La 15ème édition du Festival d’Histoire de l’art de Fontainebleau a eu lieu du 5 au 7 juin 2026 au Château de Fontainebleau. Cet événement, qui participe au rayonnement culturel du château, propose chaque année une sélection aussi riche que variée de conférences, tables rondes, projections et expositions autour de l’art et son patrimoine. Cette année, le pays à l’honneur était le Maroc et la thématique principale la mode.
Le Maroc et la mode à l’honneur au Château de Fontainebleau
Lors de l’ouverture du festival à laquelle nous avons assisté le 5 juin dernier, l’équipe de celui-ci, ainsi que la Ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard, ont insisté sur le fait que le Maroc était un pays pluriel, en constant dialogue avec l’Europe, ce qui en fait un symbole fort pour cette toute première invitation adressée à ce pays du Maghreb. De même que la mode représente aujourd’hui un vrai champ d’études et qu’il s’agit d’un art représentatif des savoir-faire d’excellence en France et d’un langage à part entière, qui peut aussi être un élément d’émancipation qui accompagne les luttes.
Du vendredi au dimanche, plus de 300 événements se sont déroulés au château au sein de ses différents espaces, en intérieur comme en extérieur, avec de nombreux intervenants invités, dont des directeurs de musées, chercheurs et artistes. La programmation était, comme chaque année, particulièrement riche et exigeante – avec des conférences principalement destinées à un public universitaire ou évoluant dans le milieu des musées et de la médiation culturelle. Les conférences proposées autour de la mode ont permis d’évoquer sa place au sein des musées et de la recherche universitaire, mais aussi d’aborder la mode du XVIIIème siècle ou encore la mode japonaise.
La conférence « La base numérique : La mode au musée » à laquelle nous avons assistée réunissait par exemple les conservatrices de plusieurs musées français renommés (Palais Galliera à Paris et Mucem à Marseille), la chercheuse en histoire de l’art Camille Kovalevsky et les dirigeants du studio graphique E+K pour évoquer la création d’une plateforme numérique réunissant une sélection d’archives issues des expositions de différents musées français autour de l’histoire de la mode en France. Conçue avec un logiciel Open Source et accessible librement en ligne, celle-ci a pour objectif de valoriser les archives des musées et de faciliter aussi leur accès pour les étudiants, chercheurs, conservateurs et journalistes. La discussion était donc orientée vers la réflexion autour de la recherche comme autour de la conservation et de la numérisation des archives, qui représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les musées.
Les conférences autour du Maroc permettaient d’aborder autant la mode, là encore, que l’archéologie, la calligraphie et le cinéma que son patrimoine de manière plus générale.

Exposition de costumes Christian Lacroix inspirés de Marie-Antoinette
Enfin, comme le Château de Fontainebleau consacre cette année 2026 toute une programmation à Marie-Antoinette, les salons du château accueillaient une exposition de costumes conçus par Christian Lacroix pour la mise en scène de l’opéra-comique Le postillon (spectacle contemporain de M-A et Louis XVI). Marie-Antoinette, de l’avant-garde à l’avant-scène consistait en la présentation de 9 ensembles de costumes contemporains réalisés par les ateliers de l’Opéra Comique de Paris, dont l’exubérance visait à représenter de manière moderne la flamboyance de la mode de cette époque telle qu’elle était perçue par les contemporains de Marie-Antoinette et Louis XVI. On retrouvait dans ces costumes hauts en couleur le travail sur les couleurs, les matières, les motifs et les volumes propres au couturier, passionné d’histoire de l’art, qui s’est notamment inspiré de tableaux.
Un salon du livre était également proposé dans l’enceinte du château, avec de nombreux éditeurs présents.
Le 4 juillet, le Château de Fontainebleau proposera le Pique-Nique et Bal de la Reine pour revivre l’éclat des grandes fêtes royales à la cour de Louis XVI, le tout placé sous le signe de la danse et de la gourmandise afin de rendre hommage à Marie-Antoinette, qui séjourna souvent à Fontainebleau.




