[Critique] Les Traqueurs Tome 1 – David Munoz, Tirso

Caractéristiques

  • Titre complet : Les Traqueurs Tome 1 : L'arme perdue des dieux
  • Auteur : David Munoz, Tirso
  • Editeur : Glénat
  • Collection : Grafica
  • Date de sortie en librairies : 21 juin 2017
  • Format numérique disponible : Oui
  • Nombre de pages : 56 pages
  • Prix : 14,50€
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Quand deux talents de la BD espagnole s’associent…

Il nous tardait de découvrir cette nouvelle série, tant l’univers développé et les noms au travail ont eu le don d’éveiller notre appétit. Les Traqueurs, aux éditions Glénat (Mémoires de Marie-Antoinette Tome 1) , c’est le fruit de l’union de deux talents : David Muñoz et Tirso. Le premier, vous en en avez peut-être entendu parler grâce à son travail sur le scénario de L’échine du Diable, l’un des meilleurs (le meilleur ?) films réalisés par Guillermo Del Toro, ou pour une autre série de BD qui a su satisfaire son public : La terre des vampires. Tirso, lui, est un véritable surdoué du dessin, tout droit sorti d’une école espagnole qui, décidément, produit bien des talents dans le domaine de la bande dessinée. Par exemple, ses illustrations sur L’oeil du Diable (aux éditions Paquet), a tant séduit que ce one-shot a reçu le Prix du meilleur album romanesque, lors du Festival de Moulins 2005. Bref, un duo que l’on attendait au tournant, avec une histoire de pirates, d’aventures… et de monstre.

Les Traqueurs Tome 1, sous-titré L’arme perdue des dieux, débute dans l’Angleterre du Roi Charles II, à Londres, au milieu du dix-septième siècle. Une nouvelle guerre contre la Hollande est inévitable, et pour la remporter il faudra un miracle… ou une arme plus que spécifique : légendaire. Lord Bennett s’est lancé à l’aventure pour s’en emparer, en Nouvelle Espagne, mais rien ne se passe comme prévu. Quelques mois plus tard, une expédition, menée par une équipe de scientifiques de la Royal Geographic Society, et en direction de la péninsule du Yucatan, se prépare. Leur mission : retrouver la bête, le « Cerbère des Dieux ». La traversée sera dangereuse, car infestée d’ennemis de la Couronne, qui n’ont comme objectif que d’empêcher le navire d’arriver à bon port. Mais, une fois débarqué, l’équipage va se rendre compte qu’un danger encore plus grand les attend…

Des illustrations mémorables

Comme vous pouvez le lire, Les Traqueurs Tome 1 s’aventure sur pas mal de chemins différents, empruntant diverses saveurs certes mais pointant vers un seul et même but. Celui-ci nous est bien exposé dans ce volume d’introduction, au cours duquel l’histoire dévoile un McGuffin monstrueux, mais aussi des personnages que David Muñoz aime à rendre attachant. On ne peut nier un classicisme général, peut-être pas de déjà-vu mais tout de même les situations nous donnent à vivre une action que l’on sent venir. Ce n’est pas un souci, car cette série tire justement ses forces de cette sensation : le lecteur aime à y découvrir de petites subtilités, qui extirpent le récit d’un ordinaire qui plane. Le protagoniste principal, Jones, botaniste et naturaliste de son état, est l’exemple typique de cette volonté de faire du neuf avec de l’ancien. Sans ne rien spoiler, il est l’occasion d’une relation amoureuse intéressante, et dangereuse. Aussi, le contexte historique apporte un réalisme bienvenu, qui tranche avec d’autres productions du genre. Formellement, l’auteur ose des cassures, des flashbacks courts mais nécessaires, qui construisent une exactitude agréable.

Les Traqueurs Tome 1 est une introduction intéressante, mais elle le serait bien moins sans le travail remarquable de Tirso, et de son compère Felideus à la couleur. Vous allez en prendre plein la vue, avec une alliance fabuleuse entre décors précis, parfois même picturaux, comme les bateaux d’une grande précision, et des personnages qui, sans allers vers la caricature, expriment leurs sentiments parfois de manière presque cartoonesque. L’ensemble est parfois marqué d’un onirisme remarquable, qui rend certaines cases carrément mémorables. D’ailleurs, la toute dernière nous a laissé pantois d’admiration, et nous procure une envie : découvrir la suite. Enfin, impossible de ne pas souligner la superbe couverture, signée par Tirso et Javi Martin, une véritable invitation à découvrir ce que cet album renferme. Pour terminer, on se doit aussi de signaler la qualité d’édition, signée Glénat, qui comme à son habitude donne à l’objet toute la solidité qu’il se doit de proposer : papier, impression, c’est du tout bon.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
7/10

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