[Critique] S’accrocher aux étoiles – Katie Khan

Caractéristiques

  • Auteur : Katie Khan
  • Editeur : Super 8
  • Date de sortie en librairies : 11 mai 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 353 pages
  • Prix : 20 euros
  • Acheter : Cliquez ici

Une histoire à potentiel

Quel endroit plus fascinant que l’espace, ce vide remplit de tout, d’un champ des possibles plus vertigineux que la somme de tout ce qui nous entoure sur notre microscopique planète ? C’est sans doute l’une des réflexions qui a germé dans l’esprit de Katie Khan, auteure anglaise mais aussi en poste chez Paramount Pictures UK, au moment de se lancer dans l’écriture de S’accrocher aux étoiles. Un roman au concept aguicheur, disponible aux éditions Super 8 (Captifs, Agent double), que l’on aborde dans cet article.

S’accrocher aux étoiles prend place dans un futur éloigné, alors que la situation est pour le moins terrible. Dérivants dans l’espace, Carys et Max n’ont plus que 90 minutes disponibles d’oxygène. Une heure et demie minutes durant lesquelles il vont essayer de sauver leur vie. Accrochés l’un à l’autre, les deux amoureux regardent la planète bleue, se souviennent de leur rencontre, et évoquent le quotidien qu’ils laissent derrière eux. Un monde censément idéal, duquel l’amour véritable est banni.

En lisant S’accrocher aux étoiles, on ne peut qu’avoir l’impression de voir se développer une histoire aux multiples références cinéphiles. Est-ce dû à la carrière de Katie Khan, du côté du cinéma ? On met évidemment une pièce sur cette probabilité, d’autant plus que le style de l’auteure privilégie les instants qui prennent vie, plutôt que ceux qui auraient moins d’impact sur l’imaginaire. La situation, sorte de Gravity qui rencontrerait un film romantique, accouche d’une histoire à fort potentiel, qui prend soin de développer l’univers, mais par le biais des personnages. Leur situation désespérée est l’occasion, pour le cuisinier Max et la pilote Carys, de faire le bilan d’une société utopique finalement peu reluisante… tout en tentant de trouver une solution à leur malheur.

Un roman qui ne se sublime pas autant qu’espéré

S’accrocher aux étoiles trouve la bonne formule pour ne pas être totalement un survival dans l’espace, ni complètement un roman à l’eau de rose. L’auteure arrive à cet équilibre en maîtrisant le background de son histoire, et surtout en lui trouvant un écho qui pourra, dans le meilleur des cas, toucher le lecteur. C’est peut-être ici que le bât blesse, car il faudra, pour apprécier cet ouvrage, ne pas être réfractaire à une critique un peu superficielle de notre société actuelle. L’auteure est du genre à pointer du doigt l’humain, nos rejets et nos attitudes, plutôt que d’aborder le sujet plus en profondeur. Un constat qui pourra déplaire, mais assez intelligemment mené pour que cela ne devienne jamais irritant.

Quand à la partie suspens de S’accrocher aux étoiles, elle perd peu à peu en force, à cause d’une tension qui manque d’énergie. On ne sent pas assez l’espace, son immensité. Et ça, c’est un véritable regret en forme de paradoxe pour l’auteure : à force de vouloir pointer du doigt les problèmes humains, elle en oublie le cosmique. Cela devient carrément prégnant à la toute fin (pas de spoilers, ne vous inquiétez pas), que l’on aurait d’ailleurs préféré plus définitive. Est-ce pour autant que S’accrocher aux étoiles est un mauvais roman ? La réponse est négative, vous pourrez y trouver votre compte, et le style très cinématographique fait que les pages se succèdent à grande vitesse. Mais on ne peut s’empêcher de penser que Katie Khan n’a pas poussé son concept aussi loin qu’espéré…

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
5/10

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