Caractéristiques
- Titre : Star Wars : The Mandalorian and Grogu
- Réalisateur(s) : Jon Favreau
- Avec : Pedro Pascal, Sigourney Weaver et Jeremy Allen White
- Distributeur : The Walt Disney Company France
- Genre : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
- Pays : Etats-Unis
- Durée : 132 minutes
- Date de sortie : 20 mai 2026
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- Note du critique : 6/10 par 1 critique
Nouveau long-métrage réalisé par Jon Favreau (Le Roi Lion, Iron Man) et arrivé sur grand écran suite au succès de la série The Mandalorian (Disney +), The Mandalorian & Grogu raconte la chute du maléfique Empire Galactique, qui précipite la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et à son jeune apprenti Grogu…
Une quatrième saison condensée en un film
Depuis décembre 2019 et L’Ascension de Skywalker, nous n’avions pas eu droit à un film Star Wars au cinéma. Après de nombreux — bien trop pour être énumérés — projets annoncés puis abandonnés, LucasFilm choisit finalement de relancer l’intérêt de la saga sur grand écran avec une adaptation cinématographique de The Mandalorian. Une bonne idée ? Oui… et non. The Mandalorian & Grogu est à la fois exactement ce que l’on attendait d’un passage au cinéma de la série, mais aussi tout ce que l’on pouvait craindre. Au départ, le projet semblait vouloir proposer une aventure autonome dans l’univers du “Mandalorianverse”. Une histoire simple, efficace et tournée vers le divertissement pur. Et, de ce côté-là, le contrat est rempli. Mais, très rapidement, la structure du scénario trahit ses origines télévisuelles.
Le film donne constamment l’impression d’enchaîner des épisodes condensés : au lieu de huit chapitres de 30 à 50 minutes, nous avons ici une succession de segments d’une quinzaine de minutes. Sur le papier, cela aurait pu insuffler un rythme soutenu au récit. Dans les faits, le résultat reste plus mitigé. Le scénario voit Din Djarin (toujours incarné par l’impeccable Pedro Pascal) travailler avec la Nouvelle République, ici incarnée par le Colonel Ward (Sigourney Weaver, qui vient toucher son chèque) afin de traquer d’anciens responsables impériaux à traduire en justice. Sa mission le conduit sur la piste d’un mystérieux chef de faction dont personne ne connaît le visage. Pour obtenir des informations, il se tourne vers des jumeaux Hutt qui acceptent de l’aider à condition qu’il retrouve Rotta le Hutt, le fils de Jabba. S’ensuit alors une aventure qui entraîne Din et Grogu sur plusieurs planètes à travers la galaxie. Le récit se découpe ainsi en deux grandes parties.

Entre nouvelles idées et stagnation des personnages
La première tourne autour de la recherche de Rotta le Hutt et du mystérieux chef impérial. Rotta constitue d’ailleurs sans doute le personnage le plus intéressant du film. Fils du célèbre criminel éliminé par Leia, il se révèle être l’exact opposé de son père. Devenu gladiateur et esclave — même s’il affirme être “bien traité” — il n’est plus qu’à un combat de retrouver sa liberté lorsque nous le découvrons. L’idée d’un Hutt profondément bienveillant apporte un vrai contrepoint à l’image, par rapport à l’image que la saga nous avait jusque-là donnée de cette espèce. Son évolution et sa place dans l’intrigue représentent clairement ce qu’il y a de plus réussi dans le scénario.
La seconde partie du film se concentre davantage sur une séparation narrative entre Din Djarin et Grogu. Ce choix permet au récit de respirer un peu plus en suivant deux intrigues parallèles qui finissent évidemment par converger. Le long passage quasiment sans dialogues centré sur Grogu fonctionne d’ailleurs étonnamment bien et apporte une vraie respiration visuelle. En revanche, du côté de l’évolution des personnages principaux, le film reste étonnamment timide. Et c’est probablement là que résident les limites d’une suite de série transposée au cinéma. On attendait une évolution plus marquante de la relation entre ce père adoptif et son fils, ou au moins un véritable bouleversement narratif. Certes, quelques pistes commencent à émerger, mais rien qui ne transforme réellement leur dynamique. Et c’est finalement assez frustrant.

Un spectacle galactique techniquement irréprochable
Techniquement, on sent immédiatement que les moyens mis à disposition sont bien plus importants que ceux de la série. Si The Mandalorian reposait énormément sur l’utilisation du “Volume”, le film combine davantage cette technologie avec de véritables décors construits. Et cela se ressent immédiatement à l’écran. Certaines séquences gagnent ainsi en ampleur et en crédibilité. La planète Shakari, notamment, évoque par moments l’univers de Blade Runner avec son esthétique urbaine et néonisée particulièrement réussie. À cela s’ajoute l’exploration de nouvelles planètes, comme la marécageuse Nal Hutta dans l’espace Hutt.
La direction artistique se montre donc irréprochable et le bestiaire reste toujours aussi riche et inventif. Le combat dans l’arène, sorte de version live du Dejarik, figure d’ailleurs parmi les meilleures scènes du film. Quant aux séquences d’action, elles retrouvent enfin une ampleur digne d’un véritable long-métrage Star Wars pour le cinéma. La mise en scène de Jon Favreau s’avère ainsi techniquement solide et les effets spéciaux sont globalement au niveau attendu pour une production de cette envergure.

Entre longueurs narratives et musique sous-exploitée
En revanche, le rythme constitue clairement le principal problème du film. Si toute la première moitié se montre plutôt efficace et dynamique, la seconde peine davantage à maintenir l’intérêt. Avec près de 2h15 au compteur, le long-métrage aurait sans doute gagné en efficacité avec une quinzaine de minutes en moins. Certaines séquences tirent inutilement en longueur et flirtent parfois avec l’ennui. Heureusement, le final parvient à relancer l’ensemble avec suffisamment d’ampleur pour laisser une impression plus positive.
Enfin, la musique de Ludwig Göransson, déjà à l’œuvre sur la série, reste efficace mais davantage fonctionnelle qu’inspirée. Son nouveau thème possède pourtant un vrai potentiel musical, mais la partition repose encore énormément sur le thème principal de la série, souvent utilisé dans des scènes qui ne justifient pas forcément une telle montée épique. Ce décalage entre l’image et la musique crée parfois une sensation étrange. Là encore, on sent qu’il y avait matière à proposer quelque chose de plus ambitieux.
The Mandalorian & Grogu réussit finalement ce qu’il entreprend… sans jamais réellement dépasser ce cadre. Plus spectaculaire et visuellement plus ambitieux que la série, le film offre un vrai divertissement Star Wars capable de retrouver par moments le souffle de la grande aventure galactique. Mais sa structure très télévisuelle, son manque d’évolution narrative pour ses personnages principaux et son rythme irrégulier empêchent l’ensemble de devenir le grand retour au cinéma que la saga méritait peut-être. Reste un film sincèrement divertissant, porté par une direction artistique solide, quelques très belles idées et un duo toujours attachant, mais qui donne surtout l’impression de regarder une saison condensée plutôt qu’un véritable événement cinématographique.




