[Critique] Un livre dont vous êtes le héros, Loup Solitaire T18 : La Porte d’Ombre – Joe Dever

image la porte d'ombreUne bonne porte d’entrée

On continue de s’aventurer dans les rééditions de la licence culte « Un livre dont vous êtes le héros« , que Gallimard Jeunesse chapeaute depuis quelques années maintenant (2012, pour être précis). Rappelons que le contenu des œuvres restent inchangé, mais que de nouvelles couvertures sont au rendez-vous, histoire de toucher un nouveau public mais aussi de titiller l’envie des fans. Après nous être frottés au tome 17 de la série Loup Solitaire, titré La Tour de Cristal, voici venu l’heure de s’attaquer au dix-huitième : La Porte d’Ombre.

Comme nous l’écrivions, La Porte d’Ombre contient la même matière que celle sortie voilà quelques années. Un fait que nous pouvons vérifier dès l’avant-histoire et les quelques pages de rappel des règles, un passage obligé pour tout aventurier qui se respecte. C’est d’usage dans la licence « Un livre dont vous êtes le héros » : le lecteur peut aussi bien être un nouveau venu qu’un Maître Kaï expérimenté, ainsi il existe deux types de partie que l’on soit l’un ou l’autre. Le joueur aura toujours besoin d’un dès, d’un crayon, d’une gomme et, s’il peut, de photocopies de la feuille d’aventure (c’est toujours préférable, afin de préserver le livre). Fondamentalement, les règles restent les mêmes que dans les autres livres de la série Loup Solitaire : le but n’est clairement pas de proposer du nouveau sur ce point précis, cela nuirait forcément à la cohésion de l’ensemble.

Une fois que le joueur aura bien constitué son plateau de fortune, notamment en s’attribuant les fameux points d’endurance et d’habileté, La Porte d’Ombre s’ouvre à lui pleinement. Le scénario reprend là où celui de La Tour de Cristal prenait fin : Ixiataaga, le Seigneur de la Mort, est mis hors d’état de nuire. Seulement, le pieu et courageux Maître Kaï que nous incarnons est loin, très loin d’en avoir fini avec ses déboires. Naar, le dieu du Mal et des Ténèbres (ça vous pose le personnage), profite de l’absence de Loup Solitaire pour attaquer le Monastère Kaï, à l’aide de mystérieuses bestioles ailées. Enfin, des dragons quoi. Évidemment très inquiet pour la survie des disciples, nous repartons pour une longue traversée de l’immense Magnamund, mais il va falloir faire attention aux rencontres inhérentes à ces voyages, qu’elles soient mauvaises ou apparemment plus sympathiques…

Plus porté sur l’univers du Loup Solitaire

La Porte d’Ombre est un « Livre dont vous êtes le héros » parmi les plus « lecteur-friendly » de toute la série Loup Solitaire. Il faut comprendre par là que même celui qui découvre la série avec cet ouvrage a clairement en vue un scénario abordable, tout autant que le seront les combats. Car là où La Tour de Cristal était parfois un peu relevé côté difficulté, c’est moins le cas pour ce dix-huitième volume. Moins de combats, pas vraiment d’énigmes, par contre une narration encore en progrès par rapport à ce que Joe Dever avait pu produire auparavant. Pas que cela était moins fort dans les descriptions, mais écrivons que nous avons parcouru des pages qui atteignent un niveau d’excellence dans la fabrique d’un imaginaire. La rencontre avec le Seigneur Roark est à la fois surprenante et bien emmenée, et la bataille des démons des laves fait partie des grands moments de la série. Aussi, on remarque que l’auteur arrive à mieux terminer La Porte d’Ombre que ses prédécesseurs, toujours un peu abruptement mais la préparation est meilleure.

On l’écrivait plus haut, les combats sont moins nombreux, et par ailleurs la difficulté de l’ensemble est moins poussée qu’auparavant, ce qui n’est pas du tout pour nous déplaire. La Porte d’Ombre ne contient pas vraiment d’énigme à proprement parler et, mis à part les créatures ailées de la fin, les pics de difficultés restent cohérents tout du long. Par ailleurs, on sent que la conclusion du troisième cycle approche, et les éléments narratifs vont tous dans ce sens : la tonalité devient plus dramatique. Que celles et ceux qui cherchent un ouvrage aisément abordable dans la licence « Un livre dont vous êtes le héros » se procurent La Porte d’Ombre sans hésiter : il s’agit de l’un des meilleurs côté narration et d’une ballade mouvementée mais pas incroyablement corsée dans sa difficulté.

Un livre dont vous êtes le héros, Loup Solitaire T18 : La Porte d’Ombre, écrit par Joe Dever. Aux éditions Gallimard Jeunesse, 320 pages, 7.30 euros. À partir de 12 ans. Paru le 26 mai 2016.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
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