[Critique] Gantz G T1 – Hiroya Oku, Keita Iizuka

Caractéristiques

  • Traducteur : Ilan Brunelli
  • Auteur : Hiroya Oku, Keita Iizuka
  • Editeur : Delcourt Tonkam
  • Date de sortie en librairies : 16 août 2017
  • Format numérique disponible : Non
  • Nombre de pages : 224
  • Prix : 9,35€
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Le début d’un spin off court, mais pour le moment intense

Alors que Delcourt Tonkam s’est lancé dans la parution de Gantz Perfect Edition (retrouvez nos critiques des tome 1 et tome 2), voilà que l’éditeur nous gratifie du spin off Gantz G. Sorti au Japon en 2015, à l’occasion du film Gantz : 0, cette aventure assez courte, en trois volumes, est accompagnée d’une bonne réputation, et nous n’en pouvions plus d’attendre de la découvrir. Il faut bien dire que tout ce qui se rapporte à l’œuvre de Hiroya Oku est d’intérêt, même si, parfois, le résultat s’avère en-dessous de nos espérances. La série animée, par exemple, était bien loin de nous satisfaire. Alors, qu’en est-il de ce manga ? Rejoindra-t-il les déceptions, ou profite-t-il bien des bases très solides de la série ?

2005, une tragédie frappe une classe entière au cours d’une sortie scolaire à bord d’un bus. Après une chute d’un pont, les passagers se réveillent dans une école abandonnée et se retrouvent obligés de suivre les ordres d’une étrange sphère noire appelée « Gantz ». Ils doivent alors éliminer des visiteurs venus d’un autre monde pour gagner de précieux points qui leur permettront de retrouver leur liberté…

Ce premier tome de Gantz G débute sur plus que des chapeaux de roue. Il suffit de quelques pages pour retrouver l’univers si particulier de Hiroya Oku, fait de noirceur, de critique de la société nipponne (élément un peu moins présent, ici), de poussées de violences marquantes et d’un poil d’humour noir. L’accident de bus sera le commencement d’une aventure que l’on sait, dès la renaissance des victimes, dangereuse au possible. D’ailleurs, c’est certainement l’envie de l’auteur que de nous le faire sentir, tant il ne s’appesantit que peu sur le groupe d’étudiants. Seuls quelques uns font l’objet d’un véritable intérêt, faisant des autres de parfaites futures victimes. On pourra d’ailleurs regretter cette facilité de lecture des événements à venir, qui n’existe pas, ou moins, dans la série principale.

Un rythme nécessairement haletant

Poursuivi par le besoin d’aller au plus vite, le mangaka doit trancher dans le tas. Ce qu’il fait avec délectation, au cours de ce Gantz G Tome 1. Alors que certains élèves boudent les combinaisons, une hérésie que le lecteur ne connaît que trop bien, d’autres en apportent. Et, au milieu de ces noobs d’un jeu mortel, se trouvent deux vétérans, qui en savent beaucoup, mais qui ne sont malheureusement pas écoutés. Cela change le schéma du début de la série principale, rappelons-nous que l’insupportable Nishi utilisait ses connaissances pour prendre de l’avance sur les nouveaux gantzers. Si certains éléments diffèrent, on a aussi de petites évocations, comme l’incroyable propension des personnages initiaux de cet univers à s’appeler Kei. Aussi, sachez que les spoilers sont finalement très peu nombreux, sauf une révélation assez limitée, en début d’aventure.

Du reste, Gantz G Tome 1 est surtout l’introduction d’une histoire courte. Pas la peine de s’attendre à une problématique très poussée, et tant mieux : elle n’aurait eu que peu de chance d’arriver à son terme de manière satisfaisante. Ce manga existe surtout pour apporter aux fans un rappel, fun et décomplexé. Petite nouveauté, Hiroya Oku laisse le crayon à Keita Iizuka, pour les dessins. Celui-ci, que nous découvrons à l’occasion, livre un travail tout à fait digne de ce qu’on est en droit d’attendre d’un Gantz. C’est peut-être même un peu trop fidèle, et l’on a l’impression de revoir quelques visages bien connus. Reste que le style, lui, est irréprochable, toujours aussi puissant et détaillé. Quant aux extra-terrestres, animaux monstrueux que nous vous laissons découvrir, ils trouvent sans peine leur place dans cet univers qui, pourtant, nous a procuré bien des méchants de grande qualité.

Gantz G Tome 1 s’accompagne d’une édition, signée Delcourt Tonkam (Je voudrais être tué par une lycéenne Tome 1), qui n’a aucunement à rougir du très bon travail effectué sur la série principale. Couverture hyper soignée, avec vernis classieux, papier bien épais, impression sans aucune fausse note. Et une traduction, assurée par Ilan Brunelli, sérieuse en tous points. Bref, c’est avec un véritable plaisir que ce spin off rejoint les autres tomes de Gantz, précédant les deux autres tomes qui ne manqueront pas de le rejoindre.

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato

Mickaël Barbato est un journaliste culturel spécialisé dans le cinéma (cursus de scénariste au CLCF) et plus particulièrement le cinéma de genre, jeux vidéos, littérature. Il rejoint Culturellement Vôtre en décembre 2015 en tant que co-rédacteur en chef. Manque clairement de sommeil.
Mickaël Barbato
8/10

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