années 60, consiste à doter un personnage de jeune fille de pouvoirs magiques (qui lui sont généralement conférés par une autorité supérieure), avec souvent des adjuvants eux-mêmes dotés de pouvoirs, comme des animaux.

Un retour en manga réussi pour la magical girl des années 80

Si vous aimez les shôjo et que vous avez l’âme nostalgique, Dans l’ombre de Creamy est fait pour vous ! La mangaka Emi Mitsuki y revisite l’œuvre du studio d’animation Pierrot en se concentrant sur la relation entre la mystérieuse chanteuse Creamy, débarquée de nulle part et la star Megumi Ayase, indétrônable jusque-là. Entre rivalité, jalousie et sincère fascination, Megumi va chercher à percer le secret de Creamy et de sa malicieuse petite fan, toujours dans les parages. Si vous ne connaissez pas (ou que vous ne vous souvenez pas) des secrets de l’intrigue, nous ne vous en dirons pas plus, en tout cas, ce premier tome a été fait avec sincérité et se lit fort agréablement.

Nous découvrons l’histoire principalement à travers le regard de Megumi Ayase, ce qui est une excellente idée en soi : non seulement cela permet d’aborder l’histoire sous un autre angle, mais aussi d’explorer (avec légèreté mais pertinence) la question de l’âgéisme au sein de l’industrie musicale – les pop stars japonaises étant connues pour avoir du succès tant qu’elles sont très jeunes, leur image étant souvent liée à une certaine idée de pureté et de virginité. A 25 ans, Megumi commence à être considérée comme une vedette « vieillissante » par son label et il est du coup intéressant d’observer ses réactions à l’arrivée de cette toute jeune fille dont les détails biographiques demeurent un mystère. Le ton de l’ensemble reste bon enfant et le découpage, de qualité, est dynamique et permet de s’immerger facilement dans le récit. Le chara design est quant à lui fidèle à l’allure des personnages du dessin animé.

Au final, il s’agit d’une très agréable redécouverte fleurant bon les années 80 que nous proposent les éditions Kurokawa, qui sait également éviter la facilité de la simple exploitation du filon nostalgique actuel. On suivra volontiers la suite de la série.

Auteur

  • Diplômée en Lettres Modernes, Natacha Fleurot rejoint la rédaction de Culturellement Vôtre fin 2015. Spécialisée dans les oeuvres jeunesse, young adult ainsi que la fantasy, elle réalise de nombreux articles dans les rubriques Livres et Cinéma. Passionnée de cuisine, elle teste aussi régulièrement des livres de cuisine et écrit dans la catégorie Food de la rubrique Lifestyle.

7/10

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